France 18/09/2025
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10e édition du salon Tech&Bio

Bio, et maintenant, on fait quoi ?

La 10e édition du salon Tech&Bio va ouvrir ses portes les 24 et 25 septembre prochains à Valence. En pleine crise du pouvoir d'achat, des frémissements du marché laissent cependant espérer un léger mieux. Reste que les acteurs de la filière “naviguent à vue”. 

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France 18/09/2025
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SANDRINE FAUCOU, PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION 'BIO' DE LA CHAMBRE RÉGIONALE D'AGRICULTURE PACA

"On navigue à vue"

La récente démission du gouvernement suite au coup de poker de François Bayrou, lundi 8 septembre, ne va pas simplifier l'immobilisme ambiant. Toutes les entreprises doivent faire avec l'absence de stabilité depuis plusieurs années maintenant, et la filière bio ne déroge pas à la règle.

Sandrine Faucou, présidente de la commission 'bio' de la Chambre régionale d'agriculture Paca.

© Crédit photo : CZ

Comment est le moral des producteurs bio de la région en ce moment ?

Sandrine Faucou : "En berne. C'est compliqué : on cumule à la fois la problématique de la filière, une consommation chaotique, même si des signaux récents laissent espérer du mieux, le climat... Les producteurs bio ne sont pas plus épargnés que les producteurs conventionnels. Cela rejoint le moral du monde agricole général. Et cela s'ajoute à des années difficiles depuis le Covid, l'inflation... Évidemment, les problématiques diffèrent selon les territoires, même en région Paca. Chacun tente de garder la tête hors de l'eau."

 

Le bio a été malmené avec l'annonce de la suppression de l'Agence bio, puis un rétropédalage ministériel. Où en est-on aujourd'hui sur la pérennité de l'Agence ?

S.F. : "Pour être franche, on est un peu perdu, comme un peu toutes les organisations professionnelles agricoles, de ces va-et-vient incessants. Pour le bio, on a eu un électrochoc en janvier avec l'annonce de la suppression de l'Agence bio. Mais l'ensemble des familles agricoles a manifesté sa volonté de conserver la structure, collégialement et très rapidement. L'Agence bio, c'est une agence d'État qui réunit différentes familles agricoles. Ce n'est pas un outil syndical. Ses missions sont confiées par l'État pour donner le ton de la stratégie nationale de communication, collecter des données, de production, de conversion, de consommation par filière. Ce travail sert à l'ensemble des acteurs. Son utilité est réelle. Ce n'est pas une question d'être pour ou contre le bio. C'est un outil pertinent au service des filières qui donne une vision chiffrée de son marché. Et le fait que les filières se soient dressées comme un seul homme en janvier dernier en est la preuve."

 

Et sur le niveau des aides bio, notamment le fonds 'Avenir bio'... ?

S.F. : "Là c'est plus compliqué. Chaque ministère a vu sa feuille de route réduite, avec une baisse de budgets généralisée. Après, on n'a pas encore de projet de loi de Finances et la situation est nébuleuse. Quand on pose des questions, on n'a pas de réponse. On navigue à vue et, sur le terrain, les investissements sont bloqués. D'autant qu'on doit déjà faire avec la révision du fonds 'Avenir bio' [il a été divisé par 2, ndlr], avec des critères revus. On attend un feu vert qu'on n'a pas encore pour engager les actions de structuration des filières, de nouveaux projets, qui reviennent en général à la production et à la transformation, et se déroulent à l'échelle du projet et d'un territoire plus ou moins grand. C'est un fonds majeur, car il vient financer les acteurs économiques qui mettent en marche les projets sur les territoires et structurent les filières en région."

 

Qu'en est-il de la communication et de la campagne 'Bio réflexe' ?

S.F. : "En tant que présidente de la commission à l'Agence bio et au contact de différentes filières, je sais que la communication est un sujet œcuménique [universel, ndlr]. Et qu'il faut du temps au message pour percoler dans les différentes strates avant d'en voir concrètement les effets. Pour le bio, il faut de la pédagogie. Beaucoup de pédagogie. Les produits bio ont une image de produits chers.

Depuis 4 ans, l'Agence bio a fait plusieurs vagues de communication. Le premier intérêt est qu'elles ont permis de réunir les interprofessions concernées et de travailler avec l'écosystème bio dans son ensemble. Avec 'Bio réflexe', on a su fédérer les acteurs autour d'une campagne visant à inscrire le bio dans une économie générale, au bénéfice des consommateurs et de la planète, autour du mantra : 'Pour nous, pour la planète, pour nos producteurs locaux'. On a retravaillé cette campagne en 2024 pour venir soutenir la consommation, en berne, autour du slogan 'C'est bio la France', en misant sur la gastronomie et le plaisir, en mettant en scène les produits dans le quotidien. Cette campagne - disponible sur tous supports y compris, et c'est une première, pour la TV - est mise à disposition des interprofessions, des villes, des intercommunalités qui peuvent s'en emparer. Elle a démarré en mai et les premières remontées arrivent juste. On va regarder attentivement les chiffres car, en région notamment, le bio c'est 36% des surfaces, un quart des exploitations, 5 000 entreprises de transformation. Le bio est majeur dans l'agriculture, dans l'économie agricole, mais pas que. Le bio est une composante essentielle du poumon économique régional.

Le 23 septembre, une deuxième vague va être lancée au niveau national, dans le cadre de la 'Journée européenne du bio'."

 

Tous les fonds prévus par Marc Fesneau, alors ministre de l'Agriculture, ont-ils été versés pour cette communication ?

S.F. : "Il nous avait promis 3 fois 5 millions d'euros. À ce jour, nous n'avons aucune visibilité que c'est bien ce que nous aurons. Le ministère d'Annie Genevard nous a juste indiqué travailler à la recherche de financements. De son côté, l'Agence bio a déposé un dossier au niveau européen. On attend des 2 côtés une confirmation du ministère français. Espérons que nous pourrons poursuivre sur la lancée car, je me répète, pour le bio, il faut de la pédagogie et du temps. Mais pour l'heure, le ministère est muet. On ne nous répond pas et on ne sait pas. C'est difficile quand, en face, on doit faire passer ce message à des agriculteurs en plein désarroi. On navigue à vue, et personne n'a de réelles perspectives. Ce n'est pas juste le bio ou l'agriculture. C'est un peu général. On ne sait pas vers quoi on va."

 

Vous avez laissé entendre que la consommation reprenait un peu. Dans quelle mesure ?

S.F. : "Les derniers chiffres, dont je dispose, montrent sur les 6 premiers mois de l'année une croissance de 8% dans les magasins spécialisés, une dizaine de pourcents en vente directe. Mais on stagne a priori en grande distribution. Et nous avons toujours des marges de manœuvre en restauration hors domicile. Ce sont des tendances nationales et l'on sait que la vitesse de percolation vers la production est plus lente avant de voir une réelle reprise en valeur. En région Paca, nous avons par ailleurs un tissu de circuit court relativement dense, avec de nombreux magasins de producteurs, des marchés de plein vent... C'est une singularité de notre région qui, à des moments difficiles comme actuellement où l'économie est tendue, est une bonne chose. Tout comme le fait que nos exploitations soient diversifiées, avec des circuits courts et des circuits longs, qui permettent d'amortir les chocs."

 

Où en est le plan bio régional1 ?

S.F. : "Ce plan régional est une déclinaison du plan national 'Ambition bio'. L'idée était que chaque région se penche sur ses besoins et ses priorités. En région Sud, nous avons fait une première réunion en juillet 2024. C'était quelque chose d'important et de bon sens que de réunir l'ensemble des acteurs pour dresser une culture commune de nos filières, des intervenants, en termes de chiffres, de structuration pour travailler les différents maillons de la filière en coordination. Des ateliers ont suivi, et une présentation des projections a ensuite été faite, pour identifier et prioriser les actions à mener. Désormais, il faut arriver à passer à l'action pour rendre tout cela concret1, en finalisant ce plan et en mettant en place une gouvernance. La Draaf suit avec attention les priorités fixées2 et rappelées lors de la dernière édition de Med'Agri."

 

Faut-il selon vous une interbio régionale en Paca, pour relancer les liens entre les différents acteurs ?

S.F. : "À mon sens, pour être en lien avec ce qui peut se faire dans d'autres régions au niveau national, et dans le contexte actuel de réduction de financements, créer une interbio n'aiderait pas à avancer plus vite. Mais une bonne interconnaissance des acteurs, un partage des objectifs, une cohésion et une coordination entre filières, oui. On a déjà en région des structures qui font le job, un réseau technique efficient, des acteurs de la recherche, des entreprises de transformation. Et l'on vient de tenir la première réunion de la commission bio à la Chambre régionale d'agriculture sous la nouvelle mandature. Nous voulons travailler sur le chantier des références technico-économiques, dans la ligne droite de ce qu'a justement identifié le plan bio régional. Nous allons prochainement présenter la feuille de route de la commission au bureau de la Chambre régionale. Pour moi, recréer un maillon supplémentaire n'est pas pertinent, sauf à vouloir mobiliser des moyens financiers supplémentaires dans un contexte où justement, il y en a moins. Et ce n'est pas une interbio qui aidera à être plus opérationnel et efficace pour mener à bien les projets. En revanche, s'intéresser à des problèmes spécifiques, oui. Comment développer la consommation en local ? Quels services mettre en place pour soutenir nos entreprises sur l'export si elles en font la demande ? Mais reconstruire une autre structure ?... J'aurais l'impression de défaire des filières qui s'en occupent déjà. Il faut plutôt leur fournir des outils économiques et des données. Et avoir un peu de bon sens, sans reconstruire ce qui existe déjà dans les filières."

Sur le terrain, peut-on parler de déconversion ?

S.F. :"Non, on n'observe pas de déconversion massive en région. Mais il faut veiller à ce que les exploitations bio soient en capacité technique et financière d'assurer un revenu aux agriculteurs. On va être attentif à cette partie économique. Et rencontrer les différents acteurs de l'aval, pour avoir des partenariats équitables permettant de consolider les entreprises et sécuriser apports et revenus. Notre diversité, la coexistence dans une même exploitation d'ateliers bio et conventionnel, par exemple, est à mes yeux une force, qui permet justement de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour passer les caps difficiles comme ceux que nous connaissons actuellement." 

Propos recueillis par Céline Zambujo •
Occitanie 18/09/2025
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Mathieu Maury, président de l'Interbio Occitanie

"Le bio n'a jamais abandonné"

Alors que l'agriculture biologique a enchaîné, elle aussi, des crises qui l'ont profondément marquée, pas de défaitisme envisagé. À l'interprofession du bio occitan, il faut retenir le positif et s'armer pour un avenir combatif.

Mathieu Maury, éleveur à Mantet (66), est président du Civam bio 66 et d'Interbio Occitanie.

© Crédit photo : Justine Roquelaure / Hans Lucas

Comment se comporte l'agriculture biologique en Occitanie ?

Mathieu Maury : "Aujourd'hui, si les difficultés restent bien présentes, on peut souligner que la Région Occitanie se maintient à sa place de 1re région bio de France. Près d'un quart des producteurs sont en bio malgré la crise qui nous touche, avec des chiffres qui continuent d'augmenter - 597 754 ha en bio, dont 91 431 ha en conversion, et 14 659 producteurs, soit 4% d'augmentation entre 2023 et 2024 -, ce qui prouve une certaine appétence pour ce modèle de production.

Il y a eu quelques déconversions, principalement pour des personnes qui s'étaient engagées depuis 2015, grâce aux aides massives pour le bio. Mais pour les autres, beaucoup se sont accrochés et n'ont pas dérogé à leurs convictions.

Cela dit, la situation de l'agriculture bio dépend surtout de la consommation. Et la situation actuelle est un peu encourageante. Le marché de la vente directe se porte assez bien et nous observons une reprise dans les magasins spécialisés. Cette dernière est surtout liée au fait que les consommateurs déjà convertis ont réduit leur part de non bio, donc mathématiquement, la part de bio augmente. Il semblerait également que les GMS [Grandes et moyennes surfaces, ndlr] amorcent un rebond, mais les chiffres restent encore à analyser. A minima, la chute semble s'arrêter, ce qui est rassurant, car cela nous permet de capter de nouveaux consommateurs, ou 'consommacteurs', comme on peut parfois les appeler."

Le ministère de l'Agriculture a voulu supprimer l'Agence bio, quelles ont été les répercussions de cette annonce ?

M.M. : "En début d'année, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a voulu faire supprimer l'Agence bio. Une décision totalement incompréhensible car, non seulement il s'agit d'une instance qui nous permet de tous nous parler, mais en plus, ce serait oublier que pour chaque euro de l'Agence bio, ce sont 7€ d'investissement qui en découlent, qui viennent en soutien à la production de la part d'acteurs privés et publics. Nous avons eu la chance d'avoir de très nombreux soutiens, de toute la profession, mais aussi de politiques de tous bords.

Mais il faut croire que la ministre ne l'a pas digéré puisqu'après cela, nous avons eu droit à la suppression de 15 millions d'euros de budgets de l'Agence bio, qui a donné lieu à l'impossibilité de relancer de nouveaux projets. On purge les dossiers déjà engagés, mais rien de nouveau. C'est un vrai problème qui inquiète autant l'amont que l'aval. Les transformateurs se retrouveraient, par exemple, à ne plus pouvoir engager les modifications de leurs outils de production."

Donner de la visibilité au bio auprès des producteurs via la participation à des salons est-il aussi important que de communiquer pour le grand public ?

M.M. : "Oui. Entre Tech&Bio à Valence (26) et La terre est notre métier, un salon au Theil-de-Bretagne (35), nous avons la chance de disposer d'espaces dédiés à l'innovation, aux nouvelles technologies, avec des essais sur cultures pérennes... Nous avons besoin de ces laboratoires pour tirer l'agriculture vers le bio. Je crois que nous sommes dans un changement de paradigme, avec un secteur qui doit s'attacher à ne pas détruire la biodiversité, alors que celle-ci est déjà dans une voie de disparition massive.

"Nous allons dans le sens de l'histoire, et le fait que le bio commence à repartir nous donne raison"

Il est plus que jamais essentiel de montrer ce que l'on fait aux agriculteurs en système conventionnel, d'autant qu'ils sont de plus en plus nombreux à utiliser des produits bio, ou à eux-mêmes chercher à limiter leur impact sur leur environnement. Sur ces salons, les producteurs peuvent découvrir des choses fabuleuses que nous travaillons au quotidien, il suffit par exemple de voir ce qui est mis en place chez les lauréats du prix de l'innovation sur Tech&Bio. Pour cela, nous avons aussi la chance d'avoir derrière nous les organismes de recherche, ainsi que les centres de formation. C'est ça l'avenir."

En Occitanie, le bio est-il toujours porteur d'installation ?

M.M. : "Les chiffres ne sont évidemment pas les mêmes d'un département à l'autre, cela dépend notamment des filières. Quand je vois les chiffres de mon département des Pyrénées-Orientales, avant la crise, 80% des jeunes qui s'installaient le faisaient en bio. Aujourd'hui, malgré cette crise, ils sont toujours 60% à se lancer et à ne pas vouloir de cette image d'agriculteur empoisonneur qui, bien que fausse, a la vie dure malheureusement.

Le bio n'a jamais abandonné. Nous n'avons jamais abandonné. Nous allons dans le sens de l'histoire, et le fait que le bio commence à repartir nous donne raison." 

Propos recueillis par Manon Lallemand •
Occitanie 18/09/2025
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Économie

Des situations contrastées portées par un vent de reprise

L'Occitanie première région bio de France oui, mais dans les différents départements et selon les filières, la situation reste tendue. Entre accompagnement technique et soutien de la consommation, le bio n'a toutefois pas dit son dernier mot.

"Dans notre région, la dynamique est tirée par la vente directe et les magasins spécialisés. Ce qui est valable au national l'est donc encore plus chez nous, en sachant que nous sommes aussi moins dépendants des GMS", explique Nancy Fauré, directrice d'Interbio Occitanie.

© Crédit photo : ML

En Occitanie comme ailleurs, la filière bio traverse une crise importante liée à "un croisement entre une offre qui a augmenté et une demande qui a marqué le pas, quand elle n'a pas diminué", analyse simplement Nancy Fauré, directrice de l'association interprofessionnelle Interbio Occitanie. Entre certaines filières qui souffrent d'une baisse de consommation et la diminution des écarts de prix entre bio ou conventionnel, les producteurs s'interrogent.

Les derniers chiffres de l'agriculture biologique en Occitanie montrent que la région conserve sa 1re place en France, avec 597 754 ha en bio (dont 91 431 ha en conversion), et que la surface diminue légèrement (-1%, par rapport à 2023). Un chiffre qui s'explique par une diminution de 4% des surfaces en bio, "alors que les surfaces en conversion sont en augmentation de 16%", explique l'Interbio dans sa synthèse régionale des chiffres clés 20241.

Face à la reprise de l'aval, l'amont toujours en crise

Les premiers chiffres de 2025 semblent montrer une reprise de consommation en magasins spécialisés, ainsi qu'un arrêt de la chute pour les GMS (Grandes et moyennes surfaces). Pour ces dernières, "la situation reste très hétérogène en Occitanie, selon les enseignes et les zones de chalandise", met en garde Nancy Fauré. Mais la directrice d'Interbio Occitanie voit tout de même dans l'arrêt de la baisse de consommation sur ce circuit de distribution un point positif et espère que les GMS remettront ainsi des références en rayon.

"Ça c'est pour l'aval. En amont, la crise est toujours bien présente chez les producteurs. Les grandes cultures, l'élevage laitier et les viticulteurs récemment convertis sont les plus en difficulté", explique la directrice. Les fruits progressent encore un peu, quand le maraîchage s'adapte autant que possible à la demande. "Mais attention, l'augmentation des fourrages par exemple, ça ne veut pas dire que ça va bien. C'est plutôt lié à la situation des grandes cultures, avec des parcelles non cultivées", rappelle-t-elle. "Tout est une question d'équilibre économique qui va dépendre des systèmes d'exploitation."

Elle voit de l'espoir grâce au redémarrage de la consommation, mais se défend elle-même de crier victoire trop vite, ne manquant pas de souligner que si aujourd'hui le solde en Occitanie est encore relativement positif, l'année prochaine, les chiffres pourraient ne pas afficher la même chose : "On le voit d'ailleurs avec la situation de l'aval, qui décroît depuis 2021."

Une Occitanie qui pèse

Alors qu'au niveau national le marché se stabilise, "la hausse des ventes en magasins spécialisés bio, en vente directe et chez les artisans-commerçants compense la baisse des ventes bio en GMS", confirme la synthèse d'Interbio. "Le marché bio de la consommation à domicile est en légère reprise et enregistre une hausse du chiffre d'affaires de 0,8% par rapport à 2023. Il atteint 12,2 milliards d'euros (Mds€) en 2024."

Côté Occitanie, la croissance est portée à 2% avec un chiffre d'affaires de 1,4 Md€. "Dans notre région, la dynamique est tirée par la vente directe et les magasins spécialisés [respectivement +13,2% et +4,8%, ndlr]. Ce qui est valable au national l'est donc encore plus chez nous, en sachant que nous sommes aussi moins dépendants des GMS. Même si, évidemment, quand elles diminuent, nous le sentons aussi", détaille Nancy Fauré.

Renforcer la dynamique par des actions

Pendant des années, Interbio a donc œuvré à la structuration des filières bio. "Mais aujourd'hui la situation n'est plus la même." Si certaines actions se poursuivent dans le prolongement de ce qui a déjà été lancé auparavant, "on ne s'en sortira que si la consommation repart. Il est donc plus que jamais essentiel de s'adresser au grand public", insiste Nancy Fauré. Membre de l'Agence bio depuis 3 ans, Interbio Occitanie s'est adossée à cette dernière pour la communication, en déclinant notamment la campagne 'C'est bio la France' aux couleurs de l'Occitanie.

"Nous réalisons également des animations en magasins spécialisés depuis 2 ans et en GMS depuis cette année, au printemps. Il y avait une volonté de pousser l'alimentation locale, alors nous avons dit d'accord, mais pour la production locale et bio." Les animations devraient faire leur retour partout à l'automne : "Partout, car la diversification passe aussi par celle des circuits de distribution. Il est essentiel pour nous de mener des actions avec tout le monde."

De plus, Interbio Occitanie s'apprête à renforcer ses actions sur la restauration commerciale, toujours dans le même objectif. "De la sorte, nous nous donnons une chance d'être moins dépendants des GMS, même si elles continuent évidemment de peser", affirme la directrice.

Pousser vers une installation viable

Si la dynamique d'installation en bio est hétérogène dans la région, Nancy Fauré voit des raisons d'y croire. Il y a 2 ans, la région affichait encore 46% des installations en bio, soit près de la moitié. "Oui aujourd'hui il y a des diminutions, parce que les producteurs s'interrogent sur les marchés, et ils ont bien raison, mais il y a encore des installations."

"Si la recherche de valorisation à l'hectare est essentielle, il est absolument nécessaire que, lors de l'installation, chacun reste vigilant sur les modèles, les débouchés, la viabilité économique de l'exploitation, et ce, encore plus vu la situation actuelle du bio. Le temps où le bio pouvait se permettre de ne pas prêter attention à tout cela est révolu", analyse la directrice. Nancy Fauré l'affirme, si la région a progressé et est restée leader en bio, c'est qu'il y a des raisons, et que beaucoup de travail a été engagé. Mais des craintes restent palpables avec certaines filières. "Une récente étude du Cniel [Centre national interprofessionnel de l'économie laitière, ndlr] a par exemple souligné que d'ici 2 ans, il y avait des risques de pénurie de lait bio si trop de producteurs arrêtaient leur activité. Évidemment ça inquiète des établissements de l'aval", expose-t-elle.

Il faudra donc se démener et continuer à jouer sur 2 leviers essentiels : l'accompagnement technique des producteurs, "car non, ce n'est pas facile de produire bio et de continuer avec le changement climatique", et le maintien d'un soutien à la consommation. 2 volets indissociables pour permettre à l'ensemble de la filière bio de garder son avenir en main. 

Manon Lallemand •
PACA 18/09/2025
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économie

Le bio régional plie, mais ne rompt pas

Avec quelque 5 500 exploitations engagées sur le territoire régional et 33,5% de la SAU régionale en bio, la région Paca affirme une stratégie de production et ses filières s'engagent. Si la crise agricole vient fragiliser les trésoreries et les exploitations, notamment en viticulture et sur les plantes aromatiques, aucune déconversion majeure n'a encore été observée.

Seule la filière fruits et légumes affiche des conversions en baisse depuis 2022. Les autres filières sont soit stables, soit toujours avec une dynamique de conversion positive.

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Avec des vents contraires depuis plusieurs années, les incertitudes macroéconomiques et le contexte politique national (lire ci-avant), on ne peut saluer que la résilience des systèmes d'exploitation des entreprises agricoles régionales. D'après les indicateurs de suivi établis par la Chambre régionale d'agriculture, hormis les grandes cultures qui affichent une volatilité remarquée ces derniers mois - sans doute plus en raison du mouvement baissier affectant l'ensemble des grains - les autres filières sont dans une dynamique stable (PPAM), une croissance lente (élevage) et un maintien haut (viticulture) en termes de conversion. Seuls les fruits et légumes sont en baisse depuis 2022. Mais la filière représente environ 15% de la Surface agricole utile (SAU) régionale et environ 25% des surfaces en fruits et légumes sont conduites en bio. Des chiffres déjà élevés.

La viticulture bio, qui traverse actuellement une crise notable, pèse pour 10% de la SAU régionale et plus de 30% du vignoble de la région Sud. Avec 20 000 ha environ, les surfaces en PPAM bio pèsent environ 5% de la SAU régionale, et doivent, elles aussi, faire face à une crise affectant les trajectoires d'entreprise. Enfin, l'élevage (environ 50 000 ha) - globalement en recul au niveau national, hormis les brebis laitières (+1,7%) - et les grandes cultures (environ 15 000 ha) représentent respectivement moins de 10% et moins de 5% de la SAU régionale.

34% de la Surface agricole utile régionale est bio

D'après le portrait de la région présenté par la Draaf Paca au 10 janvier 2025 (publication Observatoire régional de l'agriculture biologique/Agence bio), la région Sud comptait 5 439 exploitations engagées en agriculture biologique en 2024, soit environ 34% de la SAU en mode biologique (certifiée ou conversion) pour un total de 209 300 ha (bio + conversion). Par rapport à 2023, 8 000 ha ont donc disparu. "Il s'agit essentiellement de cultures annuelles de type fourrage", précise Fabien Bouvard, chargé de missions AB à la Chambre régionale d'agriculture Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais surtout, ces chiffres confirment le leadership de Paca "en termes d'adoption régionale du bio, tant sur les surfaces que sur les exploitations engagées". En effet, au niveau national, la France dispose de 10,1% de sa SAU en bio (2,71 millions d'hectares, -2% par rapport à 2023) quand 14,9% des fermes (61 853 exploitations) sont engagées en bio (+1%).

Quant aux circuits de consommation en 2024, celle des ménages a augmenté de 0,8% en valeur et atteignait, en 2024, 12,2 milliards d'euros (Md€), avec une forte progression de la vente directe (+7,4%, 1,645 Md€ soit 13,5% des achats bio à domicile), mais aussi des magasins spécialisés avec +6,5%. À l'inverse, les achats en grande distribution reculent de 5,1% (avec 47,7% de part de marché). Circuit à fort potentiel de développement, la Restauration hors domicile (RHD) montre des frémissements : +3,3% (501 millions d'euros) pour la restauration collective ; +7,7% (325 M€) pour la restauration commerciale, soit un total de 826 M€ (8%).

"Nous constatons que la région Sud creuse l'écart avec la moyenne nationale, tant en termes de surface que de taux d'engagement agricole, puisque 34% de la SAU régionale est bio, contre environ 10% au niveau national. Un quart des exploitations sont en bio, contre environ 15% au niveau national", résume Fabien Bouvard.  

Céline Zambujo •
France 18/09/2025
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Interview

"L'innovation est partout sur Tech&Bio"

Tech&Bio revient pour une 10e édition, mercredi 24 et jeudi 25 septembre à Bourg-lès-Valence (26), sur les terres du lycée du Valentin. Le point avec Bertrand Chareyron, directeur du salon Tech&Bio.

Bertrand Chareyron, directeur du salon Tech&Bio.

© Crédit photo : CLAD26

La crise actuelle impacte-t-elle cette 10e édition de Tech&Bio ?

Bertrand Chareyron : "La crise du bio, ou plutôt la crise du pouvoir d'achat des consommateurs, impacte l'ensemble des acteurs de l'amont à l'aval. Cela affecte aussi une partie de l'organisation du salon. Si quelques concessionnaires ont décidé de ne pas exposer cette année, la plupart ont choisi de venir à Tech&Bio pour accentuer leur visibilité. Cette crise nous a conduits à mettre davantage en avant la valorisation des produits bio. Hier, était à la recherche de la productivité. Aujourd'hui, il faut travailler sur la valeur ajoutée aux produits."

 

Qu'avez-vous prévu sur la valorisation des produits bio ?

B.C. : "Le 24 septembre après-midi, lors des 'Rencontres filières et marchés bio', plusieurs experts nationaux animeront un temps d'échange sur l'état des marchés du bio. Par ailleurs, j'incite fortement les agriculteurs à se rendre sur 'L'espace sourcing et débouchés', pour rencontrer transformateurs et distributeurs à la recherche de matière première, nouer des premiers contacts pour de futurs partenariats commerciaux, améliorer ses débouchés, et donc ses revenus."

 

D'autres temps forts ?

B.C. : "L'innovation est partout sur Tech&Bio, sur tous les pôles et toutes les filières. Cela nécessite donc de bien préparer sa visite. Chaque visiteur doit venir avec ses questions et ses idées concrètes. Pour ce faire, le site internet et l'appli Tech&Bio sont d'excellents moyens de préparer sa venue au salon."

 

Que dites-vous à ceux qui hésiteraient à venir ?

B.C. : "Que Tech&Bio est le moment pour venir échanger avec des interlocuteurs capables de les aider dans toutes les questions qui se posent sur leur exploitation. Les sujets ne manquent pas."

 

Pour cette 10e édition, qu'avez-vous prévu de spécifique ?

