Aude, Gard, Hérault 21/12/2020
Partage

La farine de blé barbu de Lacaune bientôt remise au goût du jour

C’est l’idée proposée par le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, à savoir la confection d’un pain à base de blé barbu de Lacaune. L’appel à manifestation d’intérêt à destination des boulangers du Haut-Languedoc est ouvert jusqu’au 6 janvier 2021. Dans le cadre d’une diversification, les agriculteurs pourraient aussi être intéressés par cette variété ancienne.

Une des particularités “physiques" de ce blé est sa hauteur, entre 1,70 m et 1,80 m, ainsi que ses barbes. © PNRHL

Remettre dans son assiette une variété ancienne de blé de notre territoire, qui regorge de qualités et de saveurs, c’est le pari que souhaite relever le Parc naturel régional du Haut-Languedoc (PNRHL). Le parc n’en est pas à son premier coup d’essai. Pour remettre au goût du jour des variétés anciennes, le PNRHL s’est lancé, en 2010, dans la plantation de neufs vergers de sauvegarde, à partir de cinq anciennes variétés de pommes (Milharenque, janissol, reinette de Marso, cœur de bœuf et pomme de Rouairoux). L’opération sera reconduite dès l’an prochain, pour deux ans, sur dix autres vergers. Des recherches sur des races anciennes et locales de vaches, telles que l’anglès, et des légumes anciens ont été également menées. 

De la pomme aux vaches et aux légumes, le PNRHL se penche donc aujourd’hui sur le blé barbu de Lacaune. "Les variétés anciennes et locales font partie de notre patrimoine agricole et alimentaire. Le blé barbu est cultivé depuis une centaine d’années sur notre territoire. Il servait à confectionner le pain. Mais il a quasiment disparu aujourd’hui. Seuls quelques agriculteurs dans le Tarn, sur le territoire que couvre le PNRHL, le cultivent encore. Or, pour être sauvegardée, cette céréale doit être consommée. Il s’agit donc de la remettre au goût du jour", indique Catherine Haas, chargée de mission variétés anciennes au PNRHL. Outre sa faible teneur en gluten, cette variété a plus d’un tour dans son sac. Cultivée en agriculture biologique, elle se transforme très bien en farine avec du levain. Et du fait de ses "barbes", elle est moins appétante pour les sangliers. Conséquence : les parcelles sont moins attaquées par ces prédateurs. Autant d’atouts qui ont convaincu le PNRHL de se lancer dans la création d’un pain local à base de cette céréale pour la valoriser, dans une dynamique de filière.

Du champ à la tartine

Un appel a donc été lancé auprès des boulangers pour qu’ils rejoignent "l’aventure". Ceux qui se sont engagés recevront de la farine pour faire des tests. Un budget a été arrêté pour récupérer environ 2 tonnes auprès d’un agriculteur meunier. L’idée étant de faire consommer des produits locaux, le pain fabriqué par les boulangers pourrait se retrouver sur les tables des cantines scolaires et des Ehpad de l’Hérault comme du Tarn. Reste à construire le partenariat. "Notre intention est de développer le projet pour le consommateur dans une seconde phase", indique également la chargée de mission. Et pour cause. Ce projet s’inscrit parfaitement dans le Plan alimentaire territoire (PAT), en cours d’élaboration.

Mais avant d’en arriver là, une réunion est prévue en janvier avec la restauration collective et les boulangers afin de mettre en place un cahier des charges pour la fabrication du pain, comprenez sa recette. L’étape suivante sera "d’embarquer" des agriculteurs prêts à se lancer dans la culture du blé barbu. 

