CIVL
Lors de l'assemblée générale du 4 juillet dernier, les départs de Fitou et Corbières ont été actés par le président du CIVL, Christophe Bousquet, et son conseil d'administration. Mais le travail se poursuit sur les trois piliers d'actions que sont la R&D, l'économie et la communication. Rencontre.
Au programme 2023-2024 : un plan de communication "plus agile" pour optimiser la visibilité des appellations au sein de la communication collective, avec notamment la montée en puissance de la communication digitale et de nouveaux contenus originaux.
© Crédit photo : Diabolo Bohème
La houle grossit ces derniers jours, malmenant la mer viticole languedocienne, alors que la récente confirmation ministérielle de l'interdiction d'utiliser la marque 'Sud de France' a fait réagir les entreprises du Languedoc-Roussillon le 21 juillet dernier (lire notre édition de la semaine dernière). Tête de proue, le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc tenait son assemblée générale le 4 juillet dernier, à Narbonne. L'occasion pour son président, Christophe Bousquet, de réaliser un point d'étape sur les grandes orientations stratégiques de sa mandature et de réaffirmer le choix engagé de sa politique, axée sur trois piliers : R&D, économie et communication.
Reste qu'avec le départ de Corbières et Fitou de l'interprofession, le conseil d'administration et les équipes doivent remettre l'ouvrage sur le métier, pour recalibrer les actions en fonction de cette nouvelle donne.
"Ces départs ne remettent pas en cause les fondamentaux de l'interprofession, mais amènent une contrainte budgétaire supplémentaire, même si elle est moins marquée que ce que l'on pourrait faire croire. Rappelons qu'en 2022, l'AOC Languedoc - premier volume de l'interprofession - a augmenté sa cotisation de deux euros et, cette année, d'autres appellations1 ont fait de même." Bien évidemment, cela ne compense pas tout, mais cela permet de continuer à faire fonctionner l'interprofession et de porter de nouvelles actions, "avec une redistribution de notre mode de fonctionnement. Mais l'ADN de l'interprofession reste le même", confiait Christophe Bousquet, le 25 juillet dernier. Quant à Faugères, les discussions se poursuivent : "La logique ici n'est pas la même. Nous avons échangé sur leurs attentes - comme nous l'avons d'ailleurs fait avec les ODG de Corbières et Fitou - et les échanges se poursuivent. La décision est attendue a priori d'ici la fin d'année. Nous espérons qu'ils resteront", lance le président qui se projette déjà vers les futures vendanges.
Sur ce point, il reconnaît volontiers qu'il est "encore difficile" d'évaluer la qualité et la quantité de la vendange à venir, vu les hétérogénéités languedociennes particulièrement marquées cette année, notamment vis-à-vis de la problématique de l'eau, de la pression maladie. "Mais heureusement, nous n'avons pas la canicule marquée ou l'été chaud que l'on craignait en avril, hormis la sécheresse persistante sur le littoral qui inquiète, légitimement. Mais, dans l'arrière-pays, les épisodes pluvieux ont changé la donne, à la fois sur le comportement de la vigne et sur la pression maladie. Les dernières informations sont, pour l'instant, plutôt encourageantes, et la récolte, sauf incident dans les prochains jours, paraît assez jolie."
Lors de l'assemblée générale, le président a tenu à faire un point à mi-chemin de son mandat, proposant un bilan et traçant de nouvelles perspectives pour chacun des trois piliers guidant son action depuis sa prise de fonction : R&D, économie et communication.
Sur le volet de la recherche et développement, "un volet qui reste prioritaire", l'objectif est bien de poursuivre et d'amplifier l'efficience des actions mises en place. "Avec le réchauffement climatique et les défis environnementaux, les enjeux techniques sont tout aussi stratégiques que la communication ou l'économie," avait d'ailleurs expliqué Christophe Bousquet au début de sa mandature.
