VŒUX DU PRÉFET
Lors de ses vœux à la presse, le préfet des Pyrénées-Orientales a placé l'agriculture au cœur des priorités pour 2026. Eau, économie et soutien aux filières structurent une feuille de route marquée par la crise agricole, les enjeux sanitaires, la gestion de la ressource en eau et l'ambition d'un développement territorial équilibré.
Le 6 janvier, lors des vœux à la presse, Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, a placé l'agriculture au cœur des priorités pour 2026.
© Crédit photo : AV
"Les Pyrénées-Orientales, sans l'agriculture, ne seraient pas les Pyrénées- Orientales", a déclaré, Pierre Regnault de la Mothe, préfet du département, lors de ses vœux à la presse, le 6 janvier.
Pour 2026, il structure l'action de l'État dans les Pyrénées-Orientales autour de 12 axes, réunis dans un document officiel. Parmi ces 12 chantiers, il a dégagé cinq priorités absolues : la sécurité, l'agriculture, l'eau, l'économie et l'emploi, l'organisation des élections municipales.
Sur le terrain politique européen et international, le préfet reconnaît l'inquiétude du monde agricole. Les accords du Mercosur sont "un premier sujet de préoccupation" et la position française reste "très claire : le compte n'y est pas pour accepter l'accord".
Sur la Politique agricole commune (Pac), la France "se bat à Bruxelles pour que le budget ne baisse pas".
Il relaye aussi l'engagement exprimé dans la lettre ouverte aux agriculteurs du Premier ministre Sébastien Lecornu, datée du 4 janvier 2026, affirmant que l'État ne tolérera plus la présence de substances interdites dans l'Union européenne et renforcera les contrôles. "Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures. Rétablir la justice économique. Supprimer ou adapter des règles qui pénalisent notre agriculture, sans pour autant toujours protéger efficacement l'environnement ou la santé", indique le Premier ministre.
Afin de mettre ces directives en application, des points fixes comme Saint-Charles, mais aussi Port-Vendres, via des unités mobiles, seront dans le viseur des inspections dès la signature des arrêtés.
Pour la filière élevage, durement touchée, le 18 décembre, le préfet a rencontré les éleveur·ses pour présenter les aides d'indemnisation et les systèmes de soutien. Pour 2026, l'enjeu est double : aider à reconstituer les cheptels abattus dans les meilleures conditions possibles, mais aussi accompagner économiquement l'ensemble de la filière viande, des exploitations aux abattoirs et aux industries de transformation, qui souffrent toutes des contre-coups de la crise. Pour cela, le département dispose d'une enveloppe de 278 000 €, en cours de répartition entre toutes les exploitations.
Sur les mouvements de bétail, le cadre sanitaire est précis : 45 jours sans nouveau foyer à compter du 22 décembre 2025. Si cela permettrait en théorie d'autoriser les mouvements de bétail comme en Catalogne Sud, cela ne sera pas automatique, dans un souci de cohérence sanitaire avec les départements limitrophes également impactés. En effet, un 3e cas de DNC a été détecté en Ariège le 3 janvier.
L'eau a également occupé une part majeure du discours. Décembre 2025 a offert un repère rare : 250 mm de pluie en un seul mois, soit l'équivalent d'une année entière de précipitations en 2023. Les nappes phréatiques se rechargent, les capteurs piézométriques sont à la hausse et la quasi-totalité des seuils de vigilance sont atteints ou dépassés. "Tout n'est pas reparti à la mer", rassure Pierre Regnault de la Mothe, prenant l'exemple du barrage de Caramany : 7 millions de m³ d'eau avant les pluies, 19 millions de m³ aujourd'hui, soit 12 millions de m³ stockés, tout en conservant sa fonction d'écrêtement des crues, rôle vital face aux épisodes intenses. Si les dernières pluies ont rebattu les cartes hydriques du département, le préfet l'a rappelé sans détour : dans les Aspres comme sur l'Agly-Salanque, le rebond attendra encore, et 2026 devra d'abord s'écrire en concentrant l'effort là où l'eau manque le plus.