Point faible :  ce dernier a tendance à verser. C’est d’ailleurs à cause de cet inconvénient, mais aussi parce que ce blé ne supporte pas les engrais chimiques qu’il a été abandonné, selon Daniel Coutarel, de l’association Pétanielle et administrateur du Réseau semences paysannes (RSP). "C’est pourtant un blé d’avenir, car il supporte très bien la sécheresse. Par ailleurs, il est intéressant dans un système de polyculture-élevage, parce qu’il produit beaucoup de paille", ajoute-t-il. Autres atouts : ses qualités nutritives. Non seulement le pain produit avec ce blé se conserve très bien dans la durée, mais il est aussi faible en gluten, et a une haute valeur nutritive. 

Côté itinéraire technique, il est facile à cultiver, "si ce n’est que c’est un blé d’altitude. Donc, on récolte tard et on sème tôt", précise Daniel Coutarel. Le rendement est entre 18 et 26 qx/ha. "On sème 200 kg, et on récolte 2 tonnes", assure-t-il. C’est également une variété robuste, avec une variété génétique importante, offrant une capacité de résistance face aux situations diverses et variées, mais aussi aux maladies. "Sa capacité d’adaptation est importante, sans compter la vitalité qu’elle déploie à la germination", détaille-t-il. Et du fait de sa capacité d’adaptation, cette variété peut aussi bien se cultiver en plaine, "mais dans des terres trop riches comme souvent celles des plaines, elle va verser plus facilement", sans altérer pour autant sa capacité de production, alerte le membre de l’association, à l’origine de la redécouverte du blé barbu, et qui en cultive dans son exploitation tarnaise, En ces temps de dérèglement climatique et de variétés de blés modernes extrêmement sensibles aux aléas et à la pression des maladies et des ravageurs, le blé barbu pourrait bel et bien redevenir tendance. 

Florence Guilhem

ICI
Votre encart
publicitaire !

Sur le même thème

29/04/2026

CHAMBRES D'AGRICULTURE FRANCE

Les Sdage dans le collimate...

"Avec les agriculteurs !", pas "contre" ! Mi-avril, Chambres d'agriculture France a vivement critiqué les projets de Schémas directeurs d'aménagement et de gestio...
30/11/2023

Dossier Truffe

Des volumes à la peine

La dernière campagne trufficole n'a pas satisfait la filière, avec des volumes réduits et une qualité hétérogène, en raison des conditions climatiques et de ravag...
17/04/2024

M'enfin !

Annonces légales

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.

Grâce à notre réseau de journaux partenaires.

Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

Derniers tweets

10/05/2023
@EPVarois fait le point sur les tendances et enjeux du marché foncier agricole varois avec le nouveau directeur départemental de la #SAFER Paca et le président du comité technique. https://t.co/qAljvKlzlO
https://t.co/qAljvKlzlO
28/04/2023
[A LA #UNE 📰]@AgriProv👇La Coopération Agricole Sud acte sa fusion avec les caves coopératives du 13 et du 83 ! 🍷, #eau 💧Appel à la sobriété, Groupama Méditerranée maintien le cap, un dossier #travaildusol et en📸 cap sur la grenade avec le projet de Frédéric Chabert sur Arles https://t.co/Vf3e5Z07t0
https://t.co/Vf3e5Z07t0
06/06/2023
🗞️Tradition, consommation et vigilance @VigneronsCoop 🍷-💧Extension du réseau hydraulique 'Colline des Costières' @BRLGroupe @Occitanie - 🐴Le festival Prom'Aude - Fusion @_Ctifl et La Tapy #expé - 🌡️Aléas #climat : solutions et prospectives - 📸Guillaume Chirat, maître #pâtes https://t.co/9XDBtwaWsl
https://t.co/9XDBtwaWsl

Abonnez-vous à nos hebdos

Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...

Découvrez toutes nos formules

Dernières actualités

Newsletters

Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !

S'abonner

Gardons le contact

Twitter : suivez toute l'actualité agricole utile du moment, réagissez
Facebook : partagez encore plus de posts sur l'actualité agricole de votre territoire
Instagram : suivez nos bons plans et partagez nos galeries de photos
Linkedin : élargissez votre réseau professionnel
Youtube : vidéos, interviews, DIY...