Chambre d'agriculture
Organisée le 24 novembre au Marché aux fleurs de Hyères, la session d'automne de la Chambre d'agriculture du Var a mis l'horticulture à l'honneur. Elle a aussi permis de faire le point sur les grands projets de la mandature.
L'horticulture était à l'honneur de la session organisée le 24 novembre, à la Sica Marché aux fleurs de Hyères.
© Crédit photo : GL
Fleuron de l'agriculture du département, la filière horticole était au cœur de la dernière session de la Chambre d'agriculture du Var, accueillie par l'emblématique salle du cadran de la Sica Marché aux fleurs de Hyères (Sica MAF).
Centre névralgique de l'horticulture varoise, le bassin hyérois concentre quelque 300 producteurs de fleurs coupées. "Nous sommes ici sur Toulon Provence Méditerranée (TPM), dans un bassin d'emploi agricole de premier plan grâce à la diversité des productions horticoles, maraîchères, viticoles et fruitières. L'horticulture, à elle seule, représente plus de 2 000 emplois", précise Philippe Vaché, secrétaire général adjoint de la Chambre et président de la commission consulaire dédiée à la filière.
Avec 692 hectares en production de fleurs et feuillage coupés et 169 ha en pépinières et plantes en pot recensés dans le département, soit respectivement 73 % et 31 % des surfaces régionales, le Var est le premier département horticole de la région Sud, elle-même première région productrice de fleurs coupées à l'échelle nationale. Lors de la campagne 2022-2023, plus de 60 millions de tiges ont été commercialisées sur la Sica MAF, première plateforme de vente en gros en France.
Et si, sur les dix dernières années, le volume de production a diminué de 30 %, le chiffre d'affaires de la filière a parallèlement augmenté de 40 %. "L'horticulture varoise va bien et a besoin de jeunes qui s'installent", lance Paule Mistre, élue référente du territoire de TPM. "Le cœur battant de la filière, ce sont les producteurs dont découlent différents métiers : la commercialisation avec la Sica MAF, le conseil et l'expertise avec la Chambre et le groupement de producteurs de fleurs coupées Philaflor, l'animation avec Florisud, la recherche et le développement avec l'Astredhor Méditerranée, la formation avec l'Agricampus", développe Marie-Madeleine Bazzano, chargée de mission de Florisud, réseau des acteurs de l'horticulture varoise.
Pour autant, la filière fait face à de nombreux défis, notamment par rapport au morcellement des surfaces, en lien avec son implantation en zone urbaine et péri-urbaine, au manque de mécanisation et de robotisation, aux impasses techniques ou aux difficultés récurrentes de recrutement. "Le plus gros défi, c'est de maintenir la compétitivité de la production, mais aussi des outils de commercialisation et de structuration. Et malheureusement, l'horticulture est une filière classée orpheline et exclue de la Pac", souligne Marie-Madeleine Bazzano.
La filière horticole rencontre ainsi de multiples problématiques quant aux règles construites en fonction des principales filières alimentaires. Comme récemment avec la réforme du système assurantiel agricole. "Comment construire un référentiel de rendement en pépinière quand le rendement n'est pas calculable ? Comment seront prises en compte les exploitations en zone inondable, qui rendent service à la collectivité, mais sont exclues de tout système assurantiel ?", interroge la représentante de Florisud. "Il y a un trou tellement gros dans la raquette que la balle passe à travers. On nous dit que l'on va réunir les assureurs, mais on attend toujours et on perd du temps", dénonce Max Bauer, pour la Coordination rurale. "La réforme des calamités agricoles, même si l'outil était loin d'être parfait, est inapplicable pour beaucoup de filières. Nous avons besoin d'un système national ambitieux et efficace", plaide Sylvain Apostolo, porte-parole de la Confédération paysanne du Var.
Deux études de la Chambre d'agriculture (voir notre édition du 27 oc- tobre) mettent par ailleurs en évidence la nécessité d'accompagner la profession horticole du département, pour réhabiliter les serres en friches, soutenir leur remise en culture et limiter leur développement à l'avenir.
La réappropriation des friches est d'ailleurs l'un des axes majeurs du Plan de reconquête agricole, l'un des quatre grands projets de la Chambre d'agriculture. "Le plan co-construit avec la préfecture est entré en phase opérationnelle. Mais malheureusement, il a toujours des contraintes réglementaires et environnementales qui compliquent tout. On a besoin que les services de l'État s'engagent sur la procédure de remise en culture des terres incultes, comme sur la mise en place des pare-feux agricoles", défend Sylvain Audemard, qui a conduit la session en l'absence de sa présidente Fabienne Joly, pour raison de santé.
Le projet d'abattoir de proximité semble se réorienter vers une structure construite à partir d'un opérateur existant. Des discussions sont ainsi en cours avec les abattoirs de Puget-Thénier et de Sisteron, indique Sylvain Audemard. "C'est un projet sur lequel on travaille depuis des années. Il est indispensable pour répondre à la loi Egalim et aux Projets alimentaires territoriaux (PAT). Il doit éviter de trop longs transports aux animaux et aux éleveurs, mais aussi permettre de développer la vente directe, avec un outil d'abattage et de conditionnement", rappelle-t-il.
Sur l'eau et le développement du réseau d'irrigation, le vice-président de la Chambre plaide pour le collectif et demande des garanties. "Il faut avancer collectivement pour l'agriculture, mais aussi pour la sécurisation de la ressource sur nos territoires ruraux. Après, quand la profession est prête à mettre 30 % des financements sur un projet à 300 mil- lions d'euros, aux côtés de la Société du canal de Provence, de la Région, du Département et des collectivités, il faut être sûr de pouvoir avoir accès à l'eau. Et l'arrêté interdépartemental - qui donne la possibilité d'interdire le goutte-à-goutte en cas de crise - nous inquiète", soulève Sylvain Audemard.
Enfin, le pôle d'excellence viticole, quatrième projet de la mandature, fait encore l'objet de discussion avec la direction générale des finances publiques quant à son montage financier. "On perd du temps, il faut avancer car on veut déposer le permis de construire avant la fin de l'année 2023", insiste Sylvain Audemard.
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Alors que la Chambre d'agriculture du Var prévoit un résultat négatif d'un peu plus de 52 000 € au budget initial 2024, malgré une baisse de dépenses de 5 %, Sébastien Perrin déplore que l'augmentation de la TA-TFNB (taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti) "profite surtout aux collectivités. Nous avons sollicité l'administration à ce sujet, car les agriculteurs - principaux contributeurs de cette taxe - ne comprendraient pas qu'il n'y ait pas un retour vers les Chambres d'agriculture", défend le secrétaire général de la Chambre. "L'État se désengage, nous demande d'en faire toujours plus, donc d'augmenter notre masse salariale, passée de 38 ETP en 2019 à plus de 43 aujourd'hui, et dont le point d'indice a été récemment augmenté en raison de l'inflation. Il faut des recettes à la hauteur pour financer tout cela. Nous tenons à maintenir le cap des services publics que nous rendons, en minimisant les coûts pour les agriculteurs. Nos prestations de service représentent ainsi 19 % des produits. C'est 28 % pour la moyenne nationale des Chambre d'agriculture", plaide-t-il.
Si les attentes sont fortes par rapport au soutien de l'État, la Chambre d'agriculture apprécie de pouvoir bientôt de nouveau travailler avec le Département, sous l'impulsion de son président, Jean-Louis Masson. Louis Reynier, vice-président du Conseil départemental du Var, a annoncé, lors de la session, une autorisation de programme de 7,3 millions d'euros ces quatre prochaines années en faveur de l'agriculture et de la forêt.
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