RIZ DE CAMARGUE
Le Centre français du riz a réuni la filière à Fourques, dans le Gard, à l'occasion de ses traditionnelles Prémices du riz. Entre valorisation de l'IGP, innovations techniques et lancement de nouvelles variétés, la Camargue continue de défendre son identité rizicole.
Les Prémices du riz se sont déroulées vendredi 5 septembre au Mas d'Adrien, à Fourques, dans le Gard.
© Crédit photo : JB
"Le nombre de batailles de l'IGP Riz de Camargue commence à porter ses fruits en termes d'image et de marché", lance Bertrand Mazel, président du Centre français du riz (CFR), en introduction des Prémices du riz, le vendredi 5 septembre. Comme chaque année, le CFR a donné rendez-vous aux professionnels de la filière rizicole au Mas d'Adrien à Fourques (30) où se situent les parcelles d'expérimentation du centre technique. "Pour preuve, la présence de Lustucru à l'évènement", cite-t-il.
L'occasion, pour cet acteur majeur du riz en France - qui commercialise ses produits sous les marques Lustucru Sélection et Taureau ailé - de découvrir les nouvelles variétés. "Sur le marché, nous avons 4 références de Camargue", explique Élodie Magne, responsable qualité du groupe. "En juin dernier, nous avons sorti un nouveau produit 'Le riz parfumé de France' de la marque Taureau ailé, à partir d'une variété spécifique produite ici, en Camargue."
Une évidence quand on sait que la marque Taureau ailé est née tout près, à Arles (13), en 1970. "Nous travaillons beaucoup avec la Camargue. Le cahier des charges de l'IGP est très strict et les pratiques culturales des riziculteurs sont bien controlées. En terme de sécurité alimentaire, on est assuré de ne pas avoir de problème", termine la responsable qualité.
En plus créer un moment de convivialité, Bertrand Mazel rappelle l'objectif de cet évènement : "On essaye d'être innovant. On parle de robotique, de solutions techniques pour essayer notamment de se passer des phytosanitaires. Il faut simplement nous laisser le temps." Une attention particulière a ainsi été donnée à la présentation d'une écimeuse "qui pourrait servir à éliminer le riz sauvage qui concurrence le riz domestique, pouvant faire perdre entre 20 et 30% de la production". La solution permettrait de répondre aux contraintes de désherbage des producteurs et à "l'impossibilité d'utiliser les BTH [ou VTH en français pour Variété végétale tolérante à des herbicides, obtenue par sélection de mutation naturelle, ndlr]". "En Italie, plus de 70% des surfaces sont mises en musique avec les BTH", ajoute François Clément, responsable technique au CFR. "BASF nous a refusé la possibilité d'utiliser cette technologie en France car, pour faire simple, porter un tel dossier compte tenu du contexte politique et sociétal n'est pas forcément évident. Quoi qu'il en soit, cela représente peut-être une opportunité pour faire valoir la plus value du riz de Camargue." L'objectif de l'écimeuse Top Cut collect ? Réduire les adventices et améliorer l'hygiène de la parcelle grâce à une scie horizontale, un système de tapis convoyeurs et une trémie à vidange pour collecter leurs graines. Une solution créée en 2018 par Romain Bouillé, céréalier dans la Marne, mise en lumière grâce à un partenariat avec la société Zürn.
Autre innovation, celle de la géolocalisation des adventices par drone, développée par Telespazio. Technologie utilisée sur d'autres cultures en France, le principe consiste en l'acquisition d'images par drone et l'analyse automatisée à l'aide de l'intelligence artificielle. Le tout livré au format cartographique, avec la possibilité de valoriser les cartes dans le matériel agricole et d'utiliser une application pour épurer les parcelles. Si les drônes sont utilisés en Camargue pour l'ensemencement et l'épandage d'engrais, la détection des adventices par cette technologie ouvre une voie supplémentaire d'usage de cette technologie.
"On croit beaucoup en nos riz français", lance François Clément. "On est une petite filière, mais on a pour ambition d'inscrire, de manière régulière, des variétés françaises." Dernière en date? La beauduc, inscrite en 2024. Un riz rond, plus précoce que gageron, au potentiel de rendement élevé (75 quintaux/ha en moyenne), avec une bonne résistance à la pyrale et forte face à la pyriculariose. Une nouveauté sur le marché. "2025 est la première année où elle est produite en Camargue", ajoute-t-il. Outre la sélection variétale sur laquelle travaille le CFR (avec plusieurs dizaines de variétés en cours d'étude), le centre a également une activité de screening d'évaluation d'une vingtaine de variétés extérieures, réalisées chez plusieurs producteurs en Camargue. L'objectif est d'évaluer les nouvelles candidates à l'IGP.
Quelle que soit l'activité, "sur la dernière année d'essais, les conditions ont été plutôt meilleures que l'année précédente et la récolte devrait commencer avec une semaine d'avance, soit, fin septembre", annonce le responsable technique. "Les conditions ont été favorables à l'expérimentation, propices au moment du semis en mai, avec des températures clémentes en été qui ont accéléré le cycle du riz. On a également une homogénéité des parcelles intéressante."
Côté avenir, le CFR compte maintenir ses activités en place, mais également se lancer dans un nouveau domaine. "On pense explorer tout le volet RSE [Responsabilité sociétale des entreprises, ndlr] et impact carbone", conclut François Clément. D'après l'association UFC-Que choisir1, la culture du riz est à l'origine de dégagements de méthane, un gaz à effet de serre très puissant. De nouvelles batailles seraient-elles à prévoir pour le Centre français du riz ?
Si la surface des parcelles de riz était de 14 000 ha en 2024, Bertrand Mazel ne cache pas sa joie quand il annonce qu'elle est passée à 16 000 ha cette année. La raison ? "Le prix du riz est intéressant par rapport au marché", explique le président du Centre français du riz. "On présente toutes les variétés comme le riz type Basmati, des riz à cuisson rapide pour la restauration collective, des colorés, parfumés... La demande sociétale est de plus en plus variée et multiple, donc nous devons nous adapter et proposer de nouvelles niches. On a des variétés qui peuvent être inscrites au catalogue officiel [des espèces et variétés de plantes cultivées, ndlr] et on a fait un consortium avec tous les opérateurs pour trouver des variétés adaptées."
Mais le président ne manque pas de remettre sur la table les contraintes liées aux solutions phytosanitaires : "Si on avait les mêmes dérogations qu'en Italie, on passerait facilement à 20 000 ou 25 000 ha. Pour la souveraineté, ce serait mieux." Au total, 10 variétés sont cultivées en Camargue.
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