La Roque-Esclapon
À l'âge de 19 ans, Jules Rebuffel a été contraint de reprendre brutalement l'exploitation familiale située à La Roque-Esclapon, après la mort accidentelle de son père. Cinq ans plus tard, il a pérennisé l'activité de la ferme, spécialisée en polyculture-élevage, et trace désormais son propre sillon.
Jules Rebuffel
© Crédit photo : JD
Un banal accident et en quelques minutes, c'est la vie d'une famille qui bascule, à quelques jours de Noël. Une situation terrible à laquelle l'épouse et les deux fils de Jean-Guy Rebuffel ont été confrontés en décembre 2020. Alors qu'il était en train de réaliser des travaux sur un bâtiment agricole, l'effondrement d'une toiture entraîne la chute du chef d'exploitation qui décédera quelques heures plus tard, en dépit des secours.
Agriculteur et éleveur ovin à La Roque-Esclapon, dans le nord du département, Jean-Guy Rebuffel était aussi une figure respectée du syndicalisme agricole au sein de la FDSEA du Var. Une vie au service de l'engagement et du collectif qui s'est arrêtée net à seulement 59 ans... "J'avais prévu, avec mes parents, de m'installer début 2021 en m'associant avec mon père au sein d'un GAEC. Au lieu de ça...", se souvient Jules Rebuffel, qui a dû revoir tous ses projets et reprendre au pied levé l'exploitation familiale.
"J'ai bénéficié des conseils d'éleveurs, dans les premiers temps, et de l'aide de ma mère et de mon frère, Justin", détaille le jeune homme qui n'a, à l'époque, que 19 ans. Mais il connaît déjà parfaitement le métier et s'attelle immédiatement à la tâche, afin de pérenniser l'exploitation, spécialisée dans les grandes cultures, l'élevage de brebis viandes, et une activité complémentaire d'hébergements touristiques.
La première décision de Jules Rebuffel est de poursuivre le modèle de polyculture-élevage mis en œuvre par son père : autrement dit la conduite d'un cheptel de 300 bre- bis de race Mourérous. Une race choisie pour sa rusticité - l'exploitation est située à plus de 1 000 mè- tres d'altitude - et ses qualités de résistance au froid comme à la sécheresse. "Elle dispose d'une bonne aptitude à la marche en montagne - les brebis sont emmenées en estive, dans le camp militaire de Canjuers, de la mi-juin à la mi-septembre, où elles contribuent notamment à l'ouverture des milieux -, des agnelages faciles, un bon comportement maternel et une tolérance à des alimentations variées, bergerie et pâturage," résume Jules Rebuffel, qui ne compte pas en changer.
Le mode de production n'a pas non plus évolué, avec deux agnelages dans l'année, l'un en janvier pour les fêtes de Pâques et l'autre en automne, au retour des transhumances ; et des agneaux engraissés, puis vendus pour partie sur pied à des maquignons, à cinq ou six mois d'âge.
Un système qui lui convient, "parce qu'il me permet d'économiser du temps", explique l'éleveur. D'autant qu'il dispose, hors période d'estive, de 350 hectares de parcours pour ses brebis et est, de ce fait, autonome du point de vue du fourrage et des céréales.
Concernant le volet grandes cultures, Jules Rebuffel poursuit le triptyque "pois chiches, lentilles vertes et pommes de terre [variétés Mona Lisa, Cheyenne et Amandine, ndlr]", réparti sur une quinzaine d'hectares dans le canton de Comps, et qu'il commercialise via deux magasins de producteurs varois. S'y ajoutent cinq à six hectares d'orge et de la luzerne. Une stratégie que résume l'éleveur : "Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, pour diluer le risque financier au maximum, avec plusieurs sources de revenus." La dernière, l'hébergement à la ferme, a en revanche été réduite : "Ma mère préparait jusqu'alors les repas pour les personnes accueillies. Nous avons arrêté cette prestation, trop chronophage, pour nous limiter aux seuls petits-déjeuners", note Jules Rebuffel, qui a également délégué les réservations à une plate-forme spécialisée bien connue.
Adhérent des Jeunes agriculteurs du Var, l'agriculteur y a trouvé "des collègues avec qui échanger sur nos pratiques et nos expériences respectives. Mon objectif, c'était d'abord de sortir de l'isolement et de rencontrer du monde". Et même s'il ajoute en riant que "les viticulteurs sont très représentés, contrairement aux éleveurs", il rappelle qu'il y a trouvé "une seconde famille".
Pas question en revanche de suivre les pas de son père, très engagé dans le syndicalisme agricole, tout au moins pour l'instant, "faute de temps disponible". Interrogé sur ses projets à l'avenir, concernant l'évolution de son exploitation, l'éleveur prévoit d'abord d'améliorer l'ergonomie des postes de travail, notamment les bergeries, et le renouvellement du parc de machines agricoles. Qui va piano va sano...
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