Actuellement, le Gard compte quatre clusters (au moins trois cas entrés en contact, hors famille), à Vauvert, Beaucaire, Saint-Gilles et Jonquières-Saint-Vincent. Des secteurs essentiellement arboricoles.
Face à une situation “préoccupante”, les professionnels de santé restent en alerte depuis le 4 juin.
Mobilisés pour “enrayer toute propagation” et éviter une crise sanitaire, les services de l’État, l’ARS et la MSA travaillent de concert depuis la découverte des premiers cas dans le secteur d’Arles (Bouches-du-Rhône) parmi des travailleurs saisonniers détachés par la société prestataire espagnole Terra Fecundis. Dès lors, les préfectures concernées et les autorités de santé ont mis en place un plan de contrôles et de tests.
Circulation du virus
Le 3 mars, un premier cas positif au virus était confirmé dans le Gard. Il avait été pris en charge au CHU de Nîmes, sans présenter de signes graves. Fin mars, sur 2 002 cas en Occitanie, 37 étaient comptabilisés dans le département. 25 cas supplémentaires étaient signalés aux équipes de l’Assurance maladie, chaque jour en région, au cours de la deuxième semaine de juin. Au 16 juin, 113 hospitalisations étaient en cours dans le Gard, selon l’ARS Occitanie.
Le 11 juin, 310 saisonniers agricoles, pour la plupart, avaient été contrôlés dans le Gard, pour 17 déclarés positifs au Covid-19. Ces derniers ont été placés à l’isolement “et suivis sur le plan médical de manière très régulière, comme les personnes contact dans le cadre de la procédure de ‘contact tracing’”, a fait savoir la préfecture du Gard. Mais des saisonniers hors Terra Fecundis sont aussi confrontés au virus.
La mobilité des travailleurs agricoles, “qui vont d’entreprise en entreprise, parfois entassés dans des logements et dans les véhicules” ne facilite pas le travail de suivi des équipes médicales, indique Céline Becker, médecin du travail pour la MSA. Sans compter les saisonniers réticents au dépistage, de peur d’être stigmatisés et refusés par les employeurs.
Accompagnement des employeurs et des travailleurs
Si le risque sanitaire est présent dans tous les esprits, le chiffre de “35 cas sur 10 000 saisonniers reste minime”, tient à relativiser Céline Becker. Ils sont trois volontaires en charge du ‘contact tracing’ pour la MSA dans le Gard, et enquêtent afin d’identifier les cas, permettre de procéder à l’isolement le cas échéant, et recenser les personnes avec qui les malades ont été en contact. Les données recueillies par les médecins sont alors remontées à la CPAM qui les transmet à l’ARS, compétente pour lancer des opérations de dépistage.
Dès les premiers repérés dans les Bouches-du-Rhône, des dépistages ont été diligentés le 4 juin, sur les secteurs de Saint-Gilles et de Vauvert, car certains saisonniers travaillant dans le Pays d’Arles étaient logés dans le Gard. “Les ARS des Bouches-du-Rhône et du Gard ont alors effectué des dépistages” et enquêté auprès des salariés de Terra Fecundis, là où le préfet des Bouches-du-Rhône “a demandé que tous les cas soient dépistés”.
Assurer l’isolement
Début juin, sur 190 dépistages, cinq cas se sont avérés positifs à Saint-Gilles et quatre à Vauvert. Sur 140 tests à Beaucaire, huit ont été contrôlés positifs. C’est là que les médecins du travail ont pu entrer en contact avec les employeurs et les personnes positives, afin de les accompagner dans le protocole d’isolement. Ce qui n’est pas une mince affaire. Alors qu’un arrêté a été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône pour établir certaines précautions, telles que le placement des positifs au Covid-19 à un étage dévolu, dans le Gard, “les médecins se sont rapprochés des employeurs, dont certains avaient déjà pris des mesures”, note Céline Becker. Deux médecins à l’aise en espagnol peuvent alors communiquer et expliquer les démarches aux salariés, concernant le partage des lieux de vie (sanitaires, cuisine), la gestion des courses ou la protection des plats dans des sachets.
Le suivi et la prise en charge sont plus simples à mettre en place lorsque les ressortissants sont installés chez des employeurs MSA, mais pour ceux logés en campings par exemple, comme c’est le cas pour des intérimaires recrutés par Terra Fecundis, “là, on ne peut pas intervenir.”
Éviter la stigmatisation
Après une campagne de la MSA Languedoc auprès des employeurs pour les informer des mesures barrières à instaurer (2 300 appels pendant la crise), un protocole a été défini avec la FDSEA du Gard. Selon le syndicat, les contrôles des logements et d’accueil par la Direccte ont été “plutôt positifs”, mais les conditions de transport en bus ou d’hébergement en commun de certains détachés espagnols restent à revoir.
Sur 4 500 exploitations gardoises, “64 d’entre elles font appel à de la main-d’œuvre détachée”, estime Stéphane Allard, directeur de la FDSEA 30, notamment dans les zones arboricoles de Beaucaire, Vauvert ou Saint-Gilles. “Sur 20 000 contrats (dans le Gard, ndlr), cela représente peu de saisonniers recrutés via Terra Fecundis”, précise David Sève, président du syndicat et arboriculteur à Beaucaire.
“Aujourd’hui, le danger pour l’exploitant, c’est la fermeture administrative, mais on ne peut pas forcer les gens à se faire tester.” Aussi a-t-il choisi de ne pas prendre à sa charge l’hébergement de la majorité de ses salariés, recrutés notamment via Pôle emploi. Sur quelque 70 saisonniers embauchés, il compte 14 nationalités, entre ressortissants étrangers et locaux résidents. À ce jour, il estime que le Gard a bien circonscrit la propagation, mais craint la stigmatisation. “On n’est pas des esclavagistes !”, lance David Sève, qui s’interroge sur les conditions d’arrivée de bus de saisonniers détachés venus d’Espagne, au plus fort du confinement...
Philippe Douteau
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