MONTPELLIER MÉTROPOLE
En signant une convention de coopération agroécologique et alimentaire, la Chambre d'agriculture de l'Hérault et Montpellier Méditerranée Métropole s'engagent pour une alimentation locale et durable, en tenant compte des ressources à préserver.
Isabelle Touzard, vice-présidente, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier 3M, Jérôme Despey, président, et Guilhem Vigroux, secrétaire général de la CA 34, le 17 avril, au MIN de Montpellier.
© Crédit photo : PhD
Programme chargé autour de la convention cadre de partenariat entre la Chambre d'agriculture de l'Hérault et la Métropole de Montpellier, signée le 17 avril au MIN (Marché d'intérêt national) de la ville. "En faveur de l'agroécologie et de l'approvisionnement durable du territoire", l'accord entre la Chambre et la collectivité territoriale engage les deux parties sur plusieurs orientations, dont l'urgence de la crise climatique et l'assurance d'une souveraineté alimentaire à l'échelle locale sont les dénominateurs communs.
Destinée à recueillir "des indicateurs de pilotage", cette convention s'inscrit dans la continuité de la Charte de la transition agroécologique et de l'alimentation durable signée en 2019, indique Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole. Déjà partie prenante de cette politique reconnue comme PAT (Projet alimentaire territorial), la Chambre d'agriculture ne peut que souscrire à l'élan censé recréer du lien entre une agriculture de proximité et les citoyens, "jusqu'à l'alimentation des enfants dans nos écoles et les circuits de distribution", souligne Jérôme Despey, président de la CA 34. De proximité il est déjà question dans l'Hérault, au gré des plus de 250 marchés de producteurs sous la marque 'Bienvenue à la ferme', pour fournir au plus près des lieux de production et "sécuriser un approvisionnement, sans opposer les types d'agriculture", insiste le nouveau vice-président de la FNSEA.
Dans une "dynamique de projet", la "métropole urbaine" d'un demi million d'habitants doit prendre soin de "se reconnecter à son agriculture", avance Michaël Delafosse. Montpellier 3M, qui rassemble 475 exploitations agricoles, compte sur le MIN et son carreau des producteurs pour consolider les circuits courts de proximité, malgré quelques craintes d'agriculteurs au profil intermédiaire, comme Emmanuel Bonnefond, producteur à Vic-la-Gardiole. Produisant entre 60 000 et 80 000 salades par semaine, il se dit inquiet de voir disparaître les producteurs de la "classe moyenne", confronté à la pénurie de main-d'œuvre et au manque d'eau sur une parcelle non irriguée "qu'on ne pourra pas cultiver". Cet "affaiblissement agricole", il le ressent d'ailleurs sur le MIN, qui a vu partir les grossistes aveyronnais. "Les gros acheteurs s'en vont, car il y a moins de marchandises", constate le maraîcher. Un "travail de filière pour structurer les appels d'offres" est engagé, répond le maire de Montpellier, qui voit dans la commande publique de la restauration scolaire "une clé". À ce titre, un schéma directeur départemental sera proposé pour le MIN, "sur un modèle d'économie mixte".
Si le "scénario de transition à l'horizon 2028" se construit, en vue de l'application des ZFE (Zones à faibles émissions) annonce Michaël Delafosse, les solutions alternatives pour les matériels agricoles font défaut. "Nous donnons du temps aux agriculteurs pour s'adapter." Veillant à la décarbonation de l'air comme à la préservation de l'eau, le partenariat s'appuiera notamment sur l'expérimentation de réutilisation des eaux usées traitées menée à Murviel-les-Montpellier. La transition climatique est un autre enjeu "pour être moins dépendants d'intrants et trouver des alternatives, en lien avec la recherche", ajoute Jérôme Despey.
"Fier" du travail déjà mené, le président de la CA 34 compte sur la bonne entente avec la Métropole pour "faire vivre" cette convention, afin d'établir les indicateurs nécessaires, comme ceux relatifs aux terres en friche. Complexe s'il en est, le foncier de la Métropole recèle une "foule d'interstices de terrains", note Isabelle Touzard, vice-présidente à Montpellier 3M. Entre les terres abandonnées et les friches, cela prendra du temps pour "recoller les morceaux". La "reconquête" passera par la mobilisation du foncier public comme dans la zone nord, ou par des projets agricoles comme au sud-ouest, sans oublier le bâti pour les nouveaux installés, sans que le PLUI (Plan local d'urbanisme intercommunal) n'empêche ces aménagements. Entre spéculation, artificialisation et érosion, l'installation de repreneurs est un autre défi, alors que deux tiers des agriculteurs de la Métropole ont plus de 50 ans.
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