Grâce à l’infrastructure photovoltaïque existante, la culture du houblon n’a pas nécessité d’investissement spécifique pour la famille Fabre. © O. Bazalge
Tout a commencé par un sim-ple partenariat commercial. La famille Fabre, installée au Château de Luc, à Luc-sur-Orbieu, et qui possède 400 hectares de vignobles entre Béziers et Carcassonne, avait conclu un accord commercial de distribution avec la brasserie biterroise Alaryk.
Or, pour assurer le bon renouvellement de son vignoble en reposant ses sols, la famille Fabre cultive 80 à 100 ha de grandes cultures. “Nous laissons passer cinq à sept ans avant de replanter de la vigne sur les parcelles. Dans le cycle de rotation de ces parcelles, nous intégrons au moins une céréale et une légumineuse. Avant, cela passait par du blé dur mais, au gré des échanges et de la relation de confiance avec Alaryk, ils nous ont fait part de leurs difficultés d’approvisionnement en matière première locale”, relate Benoît Maneville, responsable technique et qualité des vignobles de la famille Fabre.
C’est ainsi que l’orge à vocation brassicole a progressivement pris la place du blé dur dans les parcelles de la famille Fabre. “Après nous être renseignés sur les spécificités de la culture d’orge brassicole, nous avons lancé un test, qui s’est révélé très concluant, alors que nous sommes loin d’être des spécialistes des cultures céréalières, mais nous y sommes arrivés sans trop de soucis.” La première année, seulement 4 tonnes d’orge produites ont été maltées à façon par les vignobles Fabre, la brasserie Alaryk s’engageant à acheter le produit à un tarif équitable pour les deux entités.
Filière à développer
Depuis, le partenariat a fait des petits, si bien que ce sont, chaque année, une quarantaine d’hectares qui deviennent désormais dédiés à la culture d’orge brassicole. “La progression a été particulièrement marquée, avec 50 à 80 t d’orge maltable produites chaque année. Le seul souci, c’est le manque de malteries”, poursuit Benoît Maneville.
Mais la collaboration ne s’est pas arrêtée là. Alors que la famille Fabre disposait sur une de ses propriétés de 22 serres photovoltaïques de 600 m²
chacune, décision a été prise, en 2018, d’y expérimenter la culture du houblon, pour profiter des hautes armatures métalliques afin de laisser grimper cette liane qui nécessite de la hauteur.
Une 2e serre a suivi le même chemin en 2019, pour consacrer 360 pieds de houblon à la collaboration avec Alaryk. “Nous faisons tout en manuel, car la mécanisation nécessite un investissement conséquent. Les opérations de transformation (séchage, compactage) sont également chères, mais sous-traitables. Lorsqu’une filière sera opérationnelle, nous pensons que cela sera une culture rentable. Pour l’instant, Alaryk utilise le houblon frais tout juste récolté”, précise Benoît Maneville. La plante n’est pas extrêmement gourmande en eau, mais nécessite le maintien d’une atmosphère humide grâce à des asperseurs, “pour éloigner les acariens”, indique Benoît Maneville. L’ensoleillement est également essentiel, les plants situés sous les panneaux solaires produisant nettement moins.
Olivier Bazalge
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