Cazalrenoux
Yvan Teyssandier est éleveur bio plein air de brebis et cochons à Cazalrenoux, dans la Piège.
Ferme du Pouzet a Cazalrenoux - FRANCE - Ferme du Pouzet
© Crédit photo : JB
"J'ai toujours voulu être paysan, mais je n'avais jamais eu l'occasion de l'être", rembobine Yvan. Diplômé d'un Bac pro et d'un BTS viticulture-œnologie, Yvan travaille d'abord dans la vigne du côté d'Aix-en-Provence, dont il est originaire, "mais je ne m'y suis pas retrouvé, parce qu'il n'y avait pas d'animaux. Or, moi, ce que j'aime, c'est l'élevage".
À 36 ans, alors qu'il est installé à Bordeaux avec sa femme et ses deux garçons, l'entreprise de transport dans laquelle il est salarié lui annonce son licenciement pour motif économique. Yvan saute sur l'occasion pour se lancer dans une reconversion. "J'ai réalisé plusieurs stages dans différentes exploitations agricoles, puis nous avons commencé nos recherches pour acheter une ferme. Il fallait qu'elle soit entre Toulouse et Frontignan, pour le travail de ma femme, qu'elle ne soit pas perdue pour que cela convienne à toute la famille, et avec un budget de 300 000 €. À ce prix-là, tout ce qu'on trouvait était au fin fond des Pyrénées", se souvient-il.
La famille tombe sur la ferme du Pouzet, à Cazalrenoux, dans la Piège, un village de moins de 100 ha- bitants. "J'ai eu un coup de cœur pour les collines et la vue de la Piège sur les Pyrénées. Mais ça, c'est une vision citadine. N'importe quel paysan agriculteur aurait dit que cela ne valait rien, parce qu'il n'y a pas de possibilité d'autonomie, pas de terres labourables. Ce coin-là est très sec et pas grand-chose ne pousse. J'ai été fou d'acheter ça." Yvan y voit tout de même un point positif : la ferme est dotée d'un puits.
"Je savais que j'aurais des animaux, et les stages que j'ai faits m'ont permis de savoir lesquels", raconte Yvan. Il se lance donc, en 2015, avec une cinquantaine de brebis rouge du Roussillon et huit porcelets qu'il voulait duroc large white et duroc piétrain "pour leur rusticité. Ils sont assez musclés. Cela permet d'avoir une viande très persillée, mais assez maigre". Il adopte également deux ânes pour faire de la charcuterie, et se réjouit que le passage des équins derrière les brebis assainisse le sol. "Je leur ai directement donné des noms. Un lien s'étant tissé entre nous, il n'y aura finalement jamais de charcuterie !"
Il adopte ensuite Loupi, un chien de troupeau griffon croisé border. "Pour mon deuxième chien de troupeau, on m'avait conseillé de prendre un border collie mâle noir pour l'impact sur le troupeau. Quand je suis allé le chercher, j'ai craqué pour Nanouk, une femelle merle (tricolore)... C'est une petite princesse qui n'a pas trop d'impact sur le troupeau", sourit Yvan. Après un stage de trois mois en estive dans les Pyrénées, chez un ami berger, Nanouk "supporte beaucoup mieux la pression".
Yvan est en pâturage tournant. "Je fais des parcs en filets électriques et, toutes les semaines, suivant les saisons, je déplace les brebis dans les collines. Si j'augmente mon troupeau, le but, c'est d'aller dans des landes et parcours qui ne sont pas du tout utilisés. J'aime le plein air, que les brebis puissent aller manger dans des endroits inexploités et ouvrir des territoires. Et surtout, j'aime l'agnelage, c'est extraordinaire. Si je suis éleveur c'est pour cela. C'est pour faire des naissances, pour aider aux mises bas. J'aime le rapport avec les animaux, le côté autonome et le relationnel avec les autres paysans. J'aime que les cochons soient dehors, qu'ils soient bien, et qu'on arrive à faire une qualité de viande qui n'a rien à voir avec la viande industrielle. Le seul point négatif, c'est la charge de travail et mentale, et le peu de revenu", confesse Yvan, qui fait partie des éleveurs dont la commune a perdu l'ICHN (Indemnité compensatoire de handicaps naturels) en passant en zone de plaine en 2018 (4 000 €/an).
"Depuis mon installation, je suis monté à 40 cochons engraissés par an", détaille celui qui n'utilise jamais le mot porc. "Le coût et le peu de marge qu'il y a sur du cochon bio plein air, ainsi que les nouvelles normes de biosécurité m'ont décidé à revenir à 12 cochons engraissés par an. J'avais plus basé ma ferme sur les cochons mais, au final, alors que j'ai toujours eu une soixantaine de brebis, je voudrais passer à 180 en augmentant mon troupeau progressivement. Puis, je passerai à deux agnelages par an en séparant mon troupeau", envisage-t-il. Alors qu'il a failli tout arrêter, Yvan s'est donné trois ans pour atteindre ce but. Il lui reste deux ans. "Je suis très content d'avoir pu réaliser mon projet, mais il faut que ça évolue. Il faut que je passe un cap au niveau de la charge de travail et du revenu, sinon j'arrête", confie-t-il.
Les animaux d'Yvan sont abattus à l'abattoir de Quillan. La viande est transformée et séchée par le boucher charcutier local, Bigou. Son pâté d'agneau bio, sa charcuterie de cochon bio ou ses confitures, entre autres, sont en vente à la boutique 100 % paysanne de Carcassonne 'La Borieta', à l'Amap de Mirepoix ou dans sa boutique à la ferme. Il réalise également des ventes en ligne, via le site 'Pour de bon', "une place de marché qui permet d'acheter en circuit court des produits de paysans français provenant de toute la France". La société, basée à Levallois-Perret, prend 30 % de commission et finance le transport par Chronofresh. "Je vends de la viande fraîche ou des plateaux de charcuterie, dont certains sont présentés avec des produits des fermes voisines : le fromage de la Ferme de Briola, à Saint-Julien-de-Briola, et le beurre de la Ferme du Barsa, à Cazalrenoux."
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