coopération
Jeudi 29 février, la coopérative La Cavale, basée dans la Haute Vallée de l'Aude, a tenu son assemblée générale, afin de dessiner les contours de son plan stratégique 2022-2026.
Francis Pages, président de la coopérative La Cavale, et Christophe Bonnemort, son directeur, ont présenté les nouveaux objectifs de la coopérative, lors de l'assemblée générale du 29 février.
© Crédit photo : AL
Après plus d'un siècle d'existence, la coopérative de La Cavale n'a de cesse de développer son outil de travail, pour répondre aux enjeux du territoire, ainsi qu'à ceux des hommes et des femmes qui y habitent. C'est par le plan stratégique, rédigé depuis janvier 2022, que cette dernière va écrire les prochaines lignes de son histoire. En effet, la coopérative s'inscrit résolument dans une démarche de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), afin de réduire son empreinte écologique, que ce soit directement pour ses propres activités, ou bien indirectement en agissant sur celle de ses adhérents.
Cette démarche RSE - accompagnée par La Coopération agricole Occitanie de juin à décembre 2022 - vise à inscrire durablement la coopérative dans la transition écologique. Trois thématiques vont donc impulser la structure dans les mois à venir : l'accompagnement des adhérents dans la transition environnementale, une nouvelle offre agrotouristique, et la création d'un pôle agroalimentaire à Quillan.
Afin de répondre aux nouvelles installations, mais aussi aux divers projets de diversification, La Cavale va renforcer son appui sur l'ensemble des filières, notamment sur la partie céréales. Cette année, la coopérative a stocké plus de 3 400 tonnes, contre 2 030 t en 2022, et 2 491 t en 2021. "Des chiffres encourageants", reconnaît Christophe Bonnemort, son directeur. À l'avenir, la valorisation d'une collecte conventionnelle et en agriculture biologique (AB) en circuits courts va se développer, afin de répondre aux besoins des adhérents et à la nécessité de démocratiser les filières courtes.
"Il s'agit de mettre en place une collecte d'environ 500 tonnes d'ici trois ans, auprès d'une vingtaine de producteurs, en complément de la collecte en conventionnel", détaille-t-il. Des accords commerciaux et logistiques ont été passés avec les coopératives voisines, notamment celles de l'Ariège : Capa et Capla. Les investissements à prévoir, estimés à environ 100 000 €, tournent autour de silos de stockage, d'outils de transformation (nettoyeurs, moulin) et d'appui technique. Pour la partie élevage, la coopérative souhaite travailler davantage pour la production d'aliments locaux, en AB et conventionnel, en soutien à la démarche 'Viandes des Pyrénées audoises' (VPA). Le soutien logistique à la démarche VPA est réalisé dans le but de contribuer à l'atteinte des objectifs, soit 50 t en 2021-2022, 75 t en 2022-2023, et 100 t à partir de 2024. "La création d'un aliment local, moins cher, permettra en effet de lever un certain nombre de freins économiques et sera porteuse d'un message rassurant auprès des acheteurs et des consommateurs, en améliorant la traçabilité de la démarche", partage le président de La Cavale, Francis Pages.
De son côté, le Moulin du Sou, acteur majeur de la filière olive, se prépare à un bouleversement significatif : la construction d'un nouveau moulin visant à accroître l'excellence qualitative de ses huiles AOP et AB, déjà reconnues pour leur qualité. Depuis sa création en 2008, le moulin a connu une croissance significative, avec une production d'olives en constante augmentation, en lien avec le vieillissement et l'agrandissement des vergers des adhérents, atteignant une moyenne annuelle de 120 t pour 17 000 litres d'huile produite en 2021.
Cependant, l'outil de production actuel montre ses limites : il ne permet plus de traiter de manière optimale les olives des adhérents et oblige la coopérative à une organisation quotidienne "au jour le jour". Pour remédier à cette situation, la réalisation du complexe oléo-touristique, programmé par La Cavale, englobera trois entités clés : un moulin traditionnel, un espace de vente mettant en avant les produits locaux, et une offre d'animations touristiques. Ainsi, la coopérative a fait appel à un bureau d'étude spécialisé en muséographie et tourisme pour assurer les quatre grandes phases de l'étude, englobant à la fois l'aspect technique du moulin, l'espace de dégustation, et la dimension scénographique à venir.
