“La priorité est désormais d’économiser la consommation d’eau, et de réduire les sources de gaspillage de cette ressource qui sera de plus en plus précieuse dans les décennies à venir.” C’est, en substance, le message que Laurent Roy, directeur de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, est venu délivrer jeudi 22?novembre, à Marseille, lors de la présentation du 11e programme de l’établissement public. Ce changement de stratégie fait suite aux précédents programmes, au cours desquels l’accent était davantage mis sur la remise en état de la qualité des cours d’eau. Celle-ci semble désormais en bonne voie : 52 % des rivières et des fleuves sont jugés en bon état sur l’ensemble du périmètre d’intervention de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Ce chiffre monte même à 68 %, pour le territoire de Paca.
Les effets du changement climatique sont, en revanche, particulièrement inquiétants, au point d’en faire une priorité, pour l’Agence de l’eau qui indique que “d’ici 2070-2100, les ressources en eau se feront plus rares, de l’ordre de 10?% à 50 % de débit d’étiage en moins pour les grands fleuves français et jusqu’à moins 30 % pour les nappes (…). Les températures atmosphériques grimperont, quant à elles, de 2 à 5°C, et les sols agricoles souffriront d’une augmentation de 10 % à 30 % de l’évapotranspiration, en particulier en automne”. Pour y remédier, l’établissement public place “le partage et les économies d’eau” au premier plan de ses priorités, “dans un contexte où la disponibilité de la ressource diminue et les sols s’assèchent”.
Des économies à tous les niveaux
Très concrètement, “40 % du bassin Rhône Méditerranée est déjà déficitaire en eau, et la situation va encore s’aggraver sous les effets du changement climatique”, prévient Laurent Roy. D’où la décision d’allouer environ 1 Md€ (40 %), sur un budget total de 2,64?Mds, au titre du 11e?programme, à des thématiques en lien avec l’adaptation au changement climatique. Parmi celles-ci figurent la lutte contre les pertes des canalisations d’eau potable, l’optimisation des systèmes d’irrigation, ou la réutilisation des eaux usées traitées : autant de moyens de “réaliser des écon- omies à tous les niveaux”, résume Gaëlle Berthaud, directrice de la délégation de Marseille de l'Agence de l'eau.
L’établissement public invite, en parallèle, les territoires les plus impactés à se doter d’un PGRE (Plan de gestion de la ressource en eau) afin de transférer l’eau ou la stocker. Sur les 21 territoires déficitaires identifiés en Paca, 14 d’entre eux disposent déjà d’un PGRE, avec des résultats importants enregistrés à l’issue du 10e programme (2013/2018) et sept autres sont en cours de finalisation. “Ils ont permis d’économiser 25 millions de m3, soit l’équivalent de la consommation d’une ville d’environ 400 000 habitants”, souligne Gaëlle Berthaud. L’agence ambitionne désormais d’accompagner des projets générant 7?millions de m3 d’eau/an (soit l’équivalent de la con sommation annuelle d’une ville de 100 000 habitants).
L’irrigation gravitaire en ligne de mire
Directement confrontés au changement climatique, les agriculteurs de la région Paca sont mis en avant, dans les documents de présentation du 11e?programme, pour leurs “importants efforts réalisés ces dernières années, afin de réduire leur consommation d’eau”. L’an dernier, 84 % des volumes d’eau économisés provenaient ainsi du secteur agricole, note l’Agence de l’eau, contre 65 % en 2016. Elle souhaite, dans le même temps, “rééquilibrer” les montants des redevances au profit de l’irrigation non gravitaire, une technique jugée par Laurent Roy “plus vertueuse”. Le taux de redevances pour le gravitaire augmentera ainsi jusqu’à 1,6?M€ par millier de m3 d’ici 2024. A contrario, celui de l’irrigation par aspersion, ou par goutte-à-goutte, baissera progressivement pour atteindre, en 2024, 4 € par millier de m3. Les zones de montagne ne seront en revanche pas concernées : le taux de redevance y restant limité à 1,2?€ par millier de m3 irrigués.
Julien Dukmedjian
ICI
Votre encart
publicitaire !
PHYTOTHÉRAPIE AGRICOLE
Crise agricole
BANQUE POPULAIRE DU SUD

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner