Hérault
Installé en 2021, à Saint-Chinian, Alain Limauge s'est reconverti dans le vin, en reprenant, en famille, le Château de Gragnos. Retour sur une reconversion professionnelle étonnante, et une aventure en "équipe".
Alain Limauge
© Crédit photo : FG
Avec son air tranquille et sa diction posée, on est à mille lieux d'imaginer qu'Alain Limauge puisse avoir le goût de l'aventure et des expériences radicales. Mais les apparences sont souvent trompeuses. Cet homme en est une parfaite illustration. Venu tout droit de Belgique, après une vie d'entrepreneur bien remplie, Alain Limauge, avec le soutien de sa famille, a décidé de "réinventer" sa vie à 59 ans, en achetant, en 2021, un domaine viticole, à Saint-Chinian, le Château de Gragnos, pour se lancer dans le métier de vigneron. Un coup de folie à l'aube de la soixantaine ? Non, rien de tout cela car, depuis toujours, il a eu envie de réaliser un projet agricole, "si possible dans le vin", raconte-t-il.
Le vin est entré dans sa vie par l'intermédiaire de son grand-père, qui venait régulièrement à Beaune, en Bourgogne, pour acheter des vins en fût, mis ensuite en bouteille en famille pour leur consommation personnelle. Le vin devenant très vite une passion, plus tard, celui qui n'imagine pas encore devenir vigneron suit des cours du soir en œnologie. Et, dans cette même logique de faire les produits qu'il aime, il cultive, avec femme et enfants, un potager dans le Brabant, car "produire et manger des produits qui viennent de la maison, cela a toujours compté chez nous, comme la vie à la campagne", confie-t-il.
Sa passion pour la terre, la biologie et la chimie poussent Alain Limauge à se lancer dans des études d'ingénieur agronome. L'époque étant à l'humanitaire, il s'envole vers l'Égypte pour participer à la construction d'une école dans des bidonvilles, puis part en coopération de développement en Algérie, dans le cadre de son service militaire. À son retour, il trouve un travail dans une banque internationale, avant de fonder, quelques années plus tard, son entreprise. Toutefois, l'envie d'avoir sa propriété viticole ne disparaît pas pour autant jusqu'à s'imposer il y a une dizaine d'années, à l'orée de la cinquantaine.
Sans se hâter, il commence à chercher le domaine qui pourrait répondre à son désir et à celui de sa famille, en France, au sud de la Loire. C'est en 2020 qu'il trouve son bonheur, au Château de Gragnos, à Saint-Chinian. Après avoir vendu son entreprise, il s'y installe en janvier 2021, avec l'adoubement de son épouse, Patricia, et de leurs trois enfants, Augustin, Victor et Céline qui, comme lui, tombent sous le charme de cette propriété, fondée en 1710 sur une ancienne villa romaine, entourée de garrigues, de bois, et de vignes parfaitement intégrées dans la nature. "Ce qui m'a tout de suite plu dans cette région, c'est son côté naturel et, en même temps, qu'elle soit investie par le travail de ses habitants, qui ont participé à sa préservation", raconte-t-il.
Si les vignes du Château de Gragnos ne sont pas en déshérence, et que le caveau existant dispose de matériel de vinification en bon état, il y a néanmoins beaucoup à faire tant sur le foncier immobilier que sur les abords de la propriété. Mais le chantier qui s'annonce, pourtant titanesque, n'intimide nullement Alain Limauge. Et de s'attaquer, dès son installation, à la construction de la future maison familiale, à la restructuration du vignoble et au chai.
En droite ligne de leur amour pour la nature, Alain et son épouse, Patricia - qui organise depuis plus de 30 ans une fête des plantes et des jardins, 'Les Jardins d'Aywiers', non loin de Bruxelles -, décident d'emblée de convertir leurs vignes en agriculture biologique. "Pour nous, cela ne faisait pas sens d'utiliser des produits chimiques, alors qu'il y a des alternatives qui fonctionnent bien comme l'agriculture biologique, surtout dans le Sud de la France du fait de son climat. Je ne dis pas que c'est facile ici d'en faire, mais force est de constater que l'on ne rencontre pas de difficultés particulières", commente Alain Limauge. Désherbage mécanique, couverts végétaux un rang sur deux et confusion sexuelle sur toutes les parcelles sont introduits. Le passage en biodynamie sera la prochaine étape mais, là encore, sans précipitation. Pour étoffer la gamme des cépages (syrah, grenache, merlot, carignan, viognier et muscat à petits grains) plantés sur les 17 ha de la propriété, le couple décide d'acquérir 11 ha supplémentaires, dont 3 ha de mourvèdre et 8 ha dans lesquels il plante principalement de la marsanne, de la roussanne et du grenache blanc. "Le mourvèdre est parfait dans les assemblages pour des rouges et très intéressant pour les rosés", indique le vigneron. Quant aux cépages blancs, ils s'y sont lancés en raison de la forte demande sur cette couleur.
Côté cave, "on ne fait rien de très sophistiqué", assure-t-il. Ce qu'il recherche ? "Des vins plus sur le fruit et plus spontanés. On n'utilise aucun intrant et on met très peu de bois, voire pas du tout la plupart du temps." De ce grand jardin qu'est la vigne, ils ont créé quatre cuvées (dont trois en AOP Saint-Chinian), dont la dernière,'Bout du monde', élevée durant 15 mois en cuve ovoïde, qui fait la part belle aux fruits rouges et aux notes épicées. Une nouvelle cuvée, élevée en fût de chêne durant 18 mois, sortira sous peu. Ne reste plus qu'à lui trouver son nom de baptême faisant écho à ce"bout du monde" qui ressemble à leur idée du paradis sur terre.
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