En ce qui concerne la partie distillation, la coopérative collecte en moyenne 12 000 t de marc par an, provenant à 70 % des caves coopératives et à 30 % des caves particulières, avec la répartition suivante : 40 % de marc non fermenté blanc, 30 % de marc non fermenté rouge et 30 % de marc fermenté rouge. En moyenne, 20 000 hectolitres de lies sont également collectés chaque année. Après distillation, les meilleures lies servent à faire du tartrate de chaux et parfois des huiles essentielles.
Dans les mois à venir, une attention sera portée à la filière viticole au travers d'une meilleure valorisation du marc, par séchage des pulpes et des pépins, et des lies, par l'optimisation de l'atelier de tartre. "Désormais, la distillerie vise à établir une production d'alcool biologique. Cela va nécessiter la séparation de circuits de traitement et donc un investissement, évalué à 20 000 euros", étaye le président.
La coopérative génère actuellement entre 400 et 500 t d'Unités couleur (TUC). Cependant, la capacité de stockage - environ 30 000 hl - limite le fonctionnement de la distillerie, entravant le traitement du marc rouge pour la production de colorants, qui pourrait passer de 2 000 à 3 000 t, augmentant ainsi la production de colorant de 450 à 600 TUC. Pour remédier à cette limitation, la distillerie prévoit d'augmenter sa capacité de stockage de 8 000 hl, à l'aide de quatre bacs inox de 2 000 hl chacun, tout en respectant les normes réglementaires.
De plus, la distillerie veut moderniser son atelier d'extraction de tartre et de production de tartrate de chaux, devenu obsolète suite aux inondations de janvier 2020. Une étude interne, avec le soutien de consultants externes, est prévue. Elle doit remettre en place cette production, avec des estimations de coûts s'élevant à 250 000 €.
Ces initiatives marquent une phase cruciale de développement pour la distillerie, démontrant son engagement envers l'innovation, la durabilité et l'adaptation aux besoins changeants du marché. Ces investissements visent à renforcer sa position en tant qu'acteur majeur de l'industrie des alcools et des colorants, tout en soulignant son engagement envers les normes biologiques et son respect des réglementations en vigueur.
Enfin, pour englober tous ces investissements, le projet ambitieux de la coopérative La Cavale pour la création d'un pôle agroalimentaire à Quillan est au cœur de sa stratégie pour les années à venir. Situé stratégiquement au carrefour du plateau de Sault, des Hautes Corbières, des Pyrénées-Orientales (Capcir, Fenouillèdes), et de l'Ariège (Donezan), Quillan représente un point névralgique pour ce développement. "Nous avons la chance d'avoir le soutien de la ville, de l'intercommunalité, ainsi que de la sous-préfecture", explique le président. La coopérative a acquis un terrain jouxtant le Gamm Vert de Quillan, pour un montant de 150 000 €, dans le but de créer une offre complète d'agrofournitures en élevage, couvrant l'ensemble de la Haute Vallée de l'Aude.
Historiquement présente dans la région en tant que fournisseur d'aliments et d'agrofournitures pour l'élevage, la coopérative La Cavale cherche à diversifier et à renforcer son offre actuelle. Les défis à surmonter incluent la concurrence d'autres coopératives telles qu'Arterris, la concurrence espagnole en termes de prix des aliments, des engrais et des semences, ainsi que le manque de moyens alloués pour améliorer leur gamme de produits. Le retrait progressif des zones d'élevage par Arterris offre à la coopérative l'opportunité de déployer un pôle d'élevage plus conséquent à Quillan. Ce projet, pensé dans le cadre du plan stratégique 2022-2026 de La Cavale, témoigne de son ambition de créer encore plus de valeur sur le territoire, à travers des projets favorisant le local, les circuits courts et la proximité. En sollicitant des financements au niveau du massif pyrénéen et du programme Leader, la coopérative affiche sa détermination à faire de Quillan un pôle agroalimentaire florissant, au service de la Haute Vallée de l'Aude.
POUR ÊTRE précis-
Ce projet vise à mettre en place un outil logistique et commercial collaboratif pour faciliter le regroupement et le dégroupage des produits au sein de la filière. Ce projet est conçu pour soutenir les actions 'Restauration collective' et 'Filière de diversification végétale' du Projet alimentaire territorial (PAT) Haute Vallée de l'Aude, afin de renforcer la connexion entre l'offre et la demande. Les investissements prévus visent à tripler, voire quadrupler, la production commercialisée d'ici deux à trois ans, avec le doublement du nombre de producteurs. Les impacts escomptés comprennent la consolidation des exploitations déjà en production, la création de valeur pour les exploitations qui se diversifient, l'installation de nouveaux maraîchers et arboriculteurs, ainsi que le renforcement des activités logistiques et commerciales de la structure.
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