Élevage
Du 26 au 29 septembre s'est tenue la 4e édition de la Semaine européenne des races locales de massif à Barcelonnette. Près de 210 participants se sont rassemblés tout au long de la semaine dans la Vallée de l'Ubaye, pour participer aux séminaires et visites.
La visite d'alpage à Vars était l'une des huit visites proposées dans le cadre de la Seram.
© Crédit photo : MRE Paca
Co-organisée par la Maison régionale de l'élevage (MRE), l'organisme de sélection des races ovines du Sud-Est (OS Rose) et le Collectif des races locales de massif (Coram), la 4e édition de la Semaine européenne des races locales de massif s'est déroulée à Barcelonnette, fin septembre. Près de 210 participants se sont rassemblés tout au long de la semaine dans la Vallée de l'Ubaye, pour participer aux séminaires et visites. Ce public était composé de 70 élèves - BTS, bac pro 'Conduite et gestion de l'entreprise agricole' (CGEA) et première et terminale générale - et de professionnels de l'élevage de toute la France, d'Espagne, du Portugal, d'Italie et d'Andorre (éleveurs, techniciens, ingénieurs, scientifiques). Des élus locaux et des représentants des divers services de l'État ont aussi fait le déplacement.
"Nous aurons à cœur de mettre à l'honneur les filières d'élevage de notre région, en particulier du massif alpin, dont les races locales sont indissociables." C'est par ces mots que Dominique Gueytte, président de la MRE - OS ROSE, a accueilli les participants. Et tout au long du séminaire, tout a été fait pour renforcer cet objectif, avec notamment trois matinées consacrées au thème 'Races locales et pastoralisme au service des produits de qualité'.
Durant la première matinée, Étienne Verrier, directeur général adjoint d'AgroParisTech, a ouvert le débat sur la place des races locales dans les filières qualités, en pointant régulièrement des questions pour faire avancer la réflexion : comment valoriser les produits des races locales ? Valoriser quoi ? Dans les divers exemples qui ont suivi, la sensibilisation des consommateurs est apparue comme un des facteurs essentiels. Cette même notion est revenue lors des débats de la seconde matinée sur les races locales et le pastoralisme, une pratique souvent mal documentée comparé à d'autres pratiques d'élevage. Les professionnels du pastoralisme, éleveurs et bergers, sont au contact direct du grand public, qui peut devenir problématique avec le multi-usage, les deux mondes de l'élevage et du tourisme se heurtant de plus en plus.
D'autant que le changement climatique se rajoute aux défis des filières pastorales de qualité. Mais il a été démontré tout au long du séminaire que ces filières possèdent aussi de nombreux atouts pour faire face à ces défis, comme la diversité des ressources utilisées, ainsi qu'évidemment les races locales, sans oublier les nombreux travaux menés par des organismes tels que l'UMT 'Pasto' la ferme expérimentale de Carmejane, le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (Cerpam) encore par le Réseau REte Appia, en Italie, et l'association Life Maronesa, au Portugal.
Le journaliste Thomas Turini a synthétisé les débats lors de la troisième matinée, qui a aussi été consacrée au rôle des politiques publiques dans le soutien aux filières pastorales et de qualité, via l'exemple de l'Andorre, la présentation de la démarche d'inscription de la transhumance à l'Unesco, ou encore celle du projet gagnant du 'Challenge des lycées'.
Les après-midi, les visites d'alpages et d'élevages ont été marquées par le soleil, bonne surprise de cette dernière semaine de septembre. Les huit visites en alpages ovins et en élevages ovins allaitants et bovins laitiers ont permis aux participants de rencontrer directement les éleveurs qui animent la vie agricole de la Vallée de l'Ubaye, qu'ils y soient installés à l'année ou de passage durant les mois d'été dans les estives. Les participants en retiendront un élevage dynamique fédéré autour de divers projets et produits de qualité : la sélection génétique des races locales, le Label rouge/IGP Agneau de Sisteron, l'inscription en AOP du Bleu du Queyras, la coopérative laitière de l'Ubaye, le programme 'Alpages sentinelle', le sentier de grande randonnée et la gamme de vêtements 'La Routo'...
Les quelques personnes encore restantes le samedi ont pu assister à la foire agricole de la Saint-Michel, à Barcelonnette, un temps fort de la vie agricole de la Vallée de l'Ubaye. C'est un moment de rencontre des professionnels de l'élevage, entre eux et avec le grand public, et une occasion de vendre quelques-uns de leurs agnelles et béliers.
À retenir-
Les vidéos et photos des séminaires et des visites, ainsi que les présentations des intervenants dont la synthèse de Thomas Turini, seront très prochainement disponibles sur le site de la Maison régionale de l'élevage - Sud Paca : www.mrepaca.fr.
La race ovine Sambucana, originaire de la Vallée de la Stura, est un animal rustique, qui peut vivre même sur des pâturages rocheux escarpés et impraticables.
© Crédit photo : Écomusée de Pontebernardo
La semaine s'est terminée du côté de l'Italie, dans la Vallée Stura, ou la quarantaine de participants restant est allée à la rencontre de trois éleveurs de la race bovine piémontaise, allaitants ou laitiers, sédentaires ou transhumants. Cette race est la première race bovine allaitante en Italie en termes d'effectifs, et s'exporte à l'international. Les participants ont aussi rencontré un éleveur de brebis de race Sambuccana, sauvée de justesse depuis les années 80 par un programme soutenu par l'Unione Montana Valle Stura (communauté de commune de la vallée) et la Région Piémont. L'après-midi, l'Écomusée du pastoralisme, à Pontebernardo, a ouvert les portes de son exposition sur les savoir-faire pastoraux de la vallée. Ce musée entretient un lien fort avec l'élevage provençal et alpin français.
Sept interprofessions et syndicats européens des viandes rouges1 (bovins, ovins, caprins) se sont regroupées au sein de Selma, acronyme anglais pour 'Association européenne de l'élevage et de la viande durable' et l'ont annoncé le 18 octobre. L'objectif ? "Préserver le modèle européen durable d'élevage de ruminants" et "porter (...) collectivement les intérêts des filières auprès des décideurs européens". Guillaume Gauthier (Interbev) a été élu président de Selma, aux côtés du vice-président, Alessandro de Rocco (OI Intercarneitalia), et du trésorier, Michael Gore (Febev). "L'association s'apprête à lancer ses prochains travaux d'ici la fin de l'année 2023", sur plusieurs sujets déjà identifiés : accords de libre-échange, directive IED (émissions industrielles), propositions de directives sur les allégations environnementales ou encore révision de la législation sur le bien-être animal.
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