MEDFEL 2026
Le melon fait partie des incontournables de l'été. Pourtant, derrière ce fruit qui rassure, la filière est sous pression. Les surfaces s'érodent, les conditions de production se compliquent et les calendriers se désorganisent sous l'effet d'un climat de plus en plus instable. Dans ce contexte, une nouvelle venue commence à se faire remarquer : la mini-pastèque.
"Le melon est un produit d'impulsion où le prix n'est pas prioritaire. Son attractivité repose d'abord sur l'odeur et les critères d'appréciation privilégient l'arôme avant le goût sucré", explique Rémi Javernaud, animateur de l'Association interprofessionnelle du melon et de la pastèque (AIMP).
© Crédit photo : AV
"92% de satisfaction." Le chiffre a été mis en avant dès le début de la conférence consacrée aux prévisions de plantation au MedFEL, le 28 avril dernier.
Une donnée qui confirme l'attachement des consommateurs au melon, produit d'impulsion dont l'attractivité repose d'abord sur l'odeur et l'appréciation sur l'arôme. Un succès qui contraste pourtant avec les difficultés croissantes de la filière.
En France, les surfaces de melon sont estimées à 10 120 hectares en 2026, soit 150 ha de moins que l'an dernier. Une évolution contenue, mais qui s'inscrit dans une tendance plus longue de recul.
Le Sud-Est reste le cœur de production avec 5 720 ha (-80 ha), dont 480 ha sous serres. Le Centre-Ouest progresse légèrement à 2 330 ha (+30 ha), tandis que le Sud-Ouest recule plus nettement à 1 970 ha (-100 ha). Les autres régions représentent environ 100 ha. Le bio, lui, pèse 7,5% des surfaces nationales.
Cette contraction n'est pas liée à un désintérêt des consommateurs. Au contraire, la demande est bien présente. "Il ne s'est jamais jeté de melon", précise Jérôme Jausseran, vice-président de l'Association interprofessionnelle du melon et de la pastèque (AIMP). Les baisses de surfaces sont avant tout liées à des contraintes économiques. "C'est un paradoxe, car on a un produit d'excellence qui plaît aux consommateurs", souligne Myriam Martineau, présidente de l'AIMP.
Tempêtes de sable à Dakhla, pluies, froid et épisodes de grêle au Maroc, manque de chaleur en Espagne... La campagne 2026 rappelle à quel point les aléas climatiques s'imposent désormais comme une donnée centrale pour la filière.
Au Maroc, les surfaces chutent à 1 015 ha (-200 ha). Le bassin de Kenitra disparaît (-120 ha). À Marrakech, principal pôle de production avec 800 ha, les conditions climatiques ont perturbé le développement des cultures, malgré une répartition entre 55% de plein champ et 45% sous serres. À Dakhla, les tempêtes de sable ont endommagé les serres et réduit les surfaces à 130 ha (-80 ha). Agadir reste marginal avec 85 ha.
En Espagne, la situation est plus stable. Les surfaces atteignent 2 500 ha (+35 ha). Le bassin de Murcia-Alicante domine largement (1 700 ha, dont 80% en charentais jaune), suivi de Séville (390 ha) et Almeria (270 ha). Mais, là aussi, les conditions météorologiques ont perturbé les plantations, retardant les calendriers. Résultat : l'articulation entre les bassins - Maroc, Espagne, France - devient moins lisible. Les décalages de production, parfois de plusieurs semaines, compliquent la gestion des volumes sur le marché.
C'est dans ce contexte que la pastèque entre officiellement dans le périmètre de l'interprofession. L'Association interprofessionnelle du melon (AIM) devient l'AIMP, avec la création d'une commission dédiée à la pastèque (lire colonne centrale).
En France, la production de pastèque reste encore limitée, autour de 600 ha en métropole, dont environ 60% dans le Sud-Est. Mais elle s'installe progressivement, portée par un segment bien identifié : la mini-pastèque.
Adaptée aux modes de consommation actuels, elle répond à des attentes nouvelles des consommateurs. Le développement de la pastèque s'inscrit d'abord dans une logique de diversification. Dans un contexte de pression économique et d'aléas croissants sur le melon, elle offre aux producteurs une culture complémentaire et contribue à élargir l'offre estivale.
À ce stade, la filière avance avec prudence. La montée en puissance de la mini-pastèque interroge, mais elle ne se traduit pas encore par un effet de substitution direct avec le melon. Les professionnels parlent davantage de complémentarité que de concurrence. Le positionnement des deux produits est en effet différent : le melon séduit toujours autant, mais il reste un fruit choisi sur des critères essentiellement sensoriels, comme l'odeur ou l'aspect, perçus comme une promesse gustative. La pastèque, elle, s'inscrit dans une dynamique plus récente, portée par une image fraîche et tendance, des formats adaptés aux nouveaux usages et un achat perçu comme plus simple. La question d'une éventuelle concurrence reste néanmoins ouverte. Une étude spécifique doit d'ailleurs être publiée au mois de juillet, pour mieux comprendre les comportements de consommation et les interactions entre les deux produits.
Derrière ces ajustements, c'est toute une filière qui cherche un nouveau point d'équilibre, entre contraintes économiques, aléas climatiques et évolution des usages. Le melon conserve des fondamentaux solides - une forte adhésion des consommateurs et une image toujours très positive - mais son modèle se tend. Alors, la mini-pastèque est-elle réellement en train de "prendre le melon" ? Pas encore. Mais