Élevage
Ne surtout pas réduire la voilure, l'élevage a besoin de toute la matière grise disponible, afin de protéger la filière. C'est du moins l'ambition de la commission élevage de la Chambre d'agriculture de l'Hérault qui, lors du rendez-vous annuel du Groupe d'action territorial (GAT) élevage à Ceilhes-et-Rocozels, pointait les multiples enjeux pour la viabilité et la vivabilité du métier.
À l'issue de la réunion, avait lieu une visite au Gaec du Moulin de Tironant, à Roqueredonde. Théo Albaniac, un des éleveurs du Gaec familial, a pu montrer le travail effectué aux autres éleveurs et techniciens.
© Crédit photo : CA34
Alors que les élections des Chambres d'agriculture approchent, le Groupe d'action territorial (GAT) élevage de la Chambre héraultaise qui se tenait lundi 16 septembre, avait des allures de bilan de mandature. Il faut dire que l'équipe n'a pas chômé ! Bien occupée par la dernière réforme de la Pac, elle a également participé à la construction des argumentaires, en vue de la reconnaissance des surfaces pastorales, des enjeux Montagne et de l'incidence de la réforme sur la ferme Hérault. Animation de GIEE et de projets de R&D, adaptation et modernisation des systèmes d'élevage avec quelque 7,1 millions d'euros investis pour 119 projets sur 99 exploitations, accompagnement à la mise en conformité des élevages, au regard du bien-être animal (BEA), amélioration de l'alimentation et de la finition des animaux, en partenariat avec l'abattoir de Pézenas, construction et mise en œuvre de démarches agroenvironnementales... La liste est longue.
"Je veux insister sur le fait qu'il y a eu une mobilisation importante de l'équipe élevage et à tous les niveaux. Jérôme [Despey, président de la Chambre dont l'absence s'expliquait par la visite du préfet de Région dans le département, ndlr] a d'ailleurs veillé à ce que les équipes soient maintenues, voire renforcées", souligne Brigitte Singla, présidente de la commission 'Élevage' de la Chambre. Face à des enjeux qui nécessitent une spécialisation dans de nombreuses thématiques, pour garantir un accompagnement auprès de chaque exploitation : "Il ne faut laisser personne en déshérence, et donc ne surtout pas réduire la voilure."
Alors les techniciens continuent de se mobiliser et de former les éleveurs. Le nouveau catalogue de formation est d'ores et déjà disponible, et les inscriptions ont commencé. Au programme de cet automne, biosécurité et bien-être animal en élevage avicole, manipulation des ovins et bovins, élaboration de la rotation, GBPH (guide des bonnes pratiques d'hygiène) européen et bien plus encore1.
En plus des thématiques déjà lancées, d'autres sont venues se greffer régulièrement aux missions de la Chambre. À commencer par la Pac et les réouvertures de dossiers qui étaient possibles sans pénalités jusqu'au 20 septembre. "Le calendrier de paiement semble maintenant être sur sa lancée habituelle", note Jean-Christophe Petit, responsable du service Élevage-pastoralisme. Prévus pour le 15 octobre, si les paiements venaient à n'être toujours pas sur les comptes autour du 20, les agriculteurs seront invités à se rapprocher de la Chambre. La poursuite du partenariat avec l'API'A (Association pour la préservation de l'impluvium des eaux d'Avène, avec Pierre Fabre), mais aussi la recherche d'une solution pour la collecte des plastiques usagés avec la communauté de communes du Grand Orb - dont la vice-présidente à l'agriculture, Marie-Line Geronimo, était présente lors de la réunion - font également partie des sujets qui ont occupé les équipes.
La prédation et les aléas climatiques n'ont quant à eux cessé de se renforcer. Présence avérée du loup et pâturages grillés par la sécheresse n'ont effectivement fait que rajouter de la complexité. Cette dernière pourrait d'ailleurs se renforcer, selon Brigitte Singla, qui voit dans le Plan agriculture méditerranéenne une énième usine à gaz, "d'autant qu'ici nous avons beaucoup de petites filières peu structurées, et avec une faible présence de l'aval. Ce n'est pas un chèque en blanc, comme on peut le lire".
La présidente préfère miser sur les enjeux d'avenir, et travailler au renouvellement des générations et à l'amélioration des conditions de travail. "On parle souvent de viabilité du métier, mais sa vivabilité en fait tout autant partie." De même, le BEA prendra toujours plus de place dans le quotidien des éleveurs. La reconquête technique devra ainsi se faire en mettant les agriculteurs au centre des projets. Adaptation des ventilations et installations de moustiquaires deviennent en outre des priorités, puisque ni le changement climatique, ni les épizooties ne semblent en passe de diminuer.
En zone FCO-8 et MHE (Maladie hémorragique épizootique), l'Occitanie voit doucement se rapprocher la menace du sérotype 3 de la Fièvre catarrhale ovine (FCO), aux portes du Cantal et de l'Ardèche. Si la gratuité des vaccins est actée en zone réglementée, certains éleveurs alertent : "Il ne faut pas attendre que le vaccin soit gratuit pour protéger les bêtes, sinon il sera trop tard." Des demandes ont de fait déjà été transmises au préfet : demande de la gratuité des vaccins, requête pour un flaconnage inférieur au 50 ou 100 millilitres habituels, de manière à éviter le gaspillage de doses, prise en charges de pertes économiques... "Nous devons également sensibiliser davantage à la détection et la déclaration des animaux malades, sinon comment prétendre à une indemnisation ? De même, cette dernière ne peut aller qu'à ceux qui cotisent au Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, cela paraît logique", rappelle Brigitte Singla.
De manière générale, les équipes de la Chambre incitent à la vaccination. "On voit bien ce que cela a donné dans les Pyrénées-Orientales, où on avait tendance à ne pas vacciner les petits troupeaux. Cela a donné des situations économiques catastrophiques, sans même compter la problématique climatique chez eux", souligne Jean-Christophe Petit.
Vigilance de mise également sur la peste des petits ruminants qui a mené la Grèce à la fermeture de ses frontières, ainsi que sur les problématiques de parasitisme. "Sur ce dernier point, pensez bien à prévenir vos voisins apiculteurs, si vous avez des ruches proches de chez vous quand vous réalisez la désinsectisation des bêtes, parce que si cela a un impact, ça retombera encore sur toute la filière", rappelle Brigitte Singla. Les avancées génétiques arrivent, mais ne sont qu'à mi-parcours dans ce long processus de recherche. Il est donc impératif de suivre les recommandations du Groupement de défense sanitaire (GDS), bien qu'il faille le reconnaître : "Nous sommes face à une impasse thérapeutique contradictoire avec le BEA, puisqu'il y a des bêtes qu'on ne peut pas soigner à cause de la réglementation." Encore et toujours, la complexité.
Pour la présidente de la commission'Élevage', ce rendez-vous territorial était le dernier. Son précieux investissement dans la défense de la filière aura été largement salué par tous. Naturellement, son départ provoque quelques inquiétudes quant à qui récupérera la commission, car vu les enjeux à venir, la filière aura bien besoin de quelqu'un d'aussi motivé et impliqué, à défaut d'avoir l'expérience de cette éleveuse aux 12 années de présidence. Elle s'en va cependant fière d'avoir pu représenter les éleveurs, et passe le flambeau à une nouvelle génération qu'elle espère avoir pu inspirer.
ICI
Votre encart
publicitaire !
AOC LANGUEDOC
MSA

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner