Renaud Bastide responsable de la collecte de la coopérative GPS est intervenu sur le marché mondial du blé dur à l’occasion de l’assemblée générale de la coopérative Alpilles Céréales.
C'est une structure en bonne santé (voir encadré) qui a été présentée à ses adhérents le 11 décembre dernier lors de l’assemblée générale annuelle de la coopérative Alpilles Céréales. En dépit d’un marché toujours aussi peu favorable au blé dur, et d’une mauvaise moisson cette année, la coopérative de St-Etienne-du-Grès a cependant des ressources. Comme pour les années précédentes, la récolte totale de céréales s’est maintenue sous la barre des 15?000 tonnes (14 756 t en 2017 et 14?068 t pour 2018). La collecte de blé dur a certes baissé, mais les apports sont restés à peu près équivalents à ceux de l’an passé (12 544 t en 2017 contre 10?628?t en 2018).
Dans le détail, “les faibles rendements sur le blé dur ont pu être compensés par l’arrivée d’une dizaine de nouveaux adhérents sur la coopérative”, soulignait le président Alain Chapuis. Quant à la qualité des blés durs, elle s’est en revanche révélée “médiocre avec des PS en dessous de 75 pour la grande majorité des apports”. Un tiers de la récolte n’est d’ailleurs pas commercialisable en l’état, et entrainera des couts supplémentaires de tri, et des pertes non négligeables de marchandises.
Bonne nouvelle sur le tournesol
Pour ce qui est du prix, là encore “rien de bien encourageant”, aux dires du président Chapuis. “Quand l’an passé nous étions sur des cours aux alentours de 215 €/t, ce qui n’était déjà pas bien terrible, ils sont aujourd’hui autour de 200 €/t rendus. Bref, 2018 est une année à vite oublier”, résumait-il.
La seule bonne nouvelle semblait ve-nir du tournesol, production où le record de collecte de l’année 2001 a été atteint avec 2 750 tonnes (contre 2?250 tonnes à l’époque).
La baisse des ventes de semences se poursuit encore cette année avec une chute de près de 15 % des commandes. À ce jour, les semences de blé dur sorties atteignent 180 tonnes (dont 108 tonnes de variété Anvergur, 33 tonnes de variété Voilur et 20 tonnes de Claudio pour les principales).
Mais dans un tel contexte, avec un prix de marché qui baisse d’année en année, “comment en vouloir à nos adhérents qui préfèrent s’orienter vers d’autres cultures”, reconnaît Alain Chapuis.
15 % des surfaces blé dur semées
Seulement 15 % des surfaces de blé dur habituellement emblavées ont été semées pour l’instant. L’an passé, les semis avaient été retardés à cause de la sécheresse, le scénario est désormais tout le contraire en 2018. “Les quelque 400 mm qui se sont abattus sur notre région depuis deux mois ont poussé nos adhérents à décaler la date des semis”, observe le céréalier. La météo plus clémente de ces prochains jours devrait peut-être leur permettre de semer dans de bonnes conditions. L’assemblée générale était aussi l’occasion de faire un point sur l’état des marchés, et de se projeter sur la prochaine campagne. Renaud Bastide, responsable de la collecte de la coopérative GPS, qui comme Alpilles Céréales fait partie de l’Union commerciale Grains de Soleil, a d’abord donné un aperçu du marché mondial du blé dur.
Il a indiqué que la production mondiale était cette année d’environ 38 millions de tonnes, à peu près équivalente à celle de l’année précédente. Le Canada, premier producteur et exportateur mondial, devrait continuer de peser sur les marchés avec des prévisions sur l’année en cours de 5 à 5,7 millions de tonnes. La production européenne, qui s’appuie sur de très correctes productions espagnole et italienne notamment, sera quant à elle, autour des 8 à 8,8 millions de tonnes, équivalente à l’an dernier.
Un bilan qualitatif déficitaire
“Le bilan de la production au plan mondial sera donc sensiblement similaire aux années précédentes, ce qui malheureusement a pour tendance de continuer d’alourdir le marché”, rapportait Renaud Bastide. Sur “les prix qui stagnent cette année entre 200 à 205 €”, il a donné quelques explications. “Sur le début de campagne, nous avons eu beaucoup de mal à pouvoir exporter en raison d’une parité euro / dollar défavorable à la France. Si aujourd’hui la tendance s’inverse, reste que le bilan qualitatif français pénalise encore notre capacité d’exportation. Nous avons eu un déficit de qualité, d’une part au niveau des poids spécifiques très bas dans le Sud-Ouest et Sud-Est, et d’autre part en raison de problèmes de mycotoxines sur les blés”.
L’Union Grains de Soleil, qui a commercialisé en 2017/2018 110 000 tonnes de blé dur, ne devrait pas dépasser les 80 000 tonnes cette année, indiquait Renaud Bastide. “La baisse de rendement, liée aussi à une baisse de surface, est de l’ordre – 20 % à – 30 % sur l’Union. Vous êtes les seuls à avoir maintenu vos volumes par rapport à l’année précédente”, soulignait le responsable aux coopérateurs de la structure de St-Étienne-du-Grès.
Lueur d’espoir pour 2019
Si en raison d’une baisse des volumes disponibles ainsi qu’à des problèmes de sécheresse sur l’est de l’Europe, les marchés du blé tendre ou de l’orge sont actuellement plus porteurs, les responsables de la coopérative espèrent que la France retrouve rapidement ses capacités d’exportation en blé dur. L’annonce des surfaces, en forte baisse au Canada comme en Europe pour 2019, sont déjà perçues comme un signe d’espoir. “Le bilan de la production mondiale pourrait diminuer, et générer un rapport entre l’offre et la demande positif pour faire repartir le marché du blé dur.” Autre tendance, qui irait dans le même sens, “la rétention inédite pratiquée par les Canadiens qui stockent leurs marchandises en raison des cours trop bas”. Espérons qu’elle soit comprise par les industriels comme un message pour rémunérer le blé dur au dessus du prix actuel.
Emmanuel Delarue
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