Sur le stockage, il le répète, "il n'y a aucun tabou". Le plan de résilience eau dans le département continue d'avancer, notamment sur le dossier hydraulique des Aspres - en souffrance depuis 15 ans et désormais repris en main, pour un passage à l'autorisation en janvier 2026 - ainsi que sur le maillage stratégique de l'Agly, qui concerne 1 100 hectares agricoles et fera l'objet d'un dossier déposé en janvier 2026 pour répondre au cadre de financement hydrologique agricole défini dans le Plan stratégique national de la Pac.
Dans la même dynamique, les premiers arrêtés de régularisation des forages agricoles ont été signés en 2025 et d'autres sont attendus ces prochaines semaines.
En 2026, la viticulture des Pyrénées-Orientales gagne un nouveau terrain d'expression : l'œnotourisme, hissé par le préfet Pierre Regnault de la Mothe au rang de 5e axe stratégique de la feuille de route des Assises départementales de la viticulture, qui seront conclues au printemps 2026. Lors du lancement des Assises, quatre piliers formaient l'ossature des débats. Ils dessinaient les fondations d'une filière vigne déjà engagée dans sa mue : la structuration des coopératives, la performance économique des exploitations, l'aménagement du territoire et la réglementation, souvent associée aux simplifications administratives attendues par la profession.
En 2026, l'œnotourisme complète le discours, le réoriente et l'ouvre, avec l'ambition affichée de faire rayonner les crus autant que les paysages qui les portent. Un ajout structurant pour la filière vigne : désormais, le récit du vin passera aussi par l'expérience, les destinations et l'attractivité, pas seulement par la production.
"Un département doit fonctionner, produire et accueillir, mais sans saccager ses terres, ni se dérober à la transition énergétique", laisse entendre le préfet, en visant un développement des énergies renouvelables. Dans ce cadre, un arrêté sur le photovoltaïque au sol doit poser les limites. Surtout, 2026 verra la définition d'une doctrine sur l'agrivoltaïsme, attendue comme un outil d'équilibre entre production énergétique et préservation du foncier agricole.
C'est aussi dans ce volet que la cabanisation est évoquée comme un problème à résoudre, car elle constitue "une atteinte à un nombre incalculable de règles de la République". En 2025, cinq opérations de démolition d'office ont été menées dans le département, et l'objectif est d'aller plus loin en 2026, chaque fois qu'une décision de justice définitive le permet, même si les procédures restent longues à aboutir.
Sur la sécurité civile, le préfet a aussi inscrit la forêt dans le champ des cultures et des usages à protéger. Un réseau de caméras intelligentes sera déployé en 2026 pour détecter les départs de feux de forêt et de végétation, co-investissement porté avec le Conseil départemental et le Sdis, partenaire opérationnel "très mobilisé" sur la prévention et la lutte contre les incendies.
L'idée d'une "ceinture de protection" autour des bourgs- reposant sur la maîtrise foncière du pourtour et l'implantation de cultures choisies pour leur rôle de coupe-feu- est défendue comme une solution pragmatique pour protéger les villages, mais aussi les terres agricoles qui les entourent.
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Le préfet a évoqué plusieurs signaux encourageants pour 2026 : la victoire de l'USAP face à Toulouse et la remontée d'une place en Top 14, la pluie abondante qui a rechargé les nappes, les chutes de neige arrivées "au bon moment pour les stations", et les étapes sportives internationales à venir - Tour de France et Vuelta - ont été citées comme des marqueurs d'optimisme collectif.
De bonnes nouvelles qui, selon le préfet, doivent "donner une énergie supplémentaire" pour affronter des défis structurants, dans un département où l'agriculture reste un pilier économique, mais également paysager, inscrivant la filière vigne dans un récit territorial indissociable du tourisme et de l'attractivité.
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