Agricampus Var
À 15, 17 et 21 ans, Antoine, Chloé et Samantha incarnent l'avenir. Sur l'Agricampus de Hyères, ils s'épanouissent dans différentes filières, avec beaucoup de motivation et des projets plein leurs têtes bien faites. Ils partagent avec nous leurs histoires, leurs expériences et leurs attentes.
Le lycée agricole de Hyères organise chaque année des journées portes ouvertes et participe à de nombreux forums d'orientation et autres salons de l'éducation.
© Crédit photo : GL
Ils n'ont ni le même âge, ni la même personnalité, ni le même parcours, mais ont en commun d'avoir fait le choix de l'enseignement agricole et d'avoir intégré le site hyérois de l'Agricampus du Var. Ils y suivent des formations qui leur permettent de se réaliser, après avoir parfois eu des rapports parfois bien compliqués avec le système scolaire "classique".
À l'image d'Antoine Massoni, 15 ans, qui s'ennuyait souvent sur les bancs du collège. "Il y avait trop de cours que je n'aimais pas, des sujets qui ne m'intéressaient pas, comme faire son autoportrait en français ou autre. Moi, j'ai grandi entouré par la campagne et la forêt : ce que j'aime, ce sont les plantes", justifie-t-il. Rester assis dans une salle de classe pendant des heures, ce n'est pas pour lui. Non issu du milieu agricole, c'est sur Internet qu'il se renseigne sur les filières professionnelles. "J'ai vu que le lycée avait bonne réputation. Au départ, j'aurais voulu faire un bac pro, mais je n'ai pas été pris. En revanche, j'ai eu la possibilité de faire un CAP", raconte l'adolescent.
En septembre dernier, il fait donc sa rentrée en CAP 'Métiers de l'agriculture', axé sur l'horticulture, le maraîchage et la pépinière, qui le réconcilie avec l'école.
S'il avoue parfois finir sa nuit sur son bureau quand il est en classe, il se sent complètement à son aise en travaux pratiques, sur l'exploitation pédagogique de l'Agricampus. "On fait des semis, du rempotage, j'aime bien tout ça. Je me sens libéré, je respire, je suis tellement mieux dehors avec les plantes", apprécie-t-il. Tout ce qui est agroéquipement, manipulation d'outils et de matériels agricoles lui plaît aussi particulièrement.
Intéressé, il apprend. Même s'il aimerait avoir encore moins d'heures de cours à l'intérieur. "J'ai appris beaucoup plus en cinq mois que depuis le début de ma vie", lance Antoine. Logiquement, ses résultats s'en ressentent. "Mes notes ont doublé par rapport au collège", précise-t-il. Il aime plus globalement la vie sur le campus, des ventes de végétaux qui associent différentes classes de diverses filières, aux bals d'hiver et de printemps, en passant par les challenges interclasses pendant lesquels les élèves découvrent leurs professeurs sous d'autres facettes.
Et tant pis s'il lui a fallu quitter son cocon familial à Flassans, pour devenir interne. Cette nouvelle vie lui convient parfaitement. "L'internat, c'est incroyable, c'est une deuxième maison. On fait un peu des"bêtises"avec les potes, il y a une bonne ambiance. Les gens viennent d'un peu partout et tout le monde se connaît, c'est vraiment bien", partage-t-il.
Élève de terminale bac pro en aménagement paysager, Chloé Navarro a, elle aussi, "trouvé une deuxième famille" sur l'Agricampus. Elle avait comme projet d'intégrer le lycée agricole de Hyères depuis longtemps. "Je n'ai pas d'agriculteurs dans ma famille, mais j'ai une tante qui a été professeur dans un lycée agricole d'une autre région. Et, en sixième déjà, je savais que je voulais finir ici, car c'est un très bon lycée", témoigne-t-elle.
Ce qu'elle a fait après la troisième et un parcours chaotique de collégienne. "Le collège, je n'aimais pas ça du tout. Je ne parlais à quasiment personne, j'ai beaucoup séché les cours. J'ai quand même fini ma troisième avec 10 de moyenne générale et une mention assez bien au brevet", confie la jeune fille.
Comme Antoine, elle préfère de loin être dehors plutôt que dans une salle de classe. Alors même si le temps passé en travaux pratiques et en stage en entreprise reste insuffisant à son goût, elle a trouvé sa voie et s'y est révélée. "Je me suis complètement épanouie. J'ai rencontré des gens, je me suis fait des amis, on évolue ensemble. Je suis aussi déléguée au conseil intérieur du lycée où, avec les profs et l'encadrement, on peut discuter des problèmes que l'on peut rencontrer, porter la parole des élèves, participer à monter des projets...", détaille-t-elle. Elle est, par ailleurs, très fière de participer activement, dans le cadre des enseignements, à l'entretien de l'exploitation et des espaces extérieurs du lycée.
Très investie dans la vie de l'établissement, elle a aussi présenté sa filière lors des journées portes ouvertes l'an dernier.
C'est d'ailleurs à cette occasion qu'elle-même l'avait découverte et choisie. Et son cursus correspond à ses attentes. "Le tronc commun est quand même important, parce que l'aménagement paysager est une filière où l'on a besoin des maths et du français. Mais on travaille surtout sur le végétal. On conduit aussi le tracteur, la mini-pelle, ça c'est top ! Le professeur d'agroéquipement nous booste", développe-t-elle. "Il y a une matière dont on se passerait tous je crois, c'est la physique-chimie ! Même si ce n'est pas complètement inutile et que ça doit avoir un sens dans notre formation, on a un peu de mal à capter lequel...", ajoute-t-elle avec un brin de malice.