Après le travail autour des cépages Bouquet, la signature avec Inrae et les journées scientifiques de Gruissan, le cap est aujourd'hui affiné "sur les problèmes climatiques, avec des travaux autour des cépages résistants et l'arrivée éventuelle de nouveaux matériels végétaux. Avec la commission 'R&D', nous dressons actuellement les priorités de travail, de manière à poser les défis climatiques et environnementaux à relever. Certes, la liste est longue, et c'est pourquoi nous allons, dans un deuxième temps, prioriser ces enjeux, pour structurer le service avec des webinaires dédiés à venir. L'idée est surtout de canaliser les choses et surtout, de fluidifier le transfert d'informations auprès des vignerons".
Sur le volet économique, les choses sont claires et posées : "Cela va être la priorité de ce second semestre et du début 2024. Nous avons fait le constat, dans nos échanges avec le Cniv, d'une abondance d'études sur les changements de consommation du vin, sur l'évolution de la vision des consommateurs du vin. Notre service 'éco' doit se renforcer pour montrer que l'interprofession a un rôle moteur à jouer sur ces analyses. Mais elles doivent sans doute être plus fines et aller dans le détail. On dit beaucoup que les chiffres baissent un peu partout, c'est vrai en général, en particulier sur le rouge. Mais certains crus rouges ont de bons résultats selon les circuits. Il ne faut donc pas aller sur de l'analyse simpliste et rapide, mais bien entrer dans la dentelle. Et c'est ce que nous comptons faire, pour éclairer les choix de communication collective, mais également les orientations des opérateurs afin d'assurer la pérennité de la filière."
Dans ce cadre, des travaux d'analyse relatifs à l'évolution de la consommation du vin en France et dans le monde seront initiés dès cet été, afin de bénéficier d'une vision prospective sur le sujet. "L'enjeu est essentiel. Ces réflexions vont nous permettre de mettre en lumière les tendances du secteur, d'identifier les opportunités et les défis émergents."
Si le rôle de l'interprofession est souvent réduit à ses actions de communication, le président tient à rappeler l'importance de rééquilibrer cette mission avec les deux autres axes de son action, d'autant plus dans un cadre budgétaire forcé. "Nous allons déterminer ce qui est essentiel, cibler sur les marchés export priorisés et regarder ce qui a fonctionné dans nos expérimentations récentes, en France et à l'étranger. Car de petites actions sont souvent moins coûteuses et tout aussi efficaces, à condition d'être agiles et réactifs", note Christophe Bousquet, conscient de l'importance de faire fonctionner les trois piliers en interdépendance, pour que chacun nourrisse les deux autres. "Le défi climatique, le carbone... ce sont des actions qui vont pérenniser nos exploitations, donner des arguments à nos opérations de communication, et donc, renforcer nos parts de marché. Tout est lié."
Car de l'agilité, il en faudra, alors que le couperet est tombé mi-juillet concernant l'utilisation de la marque 'Sud de France'. "Je ne suis malheureusement pas surpris de la décision, même si nous avions espoir, vu les échanges avec la Région. Reste que le verdict est tombé et que j'en prends acte. On a joué notre rôle de soutien au négoce et aux IGP, à leurs côtés dans les discussions, mais nous sommes face à un problème de légalité. Là où l'amertume demeure, c'est sur tout le travail investi ces dernières années."
La houle s'intensifie donc, et pourtant, le président croit "plus que jamais" aux rôles des AOP et de l'interprofession. "Tout cela nous oblige à réfléchir autrement. Mais une chose est sûre : on ne peut pas projeter la filière vers l'avenir en regardant dans le rétroviseur et en disant : 'On fait comme avant'. Il nous faut être plus modernes, plus agiles, et mettre rapidement en œuvre les réformes nécessaires. Je crois à cette logique d'AOP aujourd'hui maltraitée. J'aime à rappeler le principe des usages loyaux et constants des AOP. La réforme a entraîné beaucoup de contrôles et de contraintes. Mais il ne faut pas oublier les fondamentaux des AOC, à savoir la logique de terroir, de singularité. On l'a mise en valeur depuis plus d'un demi-siècle, cela nous est envié, copié. Il faut donc savoir ne pas l'oublier non plus, sous prétexte de changements ou de difficultés."
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