MANIFESTATION
Une centaine de vignerons et de jeunes agriculteurs audois ont bloqué, mercredi 7 octobre, l'accès au port de Port-la-Nouvelle. Dans leur viseur, le prix du carburant et la fiscalité foncière, deux charges qui pèsent sur des exploitations déjà fragilisées.
Une centaine de vignerons et de jeunes agriculteurs audois étaient présents, mercredi 7 octobre, pour dénoncer la hausse des charges agricoles.
© Crédit photo : AL
Au petit matin du 7 octobre, une épaisse fumée s'élève du rond-point qui dessert la zone portuaire. Devant l'entrée du port, la circulation est déjà bloquée. À l'appel du Syndicat des vignerons de l'Aude, rejoint par les Jeunes agriculteurs, une centaine de manifestants ont choisi ce point stratégique pour faire entendre leur colère. Après plusieurs années de difficultés économiques, ils réclament des mesures immédiates pour alléger leurs charges.
"Nous sommes aux abois", alerte Damien Onorré, président du Syndicat des vignerons de l'Aude. Premier motif de colère, le gazole non routier (GNR), indispensable aux travaux de la vigne. Selon le responsable syndical, "son prix a quasiment doublé en huit mois. Pendant les vendanges, la hausse atteignait dix centimes supplémentaires par litre et par semaine". À cela s'ajoutent les engrais et les autres dépenses de production, dans un vignoble où les revenus peinent déjà à couvrir les frais.
Les manifestants réclament à l'État un dispositif de soutien au carburant comparable à celui mis en place pour les pêcheurs. Ils demandent également un allègement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB). Pour le syndicat, cette fiscalité devient difficilement supportable lorsque les parcelles rapportent peu et que les marges disparaissent.
Les Jeunes agriculteurs partagent ce constat, avec une inquiétude particulière pour les installations et les investissements. "Nous voulons continuer à nous installer, investir et faire vivre nos exploitations dans l'Aude", explique Alexandre Garcia, président du syndicat audois. Comment emprunter, renouveler du matériel ou reprendre des terres quand les charges progressent plus vite que les recettes ?
Derrière cette mobilisation, les difficultés s'accumulent depuis plusieurs campagnes. "Les pertes de récolte s'ajoutent à une augmentation continue des coûts de production", rappelle un viticulteur de Fitou lors de la manifestation. Un autre vigneron du littoral audois alerte également sur un autre phénomène : "Des exploitations ne trouvent plus de repreneurs, tant les perspectives économiques deviennent incertaines." Une inquiétude qui dépasse désormais les seules questions de trésorerie.
Dans les exploitations, les mar- ges de manœuvre se réduisent d'année en année. "Les viticulteurs peuvent repousser l'achat de matériel ou certains investissements, mais difficilement les travaux indispensables à la conduite du vignoble", enchaîne-t-il.
Dans la foulée du blocage, une délégation des deux organisations a été reçue à Carcassonne par Alain Bucquet, préfet de l'Aude. Sur le GNR, ce dernier a indiqué ne pas disposer du pouvoir de décision et s'est engagé à faire remonter la demande à l'échelon national. Concernant la TFNB, des possibilités d'exonération doivent être examinées, notamment au regard des conséquences des épisodes de chaleur et du dérèglement climatique.
Les échanges ont ouvert la porte à une discussion, sans déboucher à ce stade sur une mesure annoncée. Le préfet devait faire le point avec son homologue régional, tandis que le Syndicat des vignerons devait porter ses revendications à la commission viticole réunie le lendemain, jeudi 8 octobre, à Paris. À Port-la-Nouvelle, le blocage n'a duré que quelques heures. Pour les deux organisations, la suite dépendra des réponses de l'État. La colère, elle, reste entière.
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