Denis Carretier, président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie ; Carole Delga, présidente de la Région Occitanie ; et Jean-Louis Cazaubon, vice-président en charge de l’agriculture, l’agroalimentaire et la viticulture de la Région Occitanie.
Montpellier - Paris : même combat. Alors que les ministres de l’Agriculture, de l’Économie et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics présentaient, le 29 mai dernier, la nouvelle mouture du plan de soutien à la filière viticole à la suite de la crise du Covid-19, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, en faisait de même, à Montpellier. D’entrée de jeu, le ton était donné. “La Région et tous les acteurs de la filière vin d’Occitanie se sont rassemblés et mobilisés pour bâtir collectivement un plan de relance d’une ampleur inédite en France au regard des moyens mobilisés”, martelait Carole Delga. “C’est un plan unique à l’échelle des Régions”, ajoutait même Jean-Louis Cazaubon, vice-président en charge de l’agriculture, l’agroalimentaire et la viticulture de la Région, et “une vraie réussite collective dans une filière viticole d’Occitanie assez tumultueuse, qui a traversé des crises et des jalousies”, disait, de son côté, René Moreno, vice-président de la commission viticulture de la Région Occitanie.
En cette terre d’Ovalie, tous les acteurs concernés (l’ensemble des interprofessions, la Fédération des métiers vignerons coopérateurs, les Vignerons indépendants, les metteurs en marché, la Chambre régionale d’agriculture et l’agence Ad’Occ) se sont enfin souvenus d’une des plus fameuses citations rugbystiques : “Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage.” Et pour cause. La crise sanitaire du coronavirus aggrave encore davantage la situation économique de la viticulture, déjà bien malmenée par le Brexit, les taxes Trump, les droits de douane plus favorables aux vins australiens, néo-zélandais et chiliens que français sur le marché chinois, et la fermeture des frontières de la Chine dès le début de la pandémie. Pour aider la viticulture à sortir de cette année noire, pas d’autre moyen donc que de jouer collectif. Avec un principe simple : lorsqu’une entreprise investira 1 €, la Région apportera 1 €.
Un plan tourné vers les entreprises
Sur les 14 millions d’euros du plan, 80 % du budget sera réservé à des aides directes pour les entreprises, soit 11 millions, dont 5,5 millions de crédits Région. Pour ce faire, un ‘Pass Relance’ sera créé pour toutes les entreprises viticoles sans exception et tous les marchés : grande distribution, export, vente directe, e-commerce, cafés, hôtels, restaurants, cavistes, grossistes, etc.
Concrètement, les entreprises sont appelées à constituer un dossier individuel dans lequel elles proposent un plan de relance de leur activité commerciale. La demande peut se faire en ligne, sur les plateformes dématérialisées des quatre interprofessions du bassin (le Conseil interprofessionnel des Vins du Languedoc, le Conseil interprofessionnel des Vins du Roussillon, l’Interprofession des Vins Pays d’Oc IGP et l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest). “Les critères et modalités de demande et d’attribution de ce nouveau Pass seront définitivement adoptés à la commission permanente de juin”, précise la présidente de Région. Toutes ces aides comportent une contrepartie de taille : la contractualisation entre producteurs et metteurs en marché.
La contractualisation : condition sine qua non
Cette pratique de contractualisation ne date pas d’hier, mais elle est exercée de manière différente selon les metteurs en marché, tant sur les volumes que sur les prix, la qualité et la durée des contrats. Avec ce plan de relance, “la contractualisation sera amplifiée et assurera un système vertueux et équitable, avec un retour de la valeur à l’amont”, veut croire la présidente de Région. Pour le président de la Chambre régionale d’agriculture, Denis Carretier, “la contractualisation pluriannuelle est une vraie avancée, qui va sécuriser les exploitations, et peut-être inciter les jeunes à revenir vers le métier. Cela a été plus ou moins compliqué de s’entendre, mais nous y sommes arrivés. C’est un peu comme avec un porte-greffe, il faut du temps pour que la greffe prenne”. Et de rappeler, pour ceux qui auraient encore des doutes, que “l’aval sans l’amont, cela n’est rien, et vice-versa”.
Si pérenniser l’amont et l’aval, tout en essayant de moraliser les marchés pour éviter une surenchère des prix vers le bas, sont les piliers de la contractualisation, il ne faut pas être devin pour imaginer que les discussions seront âpres et que les différences de pratiques entre les metteurs en marché se poursuivront. Aucun objectif n’a donc été chiffré, ou du moins dévoilé. “Si on arrive à avoir 15 à 20 % des volumes contractualisés sur l’ensemble des volumes produits dans notre région, on aura fait un grand pas dans la stabilisation des prix”, commente cependant Boris Calmette, président de La Coopération agricole Occitanie.
Quoi qu’il en soit, à défaut d’objectifs chiffrés, une contrainte de taille a été fixée : sans contractualisation pluriannuelle, avec un engagement sur des volumes et des prix, et ce, sur plusieurs années, point d’accès au plan de soutien. Un premier bilan sur ce sujet devrait être disponible d’ici 6 mois.
Actions collectives et soutien à la promotion
Par ailleurs, d’ici le mois de juillet, les interprofessions proposeront un plan d’actions collectives adaptées aux besoins des marchés, ainsi que des actions tournées vers les habitants de la Région afin de promouvoir les vins de la région. Deux millions d’euros seront réservés pour ces opérations de promotion, qui devront s’inscrire en sus de celles prévues dans les programmes des interprofessions. De plus, d’ici la fin de l’année, une campagne de promotion des vins et vignobles d’Occitanie sera lancée par la Région, pour un montant de 500 000 €.
Cette campagne de communication collective, ‘Vins d’Occitanie’ pourrait être déclinée par bassin ou appellation. “Cette campagne de communication sera inspirée de celle de ‘Dans ma zone’ (qui encourageait à consommer local, ndlr). Il est important de développer une solidarité locale et de consommer local”, précise Carole Delga.
Pour le déploiement de ce plan collectif, un comité de coordination (Interprofessions, Région, Fédération des métiers, Ad’Occ, Chambre régionale d’agriculture et Irqualim) est mis en place, qui adoubera ou non les actions proposées par les différents acteurs, ainsi qu’une plateforme de dépôt des dossiers qui fera l’interface entre les entreprises et les aides de la Région.
“La Région retrouvera son bénéfice au centuple”, assure Miren de Lorgeril, présidente du CIVL. Et si ce n’est pas au centuple, “sauver et enrichir une filière, c’est sauver et enrichir une région. C’est donc un bon investissement pour tous”, ajoute Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de Vins de Pays d’Oc. Avec ce plan, dont “l’intérêt est d’être un guichet unique, offensif, dynamique et positif”, selon Gérard Bertrand, représentant des metteurs en marché, l’objectif est le même pour tous : vendre du vin.
Florence Guilhem
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