JEUNES AGRICULTEURS 11
Diversifier sa production ? Depuis Cuxac-Cabardès, les Jeunes agriculteurs de l'Aude ont profité de leur assemblée générale, le 12 mars, pour proposer aux adhérents un tour d'horizon des possibilités.
Loïc Escourrou et Léo Gasc, co-présidents des Jeunes agriculteurs de l'Aude, se mobilisent pour défendre de nouvelles perspectives agricoles. Ainsi l'assemblée générale du syndicat faisait-elle la part belle à la diversification.
© Crédit photo : AL
C'est avec optimisme et motivés par une certaine volonté de défendre la profession que Loïc Escourrou et Léo Gasc, tous deux présidents du syndicat des Jeunes agriculteurs de l'Aude, se sont engagés dans la voie syndicale. "L'année 2024 fut intense et nous a permis de comprendre les enjeux du territoire", introduit Loïc Escourrou.
L'année 2024 fut riche, sans aucun doute, tant pour les rencontres que pour les évènements qui ont secoué le département : manifestations diverses, déplacement de la ministre de l'Agriculture, rencontres auprès de responsables de la grande distribution... un tel agenda aura eu au moins le mérite d'être formateur et d'avoir permis de nouer davantage avec la notion de collectif. "Nous avons un pouvoir d'écoute très fort auprès de l'État, mais aussi des représentants agricoles du département", confirme Léo Gasc, agriculteur sur la commune de Fanjeaux.
Pour garder la tête hors de l'eau, il y a le collectif, mais il y a aussi des solutions. L'une d'elle est la diversification, mais attention, "ce n'est pas un remède miracle. Il faut faire des essais et surtout échanger afin de ne pas se rater", avertit Léo Gasc. Pour cette raison, les Jeunes agriculteurs ont fait de leur assemblée générale du 12 mars un lieu d'échanges pour explorer la thématique et les possibilités dans le département lors d'une table ronde. Avec une offre pléthorique de cultures, la réflexion est de mise. Tour à tour, les responsables se succèdent.
Yannick Masmondet, directeur général de la société Oil'ive Green, qui promeut l'olive comme culture d'avenir, en est certain : "Le Sud de la France devient le pôle de plantation de l'olive." Présent dans plus de 15 départements, son projet dépasse largement les perspectives initiales avec des prévisions de plantation au niveau national de plus de 100 000 hectares, mais aussi un partenariat inédit avec Total Énergie sur le recyclage des déchets pour la création de biogaz et d'hydrogène.
"Nous avons beaucoup de demandes de sociétés foncières pour consolider les dossiers d'installation, des Chambres d'agriculture qui souhaitent développer la filière, ou encore des personnes en reconversion professionnelle qui désirent se lancer dans l'aventure." Avec une autonomie de production de 500 m3 d'eau par hectare et par an, l'olive reste intéressante dans un département touché par la sécheresse, même si le directeur le reconnaît, "il est délicat de se positionner en dessous de Carcassonne, car l'eau est vraiment une problématique dans ce secteur".
Côté arboriculture toujours, l'agrume trouve également sa place selon Olivier Nunez, fondateur de l'association des producteurs d'agrumes d'Occitanie et chef de projets agrivoltaïques pour la société Reden. Clémentines, oranges, citrons de toutes sortes... ces cultures installées historiquement en Corse ont pour lui un rôle à jouer dans le Sud de la France également. "Nous avons un terroir de plus en plus propice pour mettre en place cette culture", pointe-t-il. Bien que gourmand en eau, l'agrume présente en effet des intérêts majeurs tant sur l'aspect économique du producteur que pour les apiculteurs en quête de nectar. "Les objectifs sont encourageants, d'ici 2030, nous prévoyons de planter 500 hectares, puis 1 500 en 2035 et plus de 4 000 d'ici 2040."
Fruit encore peu présent en Méditerranée, l'avocat est également scruté de près. Même si la culture demande plus de 6 500 m3 d'eau/ha/an, les études menées par Reden semblent montrer la potentielle division des besoins par 3,5 sous des panneaux photovoltaïques, pour arriver à 1 800 m3. "C'est encore beaucoup, mais c'est encourageant pour ceux qui ont l'eau à disposition."
Enfin, les légumes de plein champ ont aussi leur place dans le catalogue de la diversification. Denis Vieu, directeur approvisionnement chez Arterris, met en avant plusieurs possibilités : carotte, chou fleur, asperge, concombre... la liste est longue et mérite réflexion. "Ces choix devront se faire au travers le prisme des capacités de chacun, mais aussi du matériel à disposition et bien sûr de la disponibilité en eau."
Avec de moins en moins de rentabilité sur les exploitations, Loïc Escourrou reconnaît, de concert avec Léo Gasc, que "c'est peut-être le moment d'encourager les jeunes à aller vers la diversification". Dans l'Aude, les deux présidents constatent que de plus en plus de jeunes se lancent, dans de bons ou de mauvais choix. "Notre but est également de canaliser les idées qui peuvent émerger." Le syndicat se positionne ainsi en facilitateur afin d'accompagner de façon collective les ambitions qui façonneront le paysage audois de demain.
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