Le 14 décembre, au Clos d'Elle à Cournonterral : Rémi Dumas (secrétaire général des JA), Guilhem Vigroux (président de la FDSEA 34), Jérôme Despey (président de la Chambre d'agriculture 34) et Sophie Nogues (trésorière de la FDSEA 34).
Le jeu des questions réponses aura eu le mérite d'éviter la langue de bois. Sur invitation de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, les élus ont répondu présent. L'enjeu ? Un "profond malaise" que certains agriculteurs prennent pour "du mépris", résume le président de la FDSEA 34, Guilhem Vigroux. Le fossé entre l'opinion publique et la réalité de la profession, conduit parfois à une défiance que les agriculteurs peinent à réfréner. "Notre pays a besoin des corps intermédiaires", a déclaré Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l'Hérault, qui, en ces temps de grogne sociale, a tenu à rappeler "l'importance des organisations comme les nôtres (...) dans notre démocratie".
Revenu agricole, l'élément essentiel
Se félicitant de la mobilisation des élus sur le dossier TODE, Guilhem Vigroux a, dans le même temps, fait part des inquiétudes de la profession, suite aux déceptions induites par la loi EGAlim, promulguée le 1er novembre 2018. "La seule réponse, c'est l'augmentation des taxes, la suppression du TODE...", a relayé le président de la FDSEA 34, doutant que les consommateurs soient prêts à mettre la main au porte-monnaie pour acheter des produits français, non soumis aux mêmes normes que les denrées étrangères, qui plus est moins chères. Face à cette distorsion de concurrence, et pour satisfaire la demande sociétale de l'abandon du glyphosate, la fédération demande "du temps et des moyens mis sur la recherche". Pour assurer cette transition écologique voulue par les gouvernements successifs, ça ne pourra pas "passer par des taxes et des charges supplémentaires", avertit Jérôme Despey. "Le revenu agricole, c'est l'élément indispensable : sans transition écologique, pas de revenu !"
Glyphosate : rationaliser le débat
En sortir d'ici trois ans, d'après le souhait du président de la République, Emmanuel Macron, émis en novembre 2017, pourquoi pas, mais à quel prix ? Et par quelles alternatives ? "On n’est pas pro-glyphosate", insiste Guilhem Vigroux. "Donnez-nous les moyens pour des alternatives !" Céréalier-semencier et vice-président des JA 34, Bérenger Carrier fait état des efforts consentis. "Aujourd'hui, j'utilise en moyenne 2 l/ha de glyphosate, alors qu'avant c'était
6 l/ha." Sortir du glyphosate ? "Si demain je n'utilise plus 2 l/ha, je serais obligé de déchaumer deux fois avant de semer, soit un rejet de plus de 100 kg de CO2 dans l'atmosphère en compensation, rien que pour la mécanisation". D'autant que ces 2 litres sont employés en inter-cultures, précise le céréalier. "Je ne suis pas pro-Monsanto, mais je veux une alternative économique, écologique et sociale !", a-t-il lancé face aux élus. Dans ce débat qui n'est "pas rationnel", Jérôme Despey espère une alternative, mais sans une idée du coût, ni des bénéficiaires, l'incompréhension n'est pas près de se dissiper. Pour le député Philippe Huppé (LREM), pas d'inquiétude, car "dans trois ans, on aura un produit de substitution", assure-t-il. Sachant que 20 % des agriculteurs ne pourront en sortir complètement, "il y aura des exceptions". Bien des incertitudes demeurent, alors que la lassitude et la colère montent.
Philippe Douteau
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