Hérault
Le syndicat des Jeunes agriculteurs de l'Hérault sensibilise depuis plusieurs années les jeunes générations aux métiers de l'agriculture. Mercredi 2 octobre, le préfet de l'Hérault, François-Xavier Lauch, était à leurs côtés pour soutenir leur démarche.
Mercredi 2 octobre, au collège Ferdinand Fabre, à Bédarieux, le préfet de l'Hérault, François-Xavier Lauch, est venu soutenir la démarche des Jeunes agriculteurs qui font la promotion des métiers de la filière agricole.
© Crédit photo : AL
Quoi de plus pertinent que de faire appel à un agriculteur pour parler d'agriculture ? C'est l'idée judicieuse du syndicat des Jeunes agriculteurs de l'Hérault pour sensibiliser et parler des métiers agricoles auprès des plus jeunes. C'était le sujet phare de la matinée du mercredi 2 octobre, au collège Ferdinand Fabre, à Bédarieux. Pour cette occasion, François-Xavier Lauch, préfet de l'Hérault, Sébastien Sibille, proviseur de l'établissement, ainsi que de nombreux élus et représentants locaux ont répondu présent, afin de soutenir et accompagner l'ambition du syndicat. Malgré l'ambiance plutôt morose qui règne actuellement au sein du monde agricole, le métier d'agriculteur reste "un métier indispensable qui ne cesse d'évoluer", selon les mots de son président, Rémi Dumas. Manger, un acte banal qui ne vient pas du ciel, mais bien des champs. "Il faut faire comprendre aux futures générations, que si les rayons des supermarchés sont pleins, c'est grâce aux agriculteurs."
Qu'y a t-il de plus gratifiant que de nourrir les gens et d'entretenir les paysages ? La cause est noble certes, mais cela ne suffit pas. "Les bras se font rares alors, que les terres elles, ne manquent pas !", souligne Marie-Line Geronimo, vice-présidente de la communauté de communes du Grand Orb, déléguée à la Valorisation de l'espace rural, à l'agriculture et aux forêts, qui espère également "pouvoir installer des jeunes, car l'avenir, c'est eux". Cette passion pour la transmission, Annabelle Decoursière, secrétaire générale des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, installée en maraîchage à Avène, la partage de tout cœur tout en accordant "sa part de crainte, mais aussi d'espoir pour l'avenir. (...) Chez les tout-petits, on va plutôt parler d'alimentation, de la composition de leur menu, et faire le lien entre ce qu'ils ont dans l'assiette et le travail de l'agriculteur", explique-t-elle.
Pour les collèges, le but est de semer les graines, alors que le lycée sera une porte d'entrée vers les métiers possibles dans le vaste monde agricole. Que ce soit dans les champs, comme au sein des instituts de recherche ou chez les concessionnaires, le paysage professionnel agricole ne manque pas de diversité. Néanmoins, elle prévient que "le but de la démarche n'est pas seulement de chercher des financements, mais surtout de promouvoir ensemble les métiers agricoles au sein des écoles".
Le Grand Orb est la première communauté de communes à être partenaire de ce projet de promotion, mais d'autres pourraient bien suivre le mouvement prochainement. Sur place, Catherine Côme, directrice académique des services de l'Éducation nationale du département de l'Hérault (Dasen), croit fort en cette promotion. "Faire en sorte que les élèves aient une meilleure connaissance des filières et de ce que l'agriculture représente est une vraie problématique sociétale, et nous nous engageons à y répondre." Connaître les métiers qui gravitent autour du secteur agricole et savoir ce qu'il y a dans les assiettes, telle est l'ambition du service académique local. Ambition largement saluée notamment par le préfet : "Ces actes sont psychologiquement d'une grande importance pour la profession agricole qui a envie de travailler sur des choses positives, et cela ne peut pas être mieux qu'au travers de la jeunesse."
Question environnementale, attachement au territoire et au respect de l'identité, les enjeux ne manquent pas et les arguments sont nombreux. Même constat en ce qui concerne la mise en place des Projets alimentaires territoriaux (PAT).
Cependant, malgré le fait que ce soit une politique prioritaire du gouvernement, le préfet reconnaît, sans sourciller, que "sur les ambitions des PAT qui entourent les restaurations collectives, nous ne sommes pas bons". Une des raisons à cela, est que, pour de nombreux élus, produits locaux riment avec augmentation des coûts. "À cela, certaines communautés ont trouvé des solutions. Ce n'est peut-être pas le même prix, mais ce ne sont pas également les mêmes répercussions sur la santé ou encore l'environnement", assure le préfet. Reste que tout le monde n'est pas encore parfaitement raccordé avec la réalité du terrain agricole et c'est certainement là le nœud du problème, car cela freine des ambitions qui vont pourtant dans le bon sens. "Il y a souvent des aides ou de la bonne volonté, mais elles sont rarement appliquées avec les principaux concernés. Quand on parle agriculture, il faut des agriculteurs", partage Rémi Dumas.
Du côté de la communauté des communes des Avants-Monts, cela ne fait aucun doute. "Nous avons besoin d'intervention sur ce sujet, car avec 95 % de viticulture, on voit bien qu'il y a de moins en moins d'installations. Il ne faut pas se mentir, il y en aura de moins en moins", constate Jean-Claude Marchi, maire d'Autignac. De concert, Isabelle Autier, conseillère municipale de la ville de Lunel, rappelle qu'"au-delà des enfants, les parents ont également leur mot à dire sur leur ambition professionnelle".
Pour faire face à cela, le syndicat met également en place des stands lors de salons au sein des communes, afin de pouvoir dialoguer avec les parents qui, selon Annabelle Decoursière, "ont beaucoup de questions sur les pratiques agricoles qui vont par la suite forcément influencer les plus petits".
Questions pratiques balayées, restent celles de l'image décrite trivialement avec "la salopette et les bottes". GPS RTK dernière génération, outil d'aide à la décision de pointe, robotique..., sont loin de l'image de l'agriculture d'antan. Pour Josian Cabrol, président de la communauté de communes du Minervois au Caroux, il faut cultiver la fierté d'être agriculteur. "Que ce soit dans le fait d'être sur son tracteur, ou dans le fait d'être son propre patron." De plus, aujourd'hui, de nombreux agriculteurs se prennent au jeu des réseaux sociaux. La modernité et la technologie sont bien là, même au fin fond des villages...
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'Le P'tit agri' est un magazine trimestriel captivant, conçu spécialement pour les enfants âgés de 7 à 11 ans. Ce projet pédagogique, élaboré en collaboration avec l'association Agriculteurs de Bretagne et Jeunes agriculteurs de Bretagne, vise à initier les plus jeunes à l'univers passionnant de l'agriculture. Chaque numéro se consacre à une production agricole spécifique, offrant un voyage éducatif à travers divers domaines, tels que l'histoire-géographie, la culture générale, les mathématiques, l'anglais et les sciences. Enrichi par une interview d'un agriculteur, une bande dessinée, des coloriages et des jeux interactifs, ce magazine de huit pages promet d'être à la fois ludique et instructif pour les jeunes lecteurs.
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