Confédération paysanne du Var
Dès potron-minet le 8 janvier, au Luc-en-Provence, une quarantaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne du Var ont bloqué entrées et sorties de la plateforme logistique de l'enseigne Leclerc pour défendre le revenu agricole.
Le 8 janvier au Luc, les militants de la Confédération paysanne du Var se sont mobilisés pour défendre le revenu agricole.
© Crédit photo : GL
En bloquant l'arrivée et la sortie des camions le 8 janvier sur la plateforme logistique Leclerc du Luc-en-Provence, la Confédération paysanne a voulu cibler "les prédateurs de la valeur du travail des paysans", explique Nina Lejeune, co-porte-parole du syndicat départemental. "Tous ceux qui spéculent sur le marché alimentaire font du bénéfice sur le dos des paysans qui sont les derniers payés. Et il ne faut pas croire que ça profite au consommateur. Au contraire, car l'agriculture à bas coût coûte cher en financement public, en qualité et en impact environnemental. Les seuls gagnants ce sont les intermédiaires de la grande distribution et de l'industrie agroalimentaire, qui font de la marge en distribuant des produits de mauvaise qualité", développe l'agricultrice.
La Confédération paysanne réclame entre autres "l'interdiction des surmarges en aval des industriels et de la grande distribution", exige la fin des accords de libre-échange, dont le Mercosur, et demande la mise en place de prix minimum d'entrée pour les produits d'importation. "Cela va nous plonger encore plus durablement dans la crise de commercialisation que l'on connaît", avertit Christophe Benvenuto, apiculteur du Var. "En France, on ne produit que la moitié des miels que l'on consomme, il n'y a donc pas de problème de surproduction. Il y a surtout un problème de fraude généralisée, qui permet de faire entrer des miels de qualité douteuse à bas prix", estime Samuel Bettex, l'un de ses confrères des Alpes-de-Haute-Provence. "Les importations augmentent et, en parallèle, les prix de ces miels ont explosé dans les rayonnages des supermarchés. On appauvrit les producteurs tout en vendant plus cher des produits de piètre qualité aux consommateurs", dénonce Christophe Benvenuto.
"Ces accords organisent la concurrence déloyale et pénalisent les paysans ici, mais aussi ceux des pays importateurs. La réponse n'est pas de baisser les normes sociales et environnementales qui vont dans le bon sens, au contraire. Il faut des prix rémunérateurs", défend Nina Lejeune.
Pour son syndicat, le revenu agricole reste donc central. Et la Confédération paysanne réclame des mesures structurelles et souhaite notamment l'instauration de prix minimum garantis tenant compte des coûts de production, de la rémunération du travail et de la protection sociale.
"Une répartition équitable" des aides du premier pilier de la Pac figure également parmi les revendications de la Confédération paysanne, qui est en faveur d'une "aide à l'actif plutôt qu'à l'hectare".
Bien sûr, en pleine campagne des élections professionnelles, il s'agit aussi de défendre. "L'enjeu par rapport aux élections est de se rendre visible intelligemment, pas en éructant contre la cible facile qu'est l'administration", déclare Vincent Arcusa, tête de liste du syndicat dans le département.
Pour lui, tout converge vers la question du revenu. "Il faut pouvoir se projeter pour développer l'agriculture du territoire. Pour cela, nous souhaitons travailler avec toutes les structures afin d'installer plus de paysans et de paysannes, et pour que les outils de travail ne disparaissent pas avec les départs en retraite. Il y a beaucoup à faire sur la transmission, car quand on a un revenu de misère, on a aussi une retraite de misère et, bien souvent, l'outil de travail qu'est le foncier est le seul pécule dont on dispose. Pour nous, il faut privilégier l'accompagnement à l'agrandissement, c'est vital. Il faut aussi structurer les filières en développement, notamment les filières alimentaires, et multiplier les outils collectifs pour soutenir les paysans et répondre aux besoins du territoire", plaide-t-il. "Et puis, il faut être cohérent par rapport à ce que le territoire peut produire et vendre, notamment pour le monde viticole, qui commence à avoir du mal à commercialiser ses vins sans être encore dans le dur de la crise", ajoute Vincent Arcusa.
Installer et défendre le revenu agricole, c'est aussi "favoriser l'accès à des produits de qualité au plus grand nombre", poursuit Nina Lejeune. "Aujourd'hui, on déplore que les politiques agricoles soient complètement décorrélées des politiques alimentaires. Nous, on demande la mise en place d'une sécurité sociale de l'alimentation pour le bien de tous", achève la paysanne.
ICI
Votre encart
publicitaire !
Cluster Provence Rosé
PAYSANS DE DEMAIN
Vins IGP

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner