Arrachage définitif
Lors du conseil spécialisé de FranceAgriMer ce mercredi 14 janvier, la profession a eu la confirmation que les 130 millions d'euros dédiés à l'arrachage définitif ne seraient pas remis en cause, et s'apprête donc à réaliser un appel à manifestation d'intérêt auprès des vignerons. Le but : savoir si 32 500 hectares correspondent bien à la demande, ou s'il faudra arbitrer. Point avec Jérôme Despey, président du conseil, et Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants.
La mesure sera lancée le 6 février (au plus tard) pour quatre semaines, afin de permettre à la profession de ne pas perdre de temps.
© Crédit photo : ML
Petit à petit, l'oiseau fait son nid. "Petit à petit, car tout cela reste suspendu à l'adoption d'un budget pour notre pays, un préalable rappelé par le ministère de l'Agriculture lors du conseil spécialisé de FranceAgriMer", explique Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France, à l'issue du conseil ce mercredi 14 janvier.
En ce sens, les parlementaires ont été appelés à prendre leurs responsabilités. "Tout n'est pas suspendu au vote du budget (…). Nous allons faire ce qui est nécessaire pour que la mesure soit ouverte rapidement, pour que l'on puisse ensuite dire à Pierre ou à Paul s'il peut arracher, et quelles surfaces seront prises en charge", assure-t-il. Les travaux pourraient ainsi démarrer au printemps, qu'il s'agisse de l'arrachage ou de l'entretien des vignes dont le sort n'était pas encore fixé, pour un paiement au début de l'été.
Si une attente de base réglementaire européenne demeure – le 'Paquet vin' devant être adopté définitivement courant février –, "un AMI [appel à manifestation d'intérêt, ndlr] sera lancé auprès des vignerons", annonce le président des VI. Le dispositif sera ainsi ouvert "le 6 février au plus tard, pour quatre semaines", précise Jérôme Despey, président du conseil spécialisé 'Vin et cidre' de FranceAgriMer. Le travail est actuellement sur les rails pour permettre une ouverture anticipée, si cela est permis.
"Il convient également de clarifier un point évoqué au Sitevi : cet AMI sera bien ouvert sur la base de 130 millions d'euros, et pas deux fois 70 millions comme cela avait été évoqué. Nous sommes sur une ouverture en one shot", souligne-t-il.
Dans cette période de l'AMI, le travail se poursuit pour un calage du dispositif optimal. "Début mars, on connaîtra les votes de l'Union européenne, on saura si on a un budget et si nous avons besoin d'un coefficient stabilisateur. À ce moment-là seulement, les vignerons pourront débuter leurs travaux d'arrachage", explique Jérôme Despey. "On ouvre la mesure en avance de phase parce que c'est la période de la taille et les viticulteurs se posent des questions."
Cet AMI aura pour but de déterminer au mieux le dispositif 2026. "Avec 130 millions d'euros, on sait que l'on peut envisager l'arrachage de 32 500 hectares [avec une prime qui resterait de 4 000 €/ha, ndlr]. Il faut donc être en mesure de savoir si ça va suffire ou si les besoins manifestés pas les vignerons se situent au-delà", poursuit Jean-Marie Fabre.
"La priorité sera tout d'abord donnée aux arrachages totaux, pour ceux qui veulent sortir du métier", parce que leur modèle économique ou leur âge ne leur permettraient plus de continuer. Pour en bénéficier, trois impératifs : un Casier viticole informatisé (CVI), un numéro de Siret, un numéro Vitirestructuration et au moins une déclaration de récolte sur les trois dernières campagnes. "Dans l'attente d'ouverture du dispositif, j'en appelle aux vignerons qui veulent arracher de vérifier que leur CVI est à jour, et qu'ils ont bien un numéro Vitirestructuration. Sinon, une démarche sera à effectuer auprès de FranceAgriMer, pour qu'ils puissent déposer leur dossier ensuite", détaille le président du conseil spécialisé.
À noter également : pas de critères spécifiques pour ceux s'orientant vers l'arrachage total, qui reste "un crève-cœur" souligne Jérôme Despey.
Au sujet de l'arrachage partiel, "qui concerne 82% des répondants à l'enquête" de FranceAgriMer menée l'automne dernier, l'arrachage définitif apparaît davantage comme "un outil de recalibrage et de redimensionnement", avance Jean-Marie Fabre. Deux critères excluants ont pour l'heure été déterminés lors du conseil pour ceux s'orientant vers l'arrachage partiel.
Ne pourront être candidates les vignes de moins de dix ans. Pour Jean-Marie Fabre, il s'agit d'un choix compréhensible : "Ce sont souvent des vignes cohérentes avec le marché et les attentes de la production et, par essence, des vignes que les producteurs souhaitent garder." Le vigneron audois explique également que "le chardonnay ne pourra pas faire partie des cépages destinés à l'arrachage". Présent sur de nombreux bassins, "il semblerait qu'il soit un cépage dont nous manquons, notamment dans le Languedoc-Roussillon. La demande actuelle fait qu'il doit être conservé".
En cas de dépassement des 32 500 ha dans les demandes formulées par la profession, il faudra arbitrer. Les arrachages totaux seront prioritaires, un coefficient stabilisateur s'appliquant ensuite pour les surfaces des arracheurs partiels.
Sur la distillation et la mobilisation des fonds de la réserve de crise européenne, "le ministère nous a assuré que la ministre avait eu une réponse qui serait favorable de la part du commissaire, et qu'elle devrait être imminente". Une réponse déjà annoncée comme imminente en novembre, lors du Sitevi… ce qui renforce l'impatience des vignerons, admettait Jean-Marie Fabre lors d'une réunion de secteur des VI de l'Aude à Narbonne (11), ce lundi 12 janvier. Pour rappel, "la demande de la profession s'élève à 80 millions d'euros", rappelle Jérôme Despey.
Les prêts de consolidation sont quant à eux en attente du budget, "qui doit être voté pour que cela puisse s'appliquer". Le conseil spécialisé a toutefois admis qu'un nouvel arbitrage devait être effectué au sujet des critères d'accès, "car nous avions remarqué que certains critères rendaient le dispositif inopérant". La profession préférerait en effet une base sur la baisse du chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente. "Nous avons également réclamé une augmentation des plafonds à 4 millions d'euros, avec une durée d'amortissement de 12 ans", précise le président du conseil spécialisé.
Cela permettrait notamment d'inclure plus facilement les caves coopératives, particulièrement en attente de réponses. Puisque le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a rendu ses conclusions quant à ces dernières, un rendez-vous avec la ministre devrait intervenir prochainement. "Nous comprenons toutefois que le contexte de crise sanitaire ait perturbé le calendrier", reconnaît Jérôme Despey.
Derrière tout cela persiste "la stratégie du revenu", pointe le vigneron héraultais : "Au-delà du plan de filière et de souveraineté, nous travaillons avec les interprofessions à essayer de pallier un angle mort dans les Égalim, car nous voulons, pour les bassins qui le voudraient, avoir les indicateurs de productions interprofessionnels. Un but : qu'aucune transaction ne soit faite en dessous du coût de production. Et pour cela, il faut changer une loi, au travers d'une PPL ou de la Loi d'urgence agricole annoncée par le Premier ministre peut-être, pour permettre une sécurisation du revenu du viticulteur."
Quant à l'ombre d'une censure du gouvernement ou d'une dissolution de l'assemblée, pas de boule de cristal : "Il semble que tout le monde soutienne la viticulture, et le gouvernement semble avoir entendu l'urgence de l'arrachage en ouvrant le dispositif. Mais, dans ce cas, on n'aurait pas de visibilité avant juin."
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