Pour Giovanni Varelli, président du Syndicat des pépiniéristes viticoles du Vaucluse et vice-président de la FFPV, une généralisation du traitement à l’eau chaude découragerait la prospection indispensable à la lutte contre la flavescence dorée. DR
En octobre dernier lors de son congrès annuel, la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV) dénonçait la surenchère réglementaire pesant sur la profession1. Parmi les griefs de la FFPV, le nouvel arrêté ministériel d’avril 2021 encadrant la lutte contre la flavescence dorée, qui avait alors déjà fait, début octobre, l’objet d’un recours amiable auprès du ministère de l’Agriculture. La fédération contestait tout particulièrement les dispositions relatives au traitement à l’eau chaude (TEC). Alors que les services de l’état ont consenti à relancer la concertation, et dans l’attente du rapport technique que doit produire l’IFV (Institut français de la vigne et du vin) sur le sujet, les professionnels de la pépinière viticole ont décidé, fin janvier, de déposer cette fois un recours devant le Conseil d’état, affichant ainsi leur détermination à défendre leurs positions.
Les dispositions relatives au TEC contestées
“Le problème de cet arrêté, c’est d’abord qu’il a été mal fait et qu’il est inapplicable. Il exige que tout matériel végétal, qui va d’une zone délimitée où la maladie est présente, vers une zone exempte de flavescence dorée, soit traité à l’eau chaude. Cela veut dire qu’il faut attendre le résultat des prospections pour connaître le zonage, alors qu’il faut commander les plants 18 mois à l’avance... c’est incohérent et ingérable”, justifie Giovanni Varelli, vice-président de la FFPV et président du syndicat départemental du Vaucluse.
Pour le pépiniériste, la généralisation du TEC n’est par ailleurs pas “un remède miracle”. “Ce n’est pas un vaccin et contrairement à ce que certains peuvent croire, ce n’est pas l’eau chaude qui va exonérer les viticulteurs des traitements insecticides. Réglementairement, il n’y a aujourd’hui que les résultats de la prospection qui vont décider où les traitements seront obligatoires. Dans ces conditions, le traitement à l’eau chaude n’a de véritable intérêt que dans les vignobles qui sont prospectés à 100 % et où la maladie est absente, comme c’est le cas d’appellations en Bourgogne, en Alsace, en Champagne ou chez nous en Sainte Victoire, où le vignoble est prospecté chaque année. On voit d’ailleurs que dans des régions où la flavescence est présente comme l’Hérault ou l’Aquitaine, il n’y a quasiment pas de demande de plants traités à l’eau chaude”, défend-il. “On entend souvent à tort que les pépiniéristes sont contre l’eau chaude, c’est faux ! On ne refuse jamais le traitement, on le fait chaque fois qu’on nous le demande”, ajoute Giovanni Varelli.
La prospection privilégiée
La FFPV craint pourtant qu’une systématisation du TEC ne décourage la prospection mise en place dans les pépinières. “Depuis huit ans, les pépiniéristes font un énorme travail. Chaque année, on mobilise du personnel pendant cinq semaines pour prospecter. Demain, si le TEC devient systématique, une directive européenne nous donne le choix : soit le traitement à l’eau chaude, soit la prospection. Sachant que le traitement à l’eau chaude, c’est environ 100 000 euros d’investissement en machine et en installation, des compétences et énormément de manutention, on ne pourra pas exiger des pépiniéristes qu’ils engagent des moyens humains et financiers lourds sur les deux”, alerte Giovanni Varelli. Avant de poursuivre : “C’est en surveillant notre production chaque année qu’on lutte efficacement, car on décèle la maladie rapidement. La prospection est primordiale.”
Le vice-président de la FFPV, également président de Vitipep’s, marque collective de la pépinière française, met enfin en avant le professionnalisme et l’engagement de la production nationale de bois et plants. “Tout cela est aujourd’hui très encadré et très contrôlé. Avec Vitipep’s, on garantit d’ailleurs aux viticulteurs du matériel végétal issu de parcelles situées en France et prospectées tous les ans. Acheter français, acheter Vitipep’s, c’est aussi un moyen de se protéger”, assure Giovanni Varelli.
“Après, on n’a pas de pouvoir sur le matériel végétal qui arrive des autres pays d’Europe. Il est donc important de communiquer sur notre manière de travailler, mais aussi sur nos contraintes. On est assez proche de la viticulture pour s’entendre et apporter les garanties nécessaires. Il ne faut pas casser cette dynamique au risque de tuer la pépinière viticole française qui est aujourd’hui la plus saine d’Europe”, conclut le représentant de la FFPV.
Gabrielle Lantes
(1) Lire nos éditions du 5 et 19 novembre 2021.
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