mobilisation
À l'appel de la FNSEA 13 et des JA 13, deux convois de tracteurs partis de Puyricard et de Trets ont convergé vendredi matin vers le centre-ville d'Aix, afin de dénoncer l'empilement de réglementations auquel sont soumis les agriculteurs.
Objectif de cette action pacifique : protester contre "l'empilement de réglementations", explique Romain Blanchard, président de la FNSEA 13.
© Crédit photo : JD
Pas de blocages de la ville d'Aix-en-Provence, mais un convoi parti à l'aube - avec des arrêts symboliques devant le centre des impôts et la sous-préfecture - avant de converger vers la place de la Rotonde d'Aix-en-Provence : une centaine d'agriculteurs ont manifesté dans le calme, vendredi matin, à l'appel de la FNSEA 13 et des Jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône. Objectif de cette action pacifique mais ultra-symbolique : protester contre "l'empilement de réglementations" auxquelles la profession est soumise, explique Romain Blanchard, président de la FNSEA 13. "Nous nous inscrivons dans le mouvement général de nos réseaux nationaux. L'enjeu est de mettre l'accent aujourd'hui sur les incohérences nationales. Ces fameuses surtranspositions franco-françaises", revendique le syndicaliste.
Une situation dans laquelle Quentin Mistre, 22 ans, se reconnaît parfaitement. Installé depuis deux ans en viticulture et grandes cultures dans la Sainte-Victoire, il s'estime "étouffé par la paperasse et les réglementations, notamment pour le volet viticulture". À l'image des Zones de non-traitement (ZNT) auxquelles il est confronté, citant le cas emblématique de maisons individuelles construites à côté de parcelles existantes, qui compliquent son travail, lorsqu'il doit traiter ses vignes. "J'essaie de prévenir en avance lorsque c'est possible et que le traitement est planifié. Pour l'instant, ça se passe bien. Mais jusqu'à quand ?", s'interroge le jeune agriculteur. Le Mercosur, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Amérique du Sud, l'inquiète aussi : il craint en effet de subir la concurrence de ses pays de l'hémisphère sud, lui qui cultive blé (dur et tendre), orge, maïs, tournesol... et s'interroge à voix haute sur les suicides quotidiens d'agriculteurs : "Comment s'en étonner ?".
"L'agriculture n'est pas le seul secteur d'activité à en souffrir", répond en écho Romain Blanchard. "Mais c'est pour nous particulièrement prégnant : plus de 15 administrations différentes sont appelées à nous contrôler chaque année. Au-delà de la charge administrative et mentale, ce n'est pas notre cœur de métier. Il y a aussi un problème dans la symbolique et dans l'esprit : cela éclaire bien la défiance entre les représentants de l'État et leurs paysans. Nul n'est prophète en son pays, mais il suffit d'en sortir pour se rendre compte, comme l'a montré une étude du New York Times : nous avons l'agriculture la plus durable du monde. Ça ne veut pas dire qu'on est le bon wagon, mais plutôt qu'on est la locomotive".
À 67 ans, Rolland Gautier est lui aussi concerné par l'empilement de normes. Il est propriétaire d'une ferme pédagogique itinérante, 'L'arche de temps perdu', composée d'animaux de basse-cour, de cochons, d'ovins, caprins et bovins. "Les déplacements de volailles sont interdits jusqu'en avril. Ce qui m'empêche d'amener oies, canards et poules pour mes animations dans les écoles. Tout ça parce que ma ferme du Puy-Sainte-Réparade est placée dans un couloir de migration !", s'agace-t-il. Les clôtures de ses parcs pour les porcs doivent aussi être renforcées pour être en règle avec les nouvelles dispositions, afin d'empêcher tout contact avec les sangliers, potentiellement porteurs de la peste porcine. Sans compter les neuf attaques de loup qu'il a subi l'an dernier et qui ont décimé sept brebis.
En fin de manifestation, le rassemblement sur la place de la Rotonde, en plein centre-ville d'Aix-en-Provence, a été l'occasion pour les responsables des syndicats agricoles de marteler des messages de mobilisation. À l'image de Jérémy Tropini, président des JA 13, qui a insisté sur "le nécessaire renouvellement des générations agricoles : c'est le fer de lance des JA. On sait qu'on perd aujourd'hui 6 % d'exploitations par an en France, pour arriver à une perte de 50 % dans les 10 prochaines années. Si on n'installe pas et qu'on ne motive pas les jeunes pour qu'ils s'installent, notre souveraineté alimentaire sera finie".
L'élu a également ironisé sur la désunion politique actuelle : "J'appelle tous les élus nationaux à arrêter ce carcan politique parisien, ces guéguerres entre partis. Aujourd'hui, il serait temps de penser à l'intérêt public, dont fait partie l'agriculture. On fait partie de la nation. On est l'image de la nation, de la France : sans nous, il n'y aurait pas de France et pas ces paysages français avec ce tourisme. Aujourd'hui l'agriculture se meurt, on est en train de brûler. On en a marre et on dit stop à tout ça !".
Un message parfaitement reçu par Jean-Baptiste Martin, venu de Saint-Maximin, dans le Var, "apporter son soutien aux collègues". Et protester, lui aussi, "contre l'excès de normes, de charges, de procédures administratives chronophages". À tout juste 22 ans, installé l'an dernier en viticulture et céréales, ce jeune agriculteur est déçu des précédentes avancées obtenues : le geste du gouvernement concernant le remboursement de la taxe sur le GNR, n'est selon lui "pas suffisant. Nous attendions de vrais actes de la part du gouvernement, comme la baisse des charges MSA, une diminution des contrôles et des normes". Autant de points sur lesquels son amertume est grande.
Après les prises de paroles des leaders syndicaux, les manifestants avaient choisi de distribuer des salades : une manière symbolique et pédagogique d'engager le dialogue avec les nombreux passants sur le sujet de la qualité de la production agricole du département. Des prises de contacts très bien accueillis par les Aixoises et Aixois, ravis de se voir offrir une salade. Et pour certains l'occasion de témoigner de leur sympathie pour leurs agriculteurs, même si les revendications portées et la réalité de leur métier restaient le plus souvent largement méconnues de la part des citadins ainsi abordés.
Quentin Mistre, vigneron dans la Sainte-Victoire
© Crédit photo : JD
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