Viticulture
Le 3 octobre à Flassans, la Chambre d'agriculture du Var a réuni viticulteurs, techniciens et fournisseurs autour de la question des couverts végétaux, un des axes de travail du Groupe 30 000 'Inno'Viti'Var' du secteur Caramy-Issole.
Démonstration de semis d'engrais verts chez Arnaud Diouloufet, vigneron du domaine des Grandes Aubréguières, à Flassans.
© Crédit photo : GL
Vie, portance et fertilité du sol, gestion des adventices, limitation des phénomènes d'érosion et de ruissellement, lutte contre les pollutions diffuses... Les intérêts des couverts végétaux en viticulture sont multiples. Et la pratique s'est nettement développée dans le vignoble varois ces dernières années. "Aujourd'hui, on estime que près de 60 % du vignoble est a minima enherbé naturellement un rang sur deux. Les producteurs craignent encore la concurrence hydrique, mais la pratique est portée par des objectifs de fertilisation et de limitation du travail du sol, qui demandent du temps, du gasoil et de la maîtrise", observe Gisèle Ventre, conseillère viticole de la Chambre d'agriculture du Var, en charge de l'animation du groupe de progrès 30 000 'Inno'Viti'Var' du bassin-versant Caramy-Issole. C'est dans le cadre de l'animation de ce collectif de progrès que viticulteurs, techniciens, semenciers et fournisseurs de matériels étaient invités à se retrouver début octobre, sur le domaine des Grands Aubréguières, à Flassans.
Propriétaire des lieux et membre du Groupe 30 000, Arnaud Diouloufet s'est mis aux engrais verts en 2020, un inter-rang sur deux, pour remédier à une carence d'azote récurrente dans ses moûts. "Ici, le manque d'eau entraîne un problème de dissolution des engrais", explique le vigneron. Il fait un premier essai avec un mélange d'avoine rude, de vesce de Narbonne, de vesce velue et de radis fourrager. La méthode 'Merci' - qui consiste à estimer les restitutions potentielles en éléments fertilisants via un prélèvement et une pesée au champ - montre de bons résultats. Certaines espèces ont toutefois du mal à se développer, et Arnaud Diouloufet s'oriente alors vers des tests d'espèces en pur (non mélangées, ndlr), pour évaluer le comportement de chacune sur les sols compliqués de différents types qui composent son parcellaire. "J'ai des sols pierreux très calcaires, d'autres plus argileux, il me faut donc m'adapter à la qualité des sols", précise-t-il. Après la moutarde l'an dernier, il teste cette année féverole et phacélie, sur 7 des 35 hectares de vignes du domaine.
Pour lui, la principale difficulté est de définir la date des semis. "On les fait avant ou après les vendanges, selon les conditions et l'organisation du travail. Comme les sols sont très pierreux, je dois faire un peu de broyage de pierres en amont", indique le vigneron des Grandes Aubréguières. Il a par ailleurs fait le choix de ne pas semer l'intégralité des 2,50 mètres de ses inter-rangs, mais seulement 1,50 m sur la partie centrale, de sorte à éviter de détruire le semis en passant avec le tracteur pour différents travaux.
La destruction se fait par broyage entre fin mars et début mai, en raison du risque de gel tardif.
Pour l'implantation, Arnaud Diouloufet utilise un semoir classique, combiné à des disques, pour ouvrir des sillons, et à un rouleau, pour un meilleur contact entre les graines et le sol.
Engrais verts, enherbement naturel ou enherbement semé : "Les couverts végétaux se raisonnent à la parcelle selon les conditions pédoclimatiques et les objectifs recherchés, mais aussi les disponibilités de matériels de semis et de destruction", rappelle Gisèle Ventre. Avant d'attirer l'attention sur quelques points de vigilance, dont la préparation du sol, le choix des espèces, les dates et doses de semis, ainsi que les dates et modes de destruction.
En parallèle d'une démonstration de semis, assurée par Arnaud Diouloufet, cinq semenciers et cinq fournisseurs de matériels de semis et de destruction de couverts ont pu présenter différents produits et outils, et répondre aux interrogations des producteurs. Le maître-mot restant l'adaptation des pratiques aux objectifs et contraintes de chacun.
Parmi eux, Boisselet présentait un prototype 'maison', destiné à resemer des sols déjà enherbés. "L'idée, c'est de travailler sur une faible profondeur, pour pouvoir resemer sans perturber la structure du sol et l'enherbement déjà en place. L'outil se compose de quatre séries de quatre disques herbiseurs, réglables en profondeur. On peut aussi orienter les disques différemment selon le résultat voulu", présente Frédéric Rondeau, technico-commercial chez Boisselet.
Autre innovation : l'hydroseeding, ou semis par projection hydraulique. La société Racine travaille notamment à l'adaptation de la technique, déjà proposée en paysage et espaces verts, au semis sous le rang de vigne. "On travaille avec une cuve de 800 litres et trois hydrojets inclinables, qui permettent de régler la surface de semis. Les semences sont mélangées à de l'eau et à un mulch à base d'amidon, qui permet un meilleur contact au sol. La préparation est agitée en continu, pour maintenir les semences et le mulch en suspension. On a fait des essais avec différentes espèces, l'idée étant d'avoir un développement rapide de biomasse, qui étouffe les adventices au printemps et sèche à l'été", explique Claire Scappini, conseillère spécialisée en viticulture chez Racine. L'entreprise- qui mène des essais depuis trois ans- travaille, entre autres, à la réduction de la consommation en eau, qui varie en fonction de la pression et de la vitesse de travail. Des mélanges de semences adaptés aux différents de types de sol sont également testés.
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Le Groupe 30 000 'Inno Viti'Var' du bassin-versant Caramy-Issole rassemble 12 exploitations viticoles, totalisant une surface agricole utile de 380 hectares. Accompagnés individuellement et collectivement par la Chambre d'agriculture du Var, les viticulteurs engagés volontairement dans la démarche mettent en place des pratiques visant à la reconquête et la préservation de la qualité de l'eau sur le territoire, tout en maintenant les rendements et la qualité des vins.
Outre la couverture des sols, les producteurs travaillent sur différents leviers, tels que la mise en place de haies ou de vergers pour enrichir la biodiversité, ainsi que sur l'utilisation de produits de biocontrôle, la plupart ayant déjà banni les herbicides.
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