FÉDÉRATION GARDOISE DES VINS IGP
Lors de son assemblée générale du 18 juin dernier à Nîmes, la Fédération gardoise des vins IGP a confirmé sa volonté de faire évoluer les cahiers des charges de ses trois appellations. Au-delà de cette démarche réglementaire, la filière viticole locale accélère sa transformation grâce à un projet territorial lauréat de la Région Occitanie. Focus sur trois chantiers majeurs : l'adaptation des cépages, la conquête de nouveaux marchés et l'expérimentation de l'agrivoltaïsme.
Denis Verdier, président de la Fédération gardoise des vins IGP, souhaite aller de l'avant : "Nous sommes dans une période difficile, mais nous ne voulons pas nous laisser enfermer dans le pessimisme."
© Crédit photo : JB
L'assemblée générale de la Fédération des vins IGP du Gard, tenue le 18 juin à la Maison des vignerons de Nîmes, a servi de laboratoire pour le travail engagé sur les cépages patrimoniaux et l'enrichissement des cahiers des charges des IGP Gard, Cévennes et Coteaux du Pont-du-Gard. "L'objectif de la dégustation était de permettre aux producteurs de découvrir les cépages en lice et d'échanger sur les points techniques au chai", explique Alix Pourcel, animatrice à la Fédération. "Il y a un nombre considérable de cépages résistants et il faut donc choisir. On obtient de très bons résultats, notamment sur les blancs", précise Denis Verdier, président de la Fédération des vins IGP du Gard.
Cépages résistants aux maladies et/ou au changement climatique tels que les variétés Bouquet ou 'ResDur' (résistance durable), mais aussi cépages patrimoniaux comme le négret de la Canourgue pour lequel le syndicat a lancé une procédure d'intégration au catalogue national. "Notre travail est de synthétiser les retours des producteurs et des partenaires techniques pour finaliser la liste à proposer à l'Inao."
Actuellement, 97 cépages sont autorisés. La Fédération espère en faire intégrer 56 nouveaux, via une procédure qui durera un an. Cette démarche représente l'un des volets de l'Observatoire des cépages patrimoniaux des Cévennes. Le second vise également à faire évoluer la réglementation européenne, pour permettre la commercialisation de cépages interdits sous la mention 'Vin'. "Notre proposition d'amendement au 'Paquet vin' l'année dernière n'a pas été retenue. Mais nous travaillons désormais à son intégration dans le futur 'Paquet agricole' en cours de négociation", précise Alix Pourcel.
Malgré un contexte économique morose, la Fédération a vu sa motivation récompensée en mai dernier par la sélection de son dossier 'Territoire pilote' dans le cadre de l'Appel à manifestation d'intérêt (AMI) de la Région Occitanie. Denis Verdier détaille la logique de ce projet : "Nous sommes dans une période difficile, mais nous ne voulons pas nous laisser enfermer dans le pessimisme. Nous avons identifié trois actions importantes pour créer une dynamique."
Ce programme biennal (2026-2027) - associant la Chambre d'agriculture, les Vignerons indépendants et La Coopération Agricole Occitanie - a pour ambition de répondre concrètement aux défis du changement climatique et à l'évolution des marchés. Doté d'un budget global de 163 500 € et soutenu par 100 000 € d'aide régionale, il s'articule autour de trois projets pilotes sur trois territoires.
Le 1er projet pilote concerne l'IGP Gard, "les bulles du Gard" et 'Bulli' Spritz'. La création d'un spritz 100% gardois, en partenariat avec la distillerie Grap'Sud, et le lancement de la marque 'Les Bullicieuses' ont déjà fait parler d'eux ces dernières années. Il s'agit désormais de créer concrètement une identité collective forte et une dynamique œnotouristique autour du cocktail 'Bulli'Spritz'. "L'objectif est de lancer une campagne de communication grand public. Nous avons une centaine de caveaux de vente directe. On va les mobiliser au travers d'actions de promotion de ces produits", explique Denis Verdier. Concernant l'IGP Cévennes, le 2e volet du programme cible la conquête de marchés à l'export. Fort d'un partenariat renforcé avec le vigneron-négociant audois Gérard Bertrand, ce volet finance des opérations de promotion à l'international, visant à booster la notoriété des vins cévenols, notamment dans les pays du Nord de l'Europe.
Le dernier axe lance une expérimentation scientifique avec le développeur d'énergie solaire Amarenco et l'École nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensat)."Nous voulons que ce soit un projet de territoire, ancré localement, avec plusieurs sites expérimentaux sur les trois IGP pour tester différentes configurations", explique Alix Pourcel. Typicité des terroirs, vignes déjà implantées ou non, mesures des impacts sur le microclimat, le rendement et la qualité des raisins sont au programme. L'ambition, à terme, est de produire des données reproductibles pour adapter le vignoble au changement climatique tout en participant à la transition énergétique.
Avec ces chantiers rassemblant un collectif unique d'acteurs de la filière et plus de 350 opérateurs viticoles gardois, la Fédération gardoise des vins IGP affirme sa volonté de "ne pas sombrer dans le pessimisme permanent" et d'anticiper les mutations climatiques et économiques.
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