Elle apprécie, en revanche, l'éducation socioculturelle, qui permet aux élèves d'élargir leurs horizons en faisant sorties et voyages. L'an dernier, avec sa classe, Chloé a pu visiter la Villa Médicis à Rome. Cette année, certains vont pouvoir partir en Irlande et au Bénin.
Du haut de ses 17 ans, la lycéenne a aujourd'hui une vision très claire et enthousiaste de son avenir. Le premier objectif est d'obtenir son bac à la fin de l'année, de poursuivre avec un BTS, puis d'intégrer une classe préparatoire en vue de pouvoir présenter des écoles d'architecture paysagère, à Versailles ou Marseille. Sa passion. "Je dessine énormément, je fais beaucoup de plans, c'est vraiment là que je m'éclate", souligne Chloé, qui a bien l'intention de se donner les moyens de ses ambitions.
À 21 ans, Samatha Laroche, étudiante en BTS 'Métiers du végétal, alimentation, ornement et environnement', a également une idée bien précise de ce qu'elle veut. Passée par un lycée d'enseignement général, elle a obtenu un bac scientifique option 'Science de l'ingénieur' avant de s'orienter en première année de DUT 'Génie biologique et agronomie'. Elle a ensuite dû mettre ses études entre parenthèses pour travailler pendant deux ans. Et c'est avec bonheur qu'elle a rejoint l'Agricampus à la dernière rentrée.
Comme ses camarades, elle apprécie le côté très concret de sa formation. "On a besoin de théorie car il y a beaucoup à apprendre, mais avec les travaux pratiques, les visites d'exploitations, les stages, le montage de projets, c'est plutôt équilibré", juge-t-elle. Si elle apprécie autant les enseignements agricoles que la comptabilité et la gestion d'entreprise, les aspects techniques culturales et agroéquipement mériteraient même, selon elle, d'être davantage approfondis.
Son but, à terme, est de s'installer en maraîchage et elle s'est rapprochée de la Chambre d'agriculture pour déjà y travailler. "On ne devient pas chef d'exploitation en sortant de BTS, mais après, je peux faire un BPREA, une licence pro, ou avoir une première expérience en tant que salariée. Il y a plein d'ouvertures", présente-t-elle.
Sa seule petite désillusion porte sur l'effectif réduit de sa première année de BTS. "On est six. Alors pour travailler et échanger avec les enseignants, qui sont généralement de grande qualité, c'est super. Mais cela interroge sur la valorisation de l'agriculture. C'est vrai, ce sont des métiers compliqués, physiques, la profession n'est pas assez écoutée, et les vies professionnelle et personnelle sont souvent très liées. Mais pouvoir être son propre patron, travailler au grand air, au contact des gens, en développant des relations humaines, c'est beau et ça a du sens", défend-elle.
Fière ambassadrice de l'enseignement professionnel agricole, elle poursuit : "Il y a énormément de débouchés dans le milieu agricole. Et il en faut dans le contexte que l'on connaît. Il ne faut pas se laisser décourager par les esprits anxiogènes, il y a toujours des possibilités en agriculture".
Un discours soutenu par sa camarade Chloé : "Ceux qui ne connaissent rien au monde agricole disent beaucoup de bêtises. Il ne faut pas les écouter et se faire son propre avis. Par exemple, même si les cours sont plus spécialisés, c'est accessible si on est un minimum investi."
Le tout conclu par le pragmatique Antoine : "Quand on aime la nature et pas être enfermé, vaut mieux choisir ces filières."
Pour faire connaître ses formations, l'Agricampus organise chaque année des journées portes ouvertes et participe à de nombreux forums d'orientation et autres salons de l'éducation.
L'établissement va aussi au-devant des plus jeunes en sollicitant les collèges. Principaux, principaux adjoints et autres personnels d'encadrement sont notamment invités à des petits-déjeuners de l'orientation, qui permettent de présenter les filières et les installations.
"Tous les ans, on propose également d'intervenir dans tous les collèges qui le souhaitent, pour présenter nos formations aux élèves de 4e et de 3e. Malheureusement, nous ne sommes pas invités partout, mais nous intervenons chaque année dans une bonne quarantaine de collèges publics et privés", indique Philippe Capillon, directeur de l'Agricampus.
Entre janvier et avril, l'établissement offre enfin aux collégiens la possibilité d'être accueillis sur ses sites de Hyères ou des Arcs. "Les collèges peuvent nous envoyer leurs élèves, en classe entière ou individuellement, pour des mini-stages d'immersion sur une demie ou une journée entière", explique Philippe Capillon. Une approche qui permet aux jeunes de découvrir très concrètement les formations proposées.
AGENDA-
- Matinée d'information à destination des BTS, le samedi 3 février, de 9 h à 12 h, à Hyères
- Journée portes ouvertes toutes formations (lycée, UFA, CFPPA) à Hyères et aux Arcs, le samedi 23 mars, de 9 h à 16 h ; et le 25 mai, de 9 h à 12 h
- Journées portes ouvertes les samedis 16 et 25 mars, de 9 h à 12 h à Saint-Maximin
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