On dénombre quelque 160 manades en Camargue, dont 120 font partie de la Fédération des manadiers. 82 d'entre elles sont assurées auprès de Groupama Méditerranée, faisant du groupe le principal assureur de ces élevages.
Multipliées par cinq depuis le 1er janvier, les cotisations des manades pour assurer leurs “jeux taurins” font réagir les intéressés. Les manadiers camarguais ont du mal à digérer l'augmentation de tarif. Sur les 160 manades dénombrées en Camargue, 120 font partie de la Fédération des manadiers. 82 d'entre elles sont assurées auprès de Groupama Méditerranée, au titre de la responsabilité civile couvrant “tous les dommages causés par les taureaux dont le manadier est propriétaire, y compris dans le cadre de manifestations publiques”, avec la garantie optionnelle des “jeux taurins”, précise l'assureur. Seulement, en raison des accidents corporels recensés lors des abrivados ou bandidos, le principal assureur des manadiers a pris en charge, depuis 2013, “plus de 6?millions d’euros (M€) de sinistres”.
A l'annonce de cette réévaluation des cotisations, en novembre 2019, la Fédération des manadiers n'a pas tardé à faire part de son inquiétude quant à l'avenir de certaines structures, à l'équilibre économique déjà fragilisé. Pour son vice-président, Bérenger Aubanel, c'est tout un métier et ses traditions qui sont mis à mal, voire en train de s'éteindre. Des pistes sont pourtant envisagées.
Sinistralité et responsabilité
“Tout le monde est concerné”, clame Bérenger Aubanel en ce début de mois de janvier. Accusant le coup de l'augmentation de la cotisation concernant les jeux taurins, le vice-président s'inquiète de cette hausse, multipliée, selon les dossiers, “par cinq ou par sept”, pour le volet responsabilité civile des manades. “Pour certains, la cotisation passe de 1 500 à 9 000 €”, estime-t-il. Sept manades se retrouveraient actuellement sans assureur, en Provence comme dans l'Hérault.
“Notre problème vient du fait que nous sommes soumis à l'article 1385 du Code civil (aujourd'hui article 1243, ndlr)”, selon lequel “le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est responsable du dommage que l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût égaré ou échappé”.
Bérenger Aubanel évalue à quelque 70?manades qui pratiquent ce genre de courses, engendrant régulièrement des accidents. “3 500 abrivados ont lieu chaque année, en Occitanie et en Provence, causant une dizaine d'accidents.” Le manadier reconnaît le trop grand nombre d'entraves, notamment lorsque des jeunes “installent des bâches” sur les parcours, perturbant le défilé des manadiers à cheval et des taureaux. En cas de sinistres sur des personnes, la Fédération des manadiers ne souhaite plus “que la loi se retourne contre nous”, déclare son vice-président, proposant même une modification du texte de loi, qui distinguerait “un spectateur actif d'un spectateur passif” lors de ce type de course taurine, qui concernerait également les centres équestres. Un processus législatif de longue haleine qui n'est pas sûr d'aboutir. La Fédération des manadiers, soutenue par le député gardois, Olivier Gaillard, et le député des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès, ont envoyé deux courriers aux ministères de l'économie, des Finances et de la Justice.
Une tradition camarguaise en danger ?
Importantes ou plus fragiles, les manades de Camargue craignent pour leur survie. “Les grosses manades ne peuvent plus s'en sortir, idem pour les petits. Tout le monde a une activité à côté”, déplore Bérenger Aubanel, par ailleurs directeur informatique et consultant de profession. “Sur 2019, je ne me suis pas versé de salaire”. Craignant que le métier disparaisse, à long terme, il souligne les difficultés d'investir, notamment dans du matériel neuf, alors que “les revenus n'augmentent pas depuis 30?ans”.
“Ce qui ne va pas, c'est que lors de ces spectacles de rue, la responsabilité civile incombe aux manadiers, à la différence de l'Espagne.” Présidente de la Chambre d'agriculture du Gard, elle-même éleveuse de taureaux de Camargue AOP, Magali Saumade espère qu'une “solution collégiale” soit trouvée, avec les manadiers, les assureurs et les organisateurs de courses, afin de préserver ces activités traditionnelles. “C'est toute une économie qui est générée indirectement. Cela fait partie de notre identité !”, soutient l'éleveuse, tandis que Bérenger Aubanel évoque près de 30 M€ de retombées économiques.
Philippe Douteau
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