DE FERME EN FERME GARD
Ces 29 et 30 avril, 62 exploitations ouvrent leurs portes aux visiteurs lors de cette 11e édition. Pour ce week-end d'animations, de dégustations et d'ateliers, la FD des Civam et le Département du Gard comptent sur une météo clémente pour attirer le grand public.
À Potelières, Denis Cochennec est déjà rompu à l'exercice de la visite pédagogique, entre suivi sanitaire et alimentaire bio des ruches et fabrication artisanale à la miellerie. 250 ruches et 30 moutons peuplent l'exploitation.
© Crédit photo : PhD
Si la fréquentation post-Covid est encore en deçà des scores des grandes années, proches des 20 000 visites sur deux jours, depuis, le week-end de festivités paysannes 'De ferme en ferme' enregistre près de 10 000 visites, ce qui est déjà "pas mal", se satisfait le directeur de la Fédération départementale des Civam du Gard, Antoine Carlin. Avant de retrouver la fréquentation de croisière, ces deux jours de portes ouvertes fermières gardent le cap pour continuer à faire découvrir les éleveurs et les producteurs sur leur exploitation. Sur les 62 fermes participantes, dont 31 sous signe de qualité (AB, AOP, IGP...), et 21 labellisées 'Militant du Goût', 11 nouvelles font leur entrée dans le circuit intégré à la politique alimentaire du Département du Gard. Les agriculteurs et agricultrices sont prêts pour le rendez-vous.
Habitués ou nouveaux venus, les paysans gardois adeptes du circuit court attendent les visiteurs de pied ferme. Si l'accueil et la préparation des visites prennent du temps sur leur agenda déjà chargé, les festivités n'occultent pas les prises de conscience, au vu des multiples difficultés rencontrées par les représentants de toutes les filières. "Une ruche se porte bien si elle dispose de nectar, de pollen, de propolis et d'eau." Pour Denis Cochennec, apiculteur à Secret d'abeilles, la vie des ruches et des colonies n'ont plus de secrets, pas plus que les contraintes climatiques. En proie à la sécheresse, comme toutes les cultures, l'apiculture doit composer avec "de plus en plus de carences", constate cet ancien ingénieur informatique reconverti. En zone Cèze-Cévennes, à Potelières, il va démarrer ses transhumances nocturnes sur acacia, puis sur garrigue-thym, avant de poursuivre sur châtaignier et lavande, mi-juin. Mais le bol alimentaire des abeilles n'est plus suffisant, déplore l'apiculteur. "On nourrit de plus en plus en pollen, pour la gelée royale qui nourrit le couvain, le nectar et la propolis, qui sert à calfeutrer les ruches et éviter les infections", indique-t-il. Nourrissant ses 250 ruches en exploitation, en sucre bio et en eau, l'apiculteur révèle que le cheptel a pu réussir à stocker un peu, notamment en zone de montagne ardéchoise, mais en cette saison, les abeilles "consomment beaucoup". L'an dernier, la transhumance sur lavandin à Barjac a plutôt bien donné, mais le manque d'eau pose problème pour butiner. Denis Cochennec n'a d'ailleurs pas conduit ses ruches vers la bruyère blanche, qui n'a pas assez fleuri, en raison d'un printemps 2022 aux floraisons trop courtes.
À raison de 10 kg par ruche pour "passer l'hiver", les colonies font aussi face à la pression de varroa, qui se reproduit rapidement, et du frelon asiatique, un "gros problème pour l'hivernage". Malgré les traitements autorisés en bio (acides formique et oxalique), déposés à la seringue dans la ruche en hiver, pour empêcher le parasite de pénétrer, une fois présent dans le couvain, c'est trop tard. Quant au frelon asiatique, qui menace dès septembre à l'entrée de la ruche, il n'est pas sans impact sur les colonies. Cette saison, l'apiculteur s'estimera satisfait s'il ne perd que 10 % des ruches. "C'est déjà bien, alors que la moyenne en France est de 30 à 40 %."
Pour sa seconde participation, Guillaume Deroeux, "céroplasticien" et "artpiculteur" créateur de structures en cire d'abeille (BeesArt) à St-Victor-de-Malcap, propose une installation "immersive" pour sensibiliser aux conséquences de "l'impact de l'homme sur la biodiversité" au gré de sons, d'odeurs, de vidéos et de dégustations de miel. "Effaré de voir à quel point la nature est sèche", l'artiste apicole le confirme : "Les abeilles ont faim."
Rempilant pour une 4e fois, Véronique Raparii (Spiruline de Ners) promet des visites "festives, sur un circuit assez fourni", entre dégustation, explication du métier, présentation du matériel nécessaire à la culture de la spiruline. Un petit bassin sera même accessible aux enfants. Sur le pont toute l'année, le Gard 'De ferme en ferme' nécessite, comme pour tous les producteurs participants, "une bonne organisation".
Xavier Fahy en fera l'expérience, pour ses premières portes ouvertes au Mas de Bruguerolle, à Saint-Ambroix. Ce comédien en transition agricole sur un projet d'agro-foresterie (fruitiers, maraîchage, moutons, abeilles) compte allier ses deux passions, en jouant un spectacle dansé inspiré de deux nouvelles de Guy de Maupassant (Menuet et Mouche). En journée, un atelier de confection d'objets dérivés de matériaux naturels glanés sur le mas du XVIIIe siècle, sera récompensé par des dégustations de tartes aux fruits maison. Encore novice, Xavier Fahy a déjà planté 750 arbres mellifères l'année dernière, et a démarré l'apiculture avec 25 ruches, dont 5 lui appartiennent. Et compte se lancer dans la fraise, la framboise, la mûre, le kiwi et dans l'élevage (moutons, poules). Conscient de la rareté de l'eau, alors que les kiwis en consomment beaucoup, il tient à préciser que le goutte-à-goutte est déjà à l'œuvre sur l'exploitation.
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