GARD
À quelques jours de la Fête de l'agriculture paysanne, la Confédération paysanne a réuni presse et élus à la ferme d'Oz, à Saint-André-de-Valborgne. L'occasion de présenter un collectif d'éleveurs ovins... et d'ouvrir le débat brûlant sur l'avenir des abattoirs.
La Confédération paysanne du Gard a choisi de donner rendez-vous aux élus et à la presse à la ferme d'Oz, à Auzillargues, sur la commune de Saint-André-de-Valborgne.
© Crédit photo : JB
En amont de la Fête de l'agriculture paysanne organisée les 4 et 5 octobre, la Confédération paysanne (la Conf') a donné rendez-vous aux élus et à la presse à la ferme d'Oz, ferme collective d'élevage ovin à Auzillargues, sur la commune de Saint-André-de-Valborgne. Étaient présents Cathy Chaulet, conseillère départementale du Gard, ainsi que François Abbou, maire de Peyrolles. Une occasion de présenter l'agriculture en collectif, mais également de parler abattoir après la réouverture de celui d'Alès.
"Cette ferme appartient à Terre de liens depuis 2015", explique Pierre Salières, l'un des associés du Gaec d'Oz. Transmise récemment, la ferme a été reprise et louée à Maureen Legoux, Bastien Simon et Pierre Salières, tous trois reconvertis dans l'agriculture. Isolé dans un petit hameau, le domaine comporte des bâtiments agricoles, mais également plusieurs habitations permettant aux trois associés d'avoir leur espace de vie distinct. "Quand on s'est installé, on a suivi des formations dispensées par l'Addearg, ainsi qu'un accompagnement sur le travail en collectif pris en charge par la Région Occitanie", continue Pierre. "Cela nous a permis d'avoir des éléments indispensables pour s'installer en collectif comme par exemple des fiches agricoles pour chaque thématique." Les agriculteurs n'ont pas fait les choses au hasard puisqu'ils ont réalisé, pendant un an, un Contrat emploi formation installation (CEFI) pour se tester. "Cela a également permis aux agriculteurs qui transmettaient de ne pas avoir à payer 3 salaires pendant plusieurs mois", ajoute Simon Le Berre, co-porte-parole de la Confédération paysanne.
"L'installation a été possible, car Terre de liens loue le foncier", indique Didier Marion, co-porte-parole de la Conf'. "Cela ne peut pas fonctionner si un agriculteur doit débourser 700 000 euros pour travailler 80 h par semaine et gagner moins que le Smic." Un investissement que les associés n'ont pas eu à réaliser et pour lequel ils n'ont emprunté que 34 000 € à eux trois. "C'est une autre vision de l'agriculture", constate Cathy Chaulet du Département. "Ici, on est en train de remettre en cause le sens de la propriété." Le domaine s'étend sur environ 30 ha et loue 78 ha supplémentaires de landes et garrigues pour le pâturage. À cela, s'ajoutent quelques terres pour le foin.
Avec l'élevage de brebis transmis, la ferme produit fromage, viande fraîche, ainsi que plats cuisinés et terrines. La laine est fournie à une association qui confectionne des tapis.
Concernant l'élevage, la question de l'abattage des bêtes se pose inévitablement. L'occasion pour Simon Le Berre de revenir sur la gestion de l'abattoir du Vigan pendant la fermeture de celui d'Alès, qui a rouvert ses portes récemment. "Beaucoup d'éleveurs sont allés abattre au Vigan et l'abattoir a très bien supporté la suractivité de ces derniers mois. Cela a été très compliqué pour les tâcherons, car ils sont passés de 80 tonnes par an à 130 ou 140 t", précise le porte-parole de la Conf'. Si la situation s'améliore pour les éleveurs à l'est du département, elle risque malgré tout de se tendre à l'ouest. "On fait des réunions depuis un an et demi avec la sous-préfecture du Vigan, le Département et la Région pour trouver une solution dans l'équilibre financier de l'abattoir", ajoute Simon Le Berre.
"Des investissements sont à faire au niveau du bâtiment et personne ne veut suivre. La coop est très engagée mais le système frigorifique est à revoir avec 250 000 € à lâcher. Qui les lâche ?," questionne-t-il. "On est en train d'imaginer un portage, mais c'est difficile." Didier Marion, qui représente la Conf' à la commission nationale de l'abattoir, s'empresse de compléter : "Avec l'association L214 et les discours véganistes, il existe, de manière générale, une appréhension de la part des élus sur ce sujet. Il y a un désengagement collectif de leur part aux 4 coins de la France." Simon Le Berre reprend. "Ce qui est important et on a du mal à communiquer là-dessus, c'est qu'au-delà de l'importance de l'abattoir pour les éleveurs, il y a l'intérêt de maintenir l'élevage sur l'ensemble du territoire. Sans un abattoir comme le Vigan pour faire vivre des éleveurs et entretenir tout le pays viganais, il y a le risque de feu, des sangliers et autres. Si on perd les quelques éleveurs, de multiples problématiques seront à gérer", ajoute t-il, en précisant la difficulté de faire prendre conscience de ces aspects aux élus. "Avant le territoire était mité d'abattoirs. Là, on a des superstructures qui coulent et dans lesquelles il faut injecter des millions d'euros pour les maintenir à flot. Mais avec cette somme, combien pourrait-on faire de petits abattoirs ?", questionne Pierre Salières. "Il faut de gros abattoirs pour ceux qui font du négoce, mais également de petits abattoirs pour les petits éleveurs."
Un cas que ne manque pas d'illustrer Didier Marion. "C'est ce qui a été mis en place en Haute-Marne où le Département a construit un nouvel abattoir de petite dimension, d'environ 1 000 t par an, pour les éleveurs locaux et les systèmes de vente directe. Les éleveurs sont en SCIC et gèrent la structure. Cette problématique des abattoirs est la même dans toute la France. C'est un modèle qui date des années 50 avec le plan Marshall et qui ne fonctionne plus, car tout a évolué depuis."
La ferme d'Oz a fait partie des petits éleveurs fortement impactés par la fermeture de l'abattoir d'Alès. "On va abattre à Antrenas en Lozère à 2 heures d'ici", précise Pierre Salières. "Mais avec d'autres éleveurs, on est sur un projet d'abattoir paysan à Sainte-Croix-Vallée-Française qui a pour vocation d'être mobile. On a déjà eu le retour des services de l'État sur l'agrément." Un agrément ovin/caprin. Pour Simon Le Berre, il semble difficile de créer une unité mobile qui fasse du porc, de la volaille et du bovin. "C'est inenvisageable, car cela fait beaucoup de choses à déplacer. Donc on réfléchit à un caisson d'abattage qui se déplacerait dans les fermes. Tout le reste, comme la découpe et la transformation, se passe dans un abattoir officiel. Cela veut dire un numéro d'agrément rattaché à un abattoir officiel. Au niveau sanitaire, les services de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) préfèrent, car c'est plus facile à gérer. Il y aurait moins de stress pour l'animal et cela représenterait une facilité pour l'éleveur." Une proposition que porte Simon Le Berre, notamment auprès du collectif d'éleveurs et de syndicats en cours de création autour de l'abattoir d'Alès. "Cela se fait à Pézénas [dans l'Hérault, ndlr] depuis 3 ans et cela a l'air de très bien fonctionner. De plus, le concepteur de ces caissons mobiles, installé dans la vallée de l'Hérault, semble très disponible pour faire évoluer son outil."
Une vision plausible, pour la Confédération paysanne, et qui viendrait répondre à un vrai besoin des petits éleveurs.
Cette année, la fête de la Confédération paysanne du Gard devient la Fête de l'agriculture paysanne. Une évolution pour laisser plus de place et de visibilité à l'Addear du Gard et à Solidarité Paysans 30, qui œuvrent aux côtés de la Conf', à l'installation, la transmission et au maintien d'une agriculture paysanne gardoise.
Programme :
Samedi 4 octobre : ateliers de découverte/initiation à certains métiers paysans, atelier d'échange et de discussion autour de la transmission des fermes, ainsi qu'un loto paysan. Le soir, concerts.
Dimanche 5 octobre : marché paysan, forum associatif, table ronde au sujet de l'installation agricole dans le Gard, repas paysan le midi, jeux et courses de brouette et autres surprises.
Horaires : samedi de 14 h à 23 h ; dimanche de 9 h à 17 h.
Lieu : Foyer communal de Garrigues-Sainte-Eulalie.
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