Éric Thirouin, secrétaire général, et Benoît Piètrement, secrétaire adjoint de l’AGPB, sont venus écouter et échanger avec les acteurs locaux de la filière, jeudi 8 novembre, au Centre français du riz.
Avec ses cultures diversifiées, certaines à haute valeur ajoutée et d’autres bénéficiant d’IGP, Paca reste une grande région céréalière. Producteurs et organismes stockeurs du secteur Sud-Est en sont conscients. Pour autant, la culture traditionnelle du blé dur est toujours en danger. La difficulté de la filière à fournir les marchés se heurte, non seulement aux fluctuations des cours mondiaux, mais aussi, régulièrement, comme c’est le cas en 2018, à des aléas climatiques dramatiques. C’est aujourd’hui la rentabilité des outils de production qui est directement menacée par la perte de surfaces et de rendements. À l’occasion d’un point d’étape dans la région, les responsables et élus de l’AGPB souhaitaient prendre la mesure de toutes ces problématiques. Organisée par la FRSEA dans les locaux du Centre français du riz, la réunion décentralisée des céréaliers de France a pris la tournure d’une véritable cellule de crise. Le moral des troupes est, en effet, au plus bas. Céréaliers et responsables d’organismes stockeurs ne se sont pas privés de l’exprimer à la délégation de l’AGPB, emmenée par son secrétaire général, Éric Thirouin.
Pessimisme ambiant
Comme le précisait Bertrand Mazel, producteur de riz, mais aussi de blé dur, “ce n’est pas tant cette campagne qui est catastrophique”, mais toutes les précédentes et ce, depuis plusieurs années. Aussi, “pour éviter que cette filière ne disparaisse, nous avons besoin d’une politique générale adaptée à nos spécificités, pour travailler sur plusieurs solutions. Nous avons des atouts, des opérateurs transformateurs, des acheteurs potentiels, mais les hectares continuent de se perdre, et ne seront pas forcément rattrapables”, soulignait le président du syndicat des riziculteurs, “plutôt pessimiste sur l’avenir de cette filière”.
La crainte du déclin du blé dur appelle aussi d’autres inquiétudes dans les rangs des céréaliers et de leurs représentants.
“Quand une filière commence à se déliter, d’autres filières sont menacées et déstabilisées”, alertait Patrick Lévêque, président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône. Le phénomène se vérifie déjà dans certains secteurs des Alpes-de-Haute-Provence. “Les céréaliers, qui ne gagnent pas d’argent sur le blé dur, se diversifient. Les surfaces de plantes à parfum explosent, ce qui amènera tôt ou tard à un déséquilibre”, observe Serge Vernet, président de la coopérative GPS.
Pour Patrick Lévêque, “L’intervention des pouvoirs publics est à solliciter de toute urgence”. Le soutien de l’État dans un projet de plan relance de la filière serait d’ailleurs la condition requise pour que le Département et la Région y adossent le leur.
Pour l’instant, les investigations dans ce sens, orchestrées par la Chambre régionale d’agriculture et le syndicalisme, restent lettre morte. Pour permettre aux agriculteurs de passer ce cap difficile, “la filière régionale s’est pourtant mobilisée, auprès du Conseil régional notamment, qui peut grandement aider au maintien de la culture de blé dur dans ses territoires”, expliquait Nicolas de Sambucy, membre du bureau de l’AGPB. Comme le rappelait en effet Éric Thirouin, “certaines régions, comme l’Île-de-France, à la suite d’une moisson catastrophique, en 2016, ont soutenu leurs céréaliers en débloquant une enveloppe pour financer directement les semences”.
Plusieurs leviers à activer
Pour autant, les céréaliers sont convaincus qu’une seule réponse ne règlera pas tous leurs problèmes. “Il y a une panoplie de solutions sur lesquelles nous devons travailler pour nous en sortir, tant sur le marché domestique que sur le marché export”, d’après Éric Gazagnes, directeur de la coopérative GPS. “La pâte régionale ou française, adossée à une notion ‘premium’ est certainement une piste. Mais il faut garder à l’esprit que le blé dur consommé en France ne représente que 700 000 tonnes, pour une production française d’environ 2 millions de tonnes”, ajoutait Éric Gazagnes, alertant sur la nécessité de “retrouver de la compétitivité sur les marchés internationaux”.
Emmanuel Delarue
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