B.C. : "À la création du salon en 2007, nous avons commencé très humblement pour répondre à aux problématiques techniques des agriculteurs drômois. Aujourd'hui, Tech&Bio est un salon international avec la présence d'exposants européens et de visiteurs des 5 continents. Pour cette 10e édition, les visiteurs pourront découvrir la 'Bulle de l'innovation', rétrospective qui proposera de remonter le temps. Nous aurons aussi la présence du vice-président de la Commission de l'agriculture au Parlement européen, le Français Éric Sargiacomo, lors d'une table ronde sur le 'Décryptage des leviers européens', jeudi 25 septembre à 9 h 15."

Propos recueillis par Christophe Ledoux •
PACA, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie 18/09/2025
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Pôle arboriculture

Explorer la résilience des vergers

De nombreux projets de recherche et d'expérimentations en arboriculture seront présentés. Sans oublier des outils et solutions innovantes en démonstration comme ce tout nouveau système de dépose mécanique de la glu.

Le verger implanté sur le site de Tech&Bio, au lycée Le Valentin, servira de support aux démonstrations.

© Crédit photo : Tech&Bio

L'arboriculture sera concernée par 3 conférences. L'une portera sur la pulvérisation en verger bio afin d'optimiser l'application pour plus d'efficacité. "Suivra une démonstration pour vérifier la qualité de la pulvérisation et l'ajuster avec le Dropsight", précise Claire Goral, conseillère à la Chambre d'agriculture de la Drôme et référente du pôle arboriculture de Tech&Bio.

3 projets sur le matériel végétal

Une seconde conférence portera sur l'adaptation du matériel végétal pour une arboriculture bio plus résiliente. "3 projets de recherche innovants seront présentés. Le projet 'InnoBreed' présentera l'évaluation de la sensibilité variétale aux maladies au sein de la Core collection abricotiers de l'Inrae. Le projet 'Fruidiv' explorera l'apport des espèces sauvages pour élargir la palette génétique et améliorer la résistance des arbres fruitiers. Enfin, le projet 'BioFruiti' partagera les résultats d'une démarche de co-construction d'itinéraires techniques en pépinière fruitière biologique", indique Claire Goral. "Il s'agit de 3 approches complémentaires pour construire les vergers bio de demain."

Une troisième conférence intitulée 'Verger bio : repenser les systèmes pour des performances durables' présentera 3 expérimentations menées sur le terrain : le projet 'Mirad' (maîtrise des intrants et des résidus phytosanitaires pour des vergers d'abricotiers plus durables), le projet 'Empusa' (bilan de 10 ans d'expérimentation sur un modèle agroforestier combinant fruitiers et maraîchage) et le projet 'Eceauplant', qui fera un focus sur les techniques innovantes de semis direct des arbres fruitiers pour renforcer leur capacité à s'adapter au manque d'eau et aux restrictions d'irrigation.

Des thèmes très variés

Sur le pôle arboriculture, plusieurs ateliers exploreront des solutions diverses. Ainsi, des outils innovants de désherbage mécanique seront présentés pour maîtriser l'enherbement en verger bio. "Un autre atelier présentera des essais pour bloquer les fourmis en vue de la régulation du puceron cendré", indique Claire Goral. Autre essai à découvrir : les alternatives au Spinosad sur anthonome du pommier et du poirier. Par ailleurs, des recherches appliquées menées à l'Inrae sur la lutte biologique par acclimatation contre des ravageurs en arboriculture (carpocapse des pommes, Drosophila suzukii, Halyomorpha halys) feront l'objet d'un autre atelier. L'agrivoltaïsme dynamique sera aussi au programme afin de mieux comprendre ses impacts en arboriculture.

D'autres ateliers porteront sur le pâturage dans les vergers de noyer, l'agroforesterie fruitière, les conditions de réussite d'une truffière, la réalisation d'un bilan carbone de son exploitation, le rôle et la préservation des abeilles.

Du côté des démonstrations, un tout nouveau système de dépose mécanique de la glu arboricole (EasyCol) pour combattre la propagation des forficules sera présenté lors des 2 jours du salon. "La glu est appliquée sur le tronc par 2 brosses à entraînement hydraulique", précise Claire Goral. Une autre démonstration expliquera comment réintroduire durablement des populations d'osmies, rousses et cornues, 2 pollinisateurs hors pair pour les vergers. À noter encore, une démonstration de robot de tonte, le Vitirover à la suite d'un atelier sur les alternatives au désherbage chimique. 

Christophe Ledoux •
France 18/09/2025
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Pôle irrigation

Focus sur l'optimisation de l'irrigation

Bilan hydrique, sondes capacitives et amélioration du stockage de l'eau dans le sol seront les 3 thèmes abordés au Tech&Bio.

Des pivots permettant de moduler la dose d'eau en fonction du type de sol seront présentés sur le pôle irrigation de Tech&Bio.

© Crédit photo : AD26

Pour la seconde fois, Tech&Bio accueillera un pôle irrigation. "Nous serons trois conseillers pour évoquer des points en lien avec l'optimisation de l'irrigation", explique François Dubosc, conseiller à la Chambre d'agriculture de la Drôme et référent du pôle.

Thierry Bordin, référent irrigation à la Chambre d'agriculture Centre-Val de Loire, présentera l'outil 'Net'Irrig', créé dans le cadre d'un partenariat entre la Chambre d'agriculture du Loiret et la société Seabex. Basé sur le calcul du bilan hydrique, cet outil d'aide à la décision, largement utilisé dans le réseau des Chambres d'agriculture, permet de positionner le tour d'eau au plus près du besoin en eau de la culture.

"Thierry Bordin présentera des pivots qui permettent de moduler la dose d'eau en fonction du type de sol de la parcelle irriguée", précise François Dubosc. "Quand l'agriculteur a des sols très hétérogènes, cela permet d'en tenir compte et d'ajuster l'irrigation afin d'éviter le gaspillage."

Importance du sol dans la gestion de l'eau

Sur le pôle, seront également présentés des essais en cours pour déterminer les besoins en eau des cultures moins connues, comme la lentille. Par ailleurs, Éric Faure, conseiller spécialisé en irrigation à la Chambre d'agriculture des Pays de Loire, détaillera l'utilisation des sondes capacitives qui permettent de mesurer l'humidité du sol et la quantité d'eau qui y est présente.

