Prévention
La MSA du Languedoc a organisé une journée de sensibilisation contre les violences et le harcèlement en milieu scolaire, auprès d'une classe de seconde de l'Institut Marie Sagnier, à Clermont-l'Hérault.
Le 9 octobre, 12 élèves de seconde de l'Institut Marie Sagnier de Clermont-l'Hérault ont participé à une journée de sensibilisation contre les violences et le harcèlement scolaire, organisée par la MSA du Languedoc.
© Crédit photo : LG
Il est 8 h 30, lundi 9 octobre, à l'Institut Marie Sagnier de Clermont-l'Hérault. Douze élèves de seconde agricole s'apprêtent à passer une journée avec des représentants de la Mutualité sociale agricole (MSA) de Clermont-l'Hérault, du planning familial, ainsi que de l'association Languedoc accompagnement. Qu'est-ce que le cyber-harcèlement ? Les réseaux-sociaux peuvent-ils causer la dépression ? Que trouve-t-on sur moi lorsque je tape mon nom dans un moteur de recherche ? Comment peut-on sécuriser son mot de passe ?
Le début de la matinée est rythmé entre les données générales sur les réseaux sociaux et le cyber-harcèlement, un quizz à faire en groupe et des conseils pour permettre aux élèves d'avoir des outils pour se protéger et protéger les autres. Le sujet est délicat, mais petit à petit, les lycéens montrent un vif intérêt pour les informations apportées.
"La MSA nous a proposé ce sujet au mois de juin. L'objectif est de permettre que la parole se libère, que nous ayons une définition commune du harcèlement, que chacun puisse exprimer ses craintes", raconte Marie-Pierre Castagnié, directrice de l'établissement. "Au-delà de cela, l'intérêt est aussi qu'ils deviennent des ambassadeurs. Dans le système harceleur-harcelé, il y a un troisième niveau qui est également très important : c'est le public, les spectateurs. Et les jeunes font partie de ce public. Mais si le harceleur ne l'a plus, il perd son pouvoir. Donc les élèves ont un rôle à jouer dans cette lutte contre le harcèlement, en disant qu'ils ne veulent plus cautionner, qu'ils ne veulent plus voir, plus partager."
En ce lundi matin, la parole a du mal à se libérer. Nathalie Delille, médiatrice numérique au sein de l'association Languedoc accompagnement, rappelle que les insultes et l'appel à la haine sont de la violence, même sur Internet, et une vidéo sur le cyber-harcèlement est diffusée. "Qu'est-ce que cela vous évoque ?", questionne l'animatrice. L'ensemble des élèves finiront par dire, un peu gênés, qu'ils ont au moins une fois déjà vu une personne subir du harcèlement.
"La difficulté aujourd'hui, c'est le basculement vers le cyber-harcèlement, car nous, quand nous rentrions à la maison, nous étions protégés par ce domicile, par nos murs. Désormais, cela rentre chez nous, et transperce notre intimité, notre chambre. C'est à n'importe quel moment du jour et de la nuit. C'est incessant, et cela a une notion de temporalité qui nous échappe complètement", regrette la directrice. D'après une étude de l'Ifop, 58 % des lycéens indiquent avoir déjà été confrontés de manière répétée à un ou plusieurs actes de violence verbale, physique ou psychologique. Dans 76 % des cas, ces actes étaient le fait de plusieurs élèves. L'association E-enfance rapporte que 41 % des enfants ont déjà été victimes de cyber-violence, et 7 % de cyber-harcèlement. Seuls 10 % des victimes en parlent à leurs parents.
Alors, pour tenter d'enrayer ce phénomène, il est proposé de devenir ambassadeurs et de réfléchir en groupes aux questions de harcèlement, puis de matérialiser leurs apprentissages et réflexions communes sur une bande dessinée numérique. Les trois premières questions à partir desquelles ils ont été amenés à réfléchir sont les suivantes : Comment repérer une situation de harcèlement ou de cyber-harcèlement ? Comment inciter la victime harcelée ou les témoins à parler ? Comment se protéger des situations de harcèlement ou de cyber-harcèlement ? Ce travail sera ensuite présenté à l'ensemble de l'établissement scolaire, mais aussi dans d'autres lycées.
Mais à quoi sert un ambassadeur sur le harcèlement scolaire ? "Il sert de soutien moral, il informe les gens pour qu'ils puissent apporter de l'aide à la personne harcelée. Et dans la mesure du possible, il explique à la personne qui harcèle que ce n'est pas forcément la meilleure chose à faire", estime un élève au début de la rencontre, avant d'ajouter "enfin, c'est un peu une version bisounours." Pas si bisounours que cela. D'après le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, un ambassadeur doit sensibiliser "ses camarades au phénomène de harcèlement et, plus largement, au respect d'autrui. Il repère les signes du harcèlement et convainc l'élève victime d'en parler, il est attentif aux autres."
Cette journée a été bien accueillie par les élèves qui sont conscients de l'importance et de la gravité du sujet. "C'est bien pour les personnes concernées, peut-être que cela les soutient moralement. Je pense qu'il faudrait faire cela dans chaque lycée et collège", estime l'un d'entre eux. "C'est important d'en parler parce que tous les jours, il y a des élèves qui se font harceler et qui n'osent pas en parler aux professeurs, à leur famille. Ils le vivent en cachette et à la fin, soit ils mettent fin à leurs jours, soit ils finissent par en parler à des personnes", indique un autre. S'ils sont déjà sensibilisés au sujet, aucun d'entre eux ne connaissait le numéro 3018 pour les victimes ou témoins de harcèlement scolaire.
Afin de pouvoir les accompagner au mieux, l'ensemble du personnel du lycée a été formé l'année dernière à la prévention et à la protection du public fragile.
Cette intervention a été portée par les élus de la MSA, présents pour cette première journée. "À notre petit niveau, nous essayons d'amener des solutions, d'informer les jeunes et de leur dire qu'ils ne sont pas seuls, qu'ils peuvent être accompagnés par la MSA et par des gens compétents. C'est pour cela que la MSA finance cette action", relate Gloria Cabanel, l'une d'entre eux. Une initiative que salue la directrice de l'établissement : "Je trouve cela très important que la MSA se positionne, car elle a vraiment un grand rôle à jouer. Elle a pour mission de favoriser la qualité de vie au travail des salariés du monde agricole, mais aussi des jeunes des lycées agricoles. Je trouve également très intéressant qu'un lien puisse se créer entre nos jeunes et la MSA."
Cette classe de seconde bénéficiera de deux autres séances qui auront lieux le 18 décembre, puis au premier trimestre 2024. D'autres interventions de ce type devraient être menées par la MSA dans des lycées du département.
POUR ÊTRE précis-
D'après le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, le cyberharcèlement est "un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d'individus, au moyen de formes de communication électronique, de façon répétée à l'encontre d'une victime qui ne peut facilement se défendre seule."
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