SANTÉ
Avec les beaux jours, l'envie de repartir sur les sentiers en balade est forte. Au-delà des gestes à tenir de bon sens, il est aussi recommandé de faire attention aux tiques en cette période printanière.
Grâce à 'Citique', les chercheurs renseignent sur le risque d'exposition des humains et des animaux à des agents pathogènes liés aux tiques.
© Crédit photo : Thomas Bresson
Particulièrement actives au printemps et à l'automne, les tiques sont les principaux vecteurs d'agents pathogènes responsables de maladies infectieuses en Europe. Chez l'être humain, elles transmettent notamment la bactérie à l'origine de la maladie de Lyme. Les piqûres peuvent avoir lieu en forêt, mais aussi dans les jardins.
Pour cartographier leur présence en France, des chercheurs ont lancé le programme de recherche participative 'Citique', coordonné par Inrae, en partenariat avec l'université de Lorraine, l'Anses et le Centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) Nancy Champenoux. Son but ? Améliorer les connaissances sur les tiques piqueuses et les agents pathogènes qu'elles transmettent afin d'améliorer la prévention. Les citoyens sont invités d'ailleurs à participer en signalant leurs piqûres de tiques, sur eux ou sur leurs animaux, via l'application 'Signalement Tique', le site web www.citique.fr ou un formulaire papier.
Parmi les tiques piqueuses d'humains et d'animaux, un échantillon de 2 009 exemplaires ayant piqué les humains (approximativement 150 par grande région française) a été étudié : il s'avère que 27% des tiques analysées sont porteuses d'au moins un agent pathogène pour l'humain, que 4,5% des tiques sont porteuses d'au moins deux agents pathogènes différents, et que 94% des tiques analysées sont des Ixodes ricinus dont :
En région Sud, ce taux est certes le plus faible rencontré en France - entre 0 et 5% à comparer au 20-25% de la région Grand-Est - mais cela ne veut pas dire que toutes les personnes piquées par ces tiques infectées sont tombées malades, car cela peut dépendre de la souche de l'agent pathogène, du temps de nourrissage de la tique, et du statut du système immunitaire de la personne. Ainsi, il est possible d'être exposé et ne pas être infecté.
Ces résultats inédits sur la distribution de B. burgdorferi sl dans l'Hexagone ont conduit également à un travail de modélisation original pour rechercher les facteurs permettant d'expliquer cette distribution. Il est à souligner que 7,3% des larves d'I. ricinus sont porteuses de B. burgdorferi sensu lato. Or les larves ne sont pas censées être infectées par Borrelia, car elles n'ont pas encore pris leur premier repas sanguin. Ce résultat important est conforté par un nombre croissant d'études qui montrent que les larves peuvent tout de même être porteuses de cette bactérie pathogène et sont même capables d'infecter un nouvel hôte.
LE SAVIEZ-VOUS ?-
Combien de piqûres de tiques ont été signalées dans ma région ? Dans quel environnement se fait-on piquer ? Quand ? En pratiquant quelle activité ? Quel âge ont les personnes piquées ? Autant de données que chacun peut visualiser grâce à 'Citique-Tracker' lancé.
Info : https://bit.ly/4vDdzso
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