"De mon côté", ajoute François Dubosc, "j'évoquerai l'importance du sol dans la gestion de l'eau. C'est-à-dire selon les différents types de sols, comment les cultures utilisent l'eau dans le sol, une eau mobilisable et gratuite. Et comment on peut améliorer le stockage de l'eau dans le sol."

Des conférences sont également prévues avec Arvalis et les Chambres d'agriculture sur l'apport d'eau selon le principe "la bonne dose au bon moment". Les travaux de l'Inrae sur l'importance du non-labour, de l'effet couvert pour améliorer le stockage de l'eau dans le sol seront également présentés. 

C.L. •
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Pôle numérique et agriculture de précision

L'IA, la robotique, les drones...

Robotique, drone, intelligence artificielle... font désormais partie de l'environnement agricole. D'autres peuvent le devenir comme Débitdouille, à construire soi-même.

L'évolution de la règlementation sur l'usage des drones pour l'épandage de produits phytosanitaires sera l'un des thèmes abordés.

© Crédit photo : CL/AD26

Au Tech&Bio, deux conférences seront en lien avec les nouvelles technologies. La première, mercredi 24 septembre à 15 h, aura pour thème 'Robotique et IA : comment améliorer la gestion de la vigne'. L'occasion de présenter un projet européen sur l'intégration de la robotique et de l'IA dans le pilotage de la culture de la vigne. Le lendemain, jeudi 25 septembre à 16 h, une conférence portera sur l'évolution de la règlementation sur l'usage des drones pour l'épandage de produits phytopharmaceutiques. Seront également présentés des résultats d'études sur la dérive et la qualité de la pulvérisation.

"Sur le pôle, au cours des deux jours, nous aurons une dizaine d'ateliers", indique Benoît Chauvin-Buthaud, ingénieur à la Chambre d'agriculture de la Drôme.

Une dizaine d'ateliers proposée aux visiteurs

Parmi les thèmes abordés, le système 'Débitdouille', présenté par la Chambre d'agriculture de l'Hérault. Auto-construit, il permet de suivre les paramètres de pulvérisation en temps réel : la pression du circuit, les débits des sections, la vitesse d'avancement.

Autre atelier, la présentation d'une barre de guidage GPS spécialement conçue pour les traitements en vignes et vergers et développée par la chambre d'agriculture du Gard.

En élevage, un atelier sera consacré à 'AgrifoodTEF', dispositif européen pour accompagner les agriculteurs dans le développement de solutions d'intelligence artificielle et de robotique. À noter encore, une présentation sur la télédétection par drone en vigne par une entreprise tchèque.

L'Espagne représentée

En complément des conférences, des drones d'épandage seront présentés sur le pôle. Par ailleurs, "l'Université de Catalogne viendra présenter la plateforme européenne 'Renovate', qui regroupe de manière ludique les meilleures applications utiles en agriculture dans le domaine de l'optimisation de la protection des plantes", fait remarquer Benoît Chauvin-Buthaud. "Sans oublier les outils d'aide à la décision à partir d'imagerie satellitaire proposés dans le logiciel Mes Parcelles." 

Christophe Ledoux •
France 18/09/2025
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Pôle grandes cultures

Un programme chargé !

Régler une herse étrille à ressorts, s'informer sur les dernières avancées concernant les couverts permanents fauchés, comment bien démarrer en agriculture biologique de conservation... Voilà quelques-uns des thèmes du pôle grandes cultures.

À voir, une démonstration de réglage de herse étrille à ressorts sur des stades de culture "très délicats" en lin, lentilles, maïs, tournesol, soja.

© Crédit photo : LoranG76 / FranceAgriTwittos

"Le programme est assez dense sur notre pôle avec huit interventions par jour", confie Olwen Thibaud, conseillère grandes cultures bio à la Chambre d'agriculture de l'Isère et référente régionale.

S'agissant des conférences, celle de mercredi 24 septembre à 11 h a pour thème 'Démarrer en agriculture biologique de conservation'. La conférence présentera des solutions concrètes et proposera également une comparaison des impacts de trois systèmes de cultures : en conventionnel, en Agriculture de conservation des sols (ACS) et en agriculture biologique. Le même jour à 15 h, une autre conférence évoquera 'La biodiversité non cultivée au service de l'agriculteur'. Seront notamment présentés les effets des aménagements parcellaires sur la biodiversité, comparés à des parcelles témoins. Une troisième conférence s'intéressera, jeudi 25 septembre à 15 h, aux dernières avancées en matière de couverts permanents fauchés en inter-rang de cultures principales.

À noter encore, "une conférence sur les filières et marchés en grandes cultures bio, sur le pôle le mercredi à 15 h et sous forme de conférence le jeudi à 11 h", précise Olwen Thibaud.

Démonstration, expérimentations

Une démonstration de réglage de la herse étrille à ressorts sur des stades de culture "très délicats" de plantes diverses (lin, lentilles, maïs, tournesol, soja) sera organisée mercredi à 14 h et jeudi à 13 h 45. "Les deux jours, à 13 h 30 mercredi et 10 h 30 jeudi, nous proposerons aussi un focus alerte sur la carie du blé, car il y a eu pas mal de soucis cette année", ajoute Olwen Thibaud.

À noter encore, des sujets divers : sur les itinéraires de cultures en lentilles, pois-chiches et orge brassicole ; sur la filière blé meunier locale ; sur la création d'un atelier de transformation à la ferme ; sur la fertilisation du colza.

Des projets d'expérimentation seront aussi présentés : sur les couverts permanents fauchés, les semis sous couvert de culture de céréales, le sans-labour en bio, sur l'association de céréales et de protéagineux, la régulation des bioagresseurs par les associations de cultures. Mais encore sur comment générer les apports en phosphore et potasse avec la calculette'PhosphoBio', la rotation des grandes cultures sans apport de fertilisants, la relation entre apiculture et grandes cultures.

