chambre d'agriculture de l'Aude
La session de la Chambre d'agriculture de l'Aude s'est déroulée mardi 5 mars, afin de présenter le rôle de l'Association des Chambres d'agriculture des Pyrénées (Acap), ainsi que la stratégie départementale de l'agriculture et de la pêche.
Afin d'expliquer ce qu'est la réalité du pastoralisme et de l'agriculture de montagne, un film va bientôt voir le jour sur le grand écran et permettra d'expliquer les particularités de l'agriculture de montagne au grand public.
© Crédit photo : AL
L'Association des Chambres d'agriculture des Pyrénées (Acap) se révèle être une force centrale dans la mutualisation des efforts pour le développement durable de l'agriculture dans la région montagneuse des Pyrénées. Philippe Lacube, éleveur et président à double casquette de la Chambre d'agriculture de l'Ariège et de l'Acap, souligne l'importance vitale de cette association dans la valorisation et le développement des régions montagneuses. En effet, l'association regroupe six Chambres d'agriculture, au travers de six départements allant de l'Aude jusqu'à la côte basque, couvrant les deux régions que sont les Pyrénées- Atlantiques et l'Occitanie.
En 2020, le territoire comptabilisait 10 774 exploitations agricoles, marquées par une prédominance des systèmes herbivores incluant 45 % d'élevages pastoraux. "Le pastoralisme tient une place très importante dans l'activité agricole des Pyrénées et compte parmi celles qui ont le mieux résisté", affirme Claudine Vibert, cheffe de service développement territorial à la Chambre d'agriculture de l'Aude. L'objectif de l'Acap est donc d'améliorer la reconnaissance et le soutien des activités agricoles de montagne, en se matérialisant à travers trois objectifs majeurs. L'un d'entre eux consiste à peser davantage dans les décisions politiques, notamment celle de la Politique agricole commune (PAC), qui a, jusqu'en 2016, fait longtemps abstraction des spécificités de l'agriculture pastorale. Cette date a marqué un tournant avec la reconnaissance des surfaces pastorales comme productives, contribuant ainsi à une revalorisation des aides pour les agriculteurs des régions montagneuses. Cependant, les défis restent nombreux. Par exemple, l'introduction récente de la notion de chargement sur les surfaces ligneuses productives par les autorités a soulevé des inquiétudes. "Cette décision n'est pas juste, car ce sont des surfaces importantes pour bon nombre d'exploitations agricoles et ce sont celles-là que l'on va pénaliser", souligne Philippe Lacube.
Avec la difficulté que représente le traitement de ces données pour la DDTM, le ministère, conjointement avec l'Agence de service et de paiement (ASP), a mis en place le 3STR, technologie qui permet de déterminer la nature du couvert et de détecter certains actes techniques sur les parcelles grâce à des images satellites traitées par intelligence artificielle. Or, celle-ci est loin de faire l'unanimité. "Quand les agents de la DDT des Pyrénées viennent sur le terrain, ils constatent que ce système n'est pas optimal et plus dangereux encore, certains agriculteurs perçoivent des sommes d'argent qu'ils risquent de devoir rembourser tôt ou tard", s'insurge le président de l'Acap.
En dépit de ces obstacles, l'Acap ne manque pas d'initiatives pour soutenir ses membres. L'association a su faire renaître la dynamique autour du Réseau pastoral pyrénéen, arrêté depuis 2014 et remis en service grâce au Fonds national d'aménagement du territoire (FNADT). Ce réseau permet de fédérer les structures au travers d'actions techniques diverses comme le travail sur l'ouverture des milieux, concernant les incendies, les associations foncières pastorales, mais également sur l'Observatoire des galliformes de montagne (OGM), ou encore les conditions d'emploi des gardiens pour les estives.
C'est également l'objectif du Plan avenir pastoralisme, un projet de financement qui s'étale sur six ans et qui vise à assurer un soutien financier pour la rénovation et le maintien des infrastructures pastorales, essentielles à l'activité agricole en montagne. La protection des savoir-faire traditionnels et la mise en valeur des filières locales, comme celle de la laine des Pyrénées, sont également au cœur des préoccupations de l'Acap.
Dans un monde où l'urgence climatique impose de repenser les modes de production et de consommation, le Département s'engage dans la transformation de ses pratiques. Avec la présentation de sa nouvelle stratégie, il se dote d'une feuille de route ambitieuse, articulée autour de cinq axes clés et de différentes actions phares destinés à remodeler l'avenir de l'agriculture locale, ainsi que le secteur de la pêche. "Cela fait des années que nous travaillons côte à côte, mais jamais ensemble. C'est pour cela que dorénavant, nous allons travailler ensemble", assure Alain Giniès, vice-président délégué à l'Agriculture et au Tourisme.
La base de toute production agricole durable repose sur la conservation et l'optimisation de l'espace cultivable. C'est pour cela que l'aménagement et la préservation du foncier agricole est un axe majeur du programme. Pour ce faire, le Département envisage de mettre en œuvre des mesures de protection et d'aménagement foncier, de revitaliser les friches agricoles, et de renforcer la prévention contre les incendies, en mettant un accent particulier sur la valorisation des espaces pastoraux, notamment les zones humides. Conscient que tout cela ne se fera pas sans installation, la nécessité de renouveler les générations pour pérenniser l'agriculture locale est au cœur de la stratégie. Pour ce faire, le Département souhaite faciliter l'installation de nouveaux agriculteurs et de pêcheurs, mais aussi améliorer les conditions d'exercice du métier, en anticipant les transmissions des exploitations. "En s'adossant à la Région, nous pourrions obtenir des fonds européens pour soutenir la mise en relation entre cédant et repreneur", explique le vice-président. Une attention particulière est accordée à la promotion des métiers de la pêche et de l'agriculture, afin de renforcer leur attractivité au travers de contrat de filière à la conchyliculture, ainsi qu'une meilleure communication en ce qui concerne le cumul du RSA avec l'emploi saisonnier.
Face aux défis posés par le changement climatique, l'axe 3 de la stratégie se concentre sur le développement et l'accompagnement des productions et des pratiques agroécologiques. Parmi les actions phares, citons l'encouragement à la diversification des cultures, l'implantation de haies, la création de parcelles en agroforesterie, et la lutte contre la désertification vétérinaire, témoignant ainsi d'une volonté de renforcer la résilience des systèmes de production agricoles. "Nous avons une pépinière départementale qui œuvre et fait des expérimentations sur ces sujets."
Pour accompagner ce mouvement, le Département met en avant le développement de la commercialisation en circuits de proximité et le soutien aux outils de transformation locale. Par le biais de stratégies d'achats ciblés et de la promotion d'événements autour de la marque 'Pays Cathare', cet axe ambitionne de rapprocher les producteurs des consommateurs, tout en contribuant à la lutte contre la précarité alimentaire. "Notre première compétence, c'est la compétence sociale, et nous y tenons beaucoup", assure Alain Giniès.
Enfin, pour que l'agriculture de demain soit innovante et attentive à la gestion des ressources naturelles, la stratégie inclut dans son programme le développement d'une agriculture irriguée résiliente. "C'est un dossier ô combien important, car ce n'est pas avec ce qu'il a plu dernièrement que les nappes et les barrages sont rechargés, c'est un sujet beaucoup plus compliqué que cela", souligne-t-il.
Les projets d'expérimentation et de recherche sont également des leviers indispensables pour mettre un pied dans la transition agroécologique tant attendue. "Le Domaine de Cazes a toujours fait des travaux importants et il doit donc être accompagné comme il se doit pour que l'on puisse développer davantage les nouveaux cépages de demain."
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Un effort particulier est mis sur l'amélioration de la communication avec le grand public et les autres usagers de la montagne pour prévenir les conflits d'usages, intensifiés par la croissance du tourisme. Comme le souligne le président de l'Association des Chambres d'agriculture des Pyrénées (Acap), "le droit des usages, la transhumance et le pastoralisme sont fondés sur des usages immémoriaux qui sont souvent inscrits dans le temps par la parole, mais force est de constater que la montagne devient un endroit de plus en plus convoité par le tourisme. Il existe donc un risque pour que nous soyons dépossédé de la gestion de ces territoires". L'association entend donc par-là transcrire "juridiquement" ces paroles d'usage dans le marbre de la loi.
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