Aude 11/01/2024
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GDS de l'Aude

Besnoitiose bovine : une maladie qui inquiète 

Le 1er décembre dernier, le Groupement de défense sanitaire de l'Aude a réalisé son assemblée générale de fin d'année, en mettant l'accent sur la présence de la besnoitiose, une maladie qui touche les bovins et préoccupe les éleveurs.   

À l'heure actuelle, seuls les échanges de reproducteurs et l'accès aux concours, comme le Salon de l'agriculture à Paris, limitent les déplacements, car la maladie est présente dans le règlement sanitaire.

© Crédit photo : Carole Chaudesaigues

Maladie parasitaire et vectorielle transmise par les taons et les insectes piqueurs, la découverte de la besnoitiose remonte aux alentours des années 1900 dans le secteur des Pyrénées où, depuis, les éleveurs se sont adaptés à sa présence. Malheureusement, cette maladie - installée dans la zone sud depuis plus d'un siècle - pose un problème à la partie nord de la France, où elle est encore que très peu connue.

"Il y a un gradient de prévalence important. Le Sud est particulièrement touché, alors que le Nord reste, à ce jour, peu atteint", introduit Yoann Mathevon, vétérinaire conseil et directeur du Groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Aude, devant plus d'une trentaine d'éleveurs rassemblés à la maison paysanne de Limoux.

"Le Sud est particulièrement touché, alors que le Nord reste, à ce jour, peu atteint"

L'inquiétude est donc grande quant à sa capacité à s'adapter à des endroits où, auparavant, elle n'avait pas sa place. "Dans la partie sud, les signes cliniques sont rares, car les animaux vivent naturellement avec, alors que dans la partie nord, les dégâts semblent plus importants." Comme de nombreuses maladies, les symptômes commencent par une forte fièvre qui, par ailleurs, rend stérile les taureaux, pour laisser place à quelques jours d'accalmie avant de rentrer dans une phase d'œdème généralisé, puis de sclérodermie qui épaissit et cartonne la peau de l'animal. "À ce stade avancé, l'évolution est irrémédiable, et ce jusqu'à la mort de l'animal", prévient le vétérinaire. Le traitement est donc à prendre dès les premiers signes, pour s'assurer d'une guérison optimale.

Depuis deux ans maintenant, des tests sont réalisés sur tous les troupeaux de bovins. La première année se cantonnait au niveau régional, la deuxième au plan national, afin de pouvoir constituer une cartographie permettant de mieux cerner la présence de la maladie. "Sans surprise, la présence dans le Sud est très importante, notamment dans l'Aude et on retrouve les mêmes chiffres en Espagne, en Italie, ou encore au Portugal, où la circulation est également très importante", signale ce dernier.

Malgré sa présence marquée dans la partie sud de l'Europe, il n'existe pour le moment aucune problématique concernant l'exportation des bovins, même si la Belgique et l'Allemagne montrent une volonté forte pour tester les animaux aux frontières. À l'heure actuelle, seules la vente de reproducteurs et la participation aux concours semblent dessiner de vives inquiétudes. "Dans le Nord du pays, des contrôles d'introduction se font systématiquement, mais cela pose des problèmes pour les sélectionneurs du Sud, car la maladie est très présente et rend donc difficile l'exportation des animaux." On voit dès lors se préciser deux façons de gérer la situation : pour les éleveurs du Nord, limiter l'introduction est une priorité, alors que dans le Sud, la gestion et la prévention prévalent.

Des programmes sanitaires difficiles à mettre en place

Cette problématique résonne donc au niveau national. En revanche, la mise en place d'un programme sanitaire par le GDS France (GDSFR) inquiète les éleveurs, et les place dans une position délicate, car la situation reste bien différente du nord au sud. "Nous sommes conscients que le fait d'envoyer des animaux pourrait mettre en péril les élevages du Nord, où la maladie est clairement redoutée", partage le directeur du GDS de l'Aude. Précédemment retoqué par le GDSFR par manque de données et de connaissances vis-à-vis de cette maladie, ce dernier doit cependant à nouveau se réunir dans les prochains mois pour statuer si, oui ou non, un programme sanitaire doit être mis en place. "Nous sommes dans une situation compliquée, car nous devons prendre une décision qui puisse contenter tout le monde, et c'est difficile : ici, nous vivons très bien avec cette maladie. Pour nous, la réglementation nous inquiète, alors que les éleveurs du Nord la souhaitent fortement. Le résultat de tout cela, c'est qu'il y a des éleveurs qui ne voudront tout simplement plus acheter dans le Sud."

"Il y a des éleveurs qui ne voudront tout simplement plus acheter dans le Sud"

Pour l'heure, la tendance et les chiffres du département audois sont peu réjouissants. "On a 50 % de prévalence, avec un animal sur deux porteur dans le département. Au vu de ces chiffres, si on ne trouve pas de solution, c'est la fin des cheptels bovins dans notre secteur", alarme le vétérinaire.

De plus, la transhumance représente aujourd'hui un risque de contamination, car des relevés ont montré que plus de 95 % des transhumants comptent au minimum un animal positif. "Ce constat est logique, vu que les animaux se mélangent pendant la période d'activité du vecteur", explique le vétérinaire.

Compte tenu de la situation, il est donc difficile de contenter tout le monde, la solution miracle n'existant pas. Néanmoins, des projets de recherche se mettent d'ores et déjà en place, au niveau régional et départemental, en collaboration avec le GDS des Pyrénées- Orientales, qui se trouve dans une situation similaire à celle de l'Aude. L'année 2024 va également permettre de déployer plusieurs volets de recherche concernant cette maladie, en partenariat avec les écoles vétérinaires de Lyon et de Toulouse.

Anthony Loehr •

POUR ÊTRE précis-

La besnoitiose bovine

Cette maladie vectorielle affectant les bovins est liée à un parasite du groupe des coccidies (Besnoitia besnoiti). Elle est assez répandue dans certains départements français. Les symptômes de cette maladie complexe sont caractéristiques et peuvent être source de problèmes économiques importants pour les cheptels. En 2016, plusieurs élevages ont été diagnostiqués porteurs de besnoitiose dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Le GDS 64 a souhaité mettre en œuvre les moyens nécessaires pour contenir l'émergence de cette maladie contagieuse. Pour cela, un suivi individualisé des élevages touchés a été mis en place. De plus, des investigations complémentaires (sondages sérologiques) ont été réalisées sur les élevages voisins volontaires, afin de s'assurer de l'absence de nouvelles contaminations. Un important travail de sensibilisation a également été effectué. Ce travail se poursuit aujourd'hui, avec la mise en évidence récente de nouveaux cas.

Anthony Loehr •

La gale ovine

Avec une circulation importante de la gale ovine à l'automne 2022 dans les départements des Pyrénées et de l'Aude, le Groupement de défense sanitaire (GDS) audois, en collaboration avec le laboratoire de Carcassonne, a émis une proposition de dépistage des troupeaux avant la montée estivale, afin de dépister systématiquement les animaux avant la transhumance. "Le problème avec cette maladie, c'est que le traitement n'est pas évident à mettre en place, car tous les animaux et les bâtiments doivent être traités le même jour. Or, s'il manque un seul animal, la maladie repart à la hausse. Un dépistage avant la montée permet de dire aux éleveurs s'ils ont besoin de traiter ou non les animaux dès le retour d'estive. Le but n'est pas de bloquer les animaux avant la période d'activité, mais simplement de faire de la prophylaxie et de la prévention", explique Yoann Mathevon, vétérinaire conseil et directeur du GDS de l'Aude.

Anthony Loehr •

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