Christophe Ledoux •
France 18/09/2025
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Pôle Maraîchage

Une planteuse sur mulch épais en démo

À ne pas manquer, la démonstration d'une planteuse sans équivalent en France. À suivre aussi des ateliers et conférences sur des thèmes variés.

La planteuse MulchTec permet de planter les cultures directement dans un mulch épais.

© Crédit photo : Live2give GGmbH

Maëlle Depriester, conseillère en productions légumières à la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire et référente du pôle maraîchage, met l'accent sur la démonstration de la planteuse 'MulchTec' de l'entreprise Allemande Lieve2give. "Cette machine n'a pas d'équivalent en France. Elle permet de planter les cultures directement dans un mulch épais, sans travail du sol."

La pénibilité en question

En parallèle de cette démonstration organisée mercredi 24 (de 15 h à 15 h 30) et jeudi 25 (de 12 h à 12 h 30), 2 ateliers sont à suivre : l'un sur 'Les paillages organiques : alternative au plastique ?', le jeudi 25 septembre de 10 h à 10 h 30 ; l'autre, de 11 h 30 à 12 h 30, sur le thème 'Maximiser la couverture des sols en maraîchage'.

Toujours sur le pôle maraîchage de Tech&Bio, un atelier sur la pénibilité suivi d'une démonstration d'exosquelette est programmé le mercredi 24 septembre de 10 h 30 à 12 h. Le même jour de 14 h à 14 h 30, un autre atelier portera sur la modification du système dérogatoire pour les semences potagères, avec l'intervention d'Antoine Robert (INAO). Et de 17 h à 17 h 30, Sébastien Picault (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes, CTIFL) animera un atelier sur 'Les plantes de services et régulation des pucerons : succès, opportunités et des pièges à éviter'.

Installation, adaptation, biodiversité

Des conférences sont également prévues. L'une sur l'utilisation de la biodiversité fonctionnelle pour lutter contre les ravageurs des cultures maraîchères (mercredi de 16 h à 17 h), avec les interventions de Jérôme Lambion (Groupe de recherche en agriculture biologique), Pierre Lasne (CTIFL) et Anthony Ginez (Aprel). La seconde porte sur l'adaptation au changement climatique (jeudi de 14 h à 15 h) avec les interventions de Charlotte Berthelot (CTIFL), Maxence Desmul (CTIFL) et Sylvain Gérard (Comité départemental de développement maraîcher).

À noter encore, le jeudi 25 de 15 h 30 à 16 h, un atelier sur le thème 'Créer son entreprise en maraîchage biologique diversifié - améliorer son outil de production'. "Cet atelier, animé par la Chambre d'agriculture de Nouvelle Aquitaine, propose un parcours en formation digitale associé à des livrets très complets en maraîchage biologique, avec beaucoup de données", précise Maëlle Depriester. "Cela vise les gens en réflexion sur une installation, quel que soit leur lieu puisqu'il s'agit d'une formation à distance."

Et comme à chaque édition de Tech&Bio, des démonstrations organisées par des entreprises (plantation, binage, entretien...) seront accessibles sur le parcellaire dédié. 

Christophe Ledoux •
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Pôle matière organique et fertilité des sols

Scanner la vie racinaire

Observer la dynamique racinaire et la vie du sol avec un scanner est désormais possible. Cette innovation sera présentée à Tech&Bio.

Photo prise avec Scanorhize® : un Symphile (invertébré) se retournant après avoir mangé une racine.

© Crédit photo : Christophe Jourdan-Cirad

Connaître la vie du sol en profondeur, sans la perturber est désormais possible avec l'outil Scanorhize®, une innovation issue de l'unité mixte de recherche Eco&Sols, associant l'Inrae, l'IRD, Institut Agro Montpellier (ex-SupAgro) et le Cirad.

Outil exploratoire

Il s'agit d'un scanner connecté, autonome en énergie, automatique et enfoui, qui permet de visualiser en continu la croissance des racines, des champignons, de l'activité de la faune du sol et, globalement, les interactions biologiques dans le sol. "Cet outil exploratoire sera présenté sur le pôle maraîchage jeudi 25 septembre à 11 h", annonce Sabrina Bourrel, conseillère bio à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme et référente régionale agronomie.

De façon générale, sur la partie matière organique, "le fil rouge consistera à connaître les produits organiques qui existent, leurs intérêts agronomiques en termes de nutrition des plantes ou de structuration du sol", précise Sabrina Bourrel. Plusieurs intervenants évoqueront l'intérêt des composts, des digestats, des résidus de bois broyés. "Des échantillons seront à voir sur le pôle et un quiz permettra aux visiteurs, tout au long de la journée, de mieux connaître les propriétés des produits organiques", ajoute la conseillère.

De plus, sur la partie fertilité des sols, des profils de sols commentés seront organisés chaque jour à 10 h 30. Mercredi et jeudi à 15 h, un atelier sur la faune du sol évoquera le rôle des insectes et autres animaux.

C.L. •

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SANDRINE FAUCOU, PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION 'BIO' DE LA CHAMBRE RÉGIONALE D'AGRICULTURE PACA

"On navigue à vue"

18/09/2025

Mathieu Maury, président de l'Interbio Occitanie

"Le bio n'a jamais abandonné"

18/09/2025

Pôle arboriculture

Explorer la résilience des vergers

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Pôle irrigation

Focus sur l'optimisation de l'irrigation

18/09/2025

Pôle numérique et agriculture de précision

L'IA, la robotique, les drones...

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Pôle grandes cultures

Un programme chargé !

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Pôle Maraîchage

Une planteuse sur mulch épais en démo

18/09/2025

Pôle matière organique et fertilité des sols

Scanner la vie racinaire

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