Confédération paysanne
Pour la Confédération paysanne du Var, les annonces du gouvernement ne répondent pas aux difficultés structurelles de l'agriculture. Le syndicat dénonce les importations à bas coûts et veut rompre avec "le dogme du libre-échange".
Un millier de brebis ont défilé dans Draguignan le 25 janvier, avec la centaine de manifestants réunis à l'appel de la Confédération paysanne du Var.
© Crédit photo : Confédération paysanne du Var
Une centaine de manifestants, rejoints par un troupeau de 600 brebis et quelque 400 agneaux, se sont retrouvés à Draguignan l'après-midi du 25 janvier, à l'appel de la Confédération paysanne du Var. Parti de l'avenue Pierre Brossolette, le cortège est allé jusqu'à la sous-préfecture, où une délégation a été reçue par la sous-préfète de l'arrondissement.
Pour le syndicat, les mobilisations des dernières semaines en France en Europe "sont le symptôme d'une crise profonde de la rémunération et de la reconnaissance des paysans et paysannes". Et l'agriculture varoise ne fait pas exception. "Le secteur apicole est en grande difficulté, les maraîchers et petits éleveurs - qui n'ont pas d'aide - galèrent pour se rémunérer. En viticulture aussi, les problèmes de commercialisation commencent à inquiéter tout le monde. On sent tous les conséquences de l'inflation, avec des charges qui augmentent et une consommation qui baisse", observe Sylvain Apostolo, porte-parole de la Confédération paysanne du Var et éleveur ovin lait à Sillans-la-Cascade. "Sur la ferme, avec mes deux associés, on a pris de nouveaux clients : on livre beaucoup de petits magasins parce qu'on a bien vu qu'au niveau des ventes, c'était mou depuis l'automne", témoigne-t-il.
Pour autant, la conjoncture révèle surtout des problématiques structurelles pour le syndicat. "Toutes les mesures de libéralisation prises au fil du temps ont fait que les gens n'arrivent plus à vivre de leur métier", fustige Sylvain Apostolo. Outre les différentes problématiques liées à l'inflation, le représentant de la Confédération paysanne du Var met l'accent sur "la question du revenu agricole et sur les accords de libre-échange, qui mettent l'agriculture française en concurrence avec des importations à bas prix avec lesquelles il est impossible de rivaliser".
Quant aux annonces du gouvernement : "Le compte n'y est pas !", juge Sylvain Apostolo. "Il y a surtout des mesures conjoncturelles - comme sur le GNR ou le paiement plus rapide des aides - mais rien qui ne garantit le revenu paysan dans le temps. Il manque les mesures structurelles que l'on attend", développe-t-il.
La Confédération paysanne plaide notamment pour des "prix planchers qui empêchent l'achat de nos produits en dessous des prix de revient", ainsi que pour la mise en place de prix minimum d'entrée, pour protéger la production française des importations à bas coûts.
Le syndicat réclame d'autre part l'arrêt immédiat et définitif des négociations des accords de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. L'engagement du Premier ministre, Gabriel Attal, de s'opposer à la signature du traité ne suffit pas à rassurer. "Macron tient le même discours depuis 2017 en la matière. Et pourtant, les négociations continuent et un nouvel accord de libre-échange vient d'être signé avec la Nouvelle-Zélande, ce qui va poser de gros problèmes sur la viande ovine. Bientôt, avec le Mercosur, on va ouvrir grand les portes à des exploitations de 10 000 hectares, qui payent les gens au lance-pierre", s'alarme Sylvain Apostolo.
Son syndicat dénonce par ailleurs "les normes calquées sur l'industrie" qui asphyxient l'agriculture paysanne. "La gestion des épizooties de grippe aviaire ou de peste porcine a des conséquences calamiteuses. La production de porc plein air a quasiment disparu de notre département, alors que la demande est forte", pointe notamment la Confédération paysanne du Var.
Sans oublier "l'aberration administrative" et "l'enjeu climatique et environnemental", le syndicat visant entre autres "la fin du système de calamité agricole pour un système assurantiel privé onéreux et inefficient".
Enfin, la Confédération paysanne du Var plaide pour "la mise en place d'un grand plan agricole cohérent, qui permette d'engager l'agriculture française dans la transition écologique, en protégeant le revenu des paysans et en relocalisant la commercialisation".
Dans l'attente de mesures structurelles, le syndicat reste mobilisé et travaille à de prochaines actions en faveur du revenu agricole et de la reconnaissance du métier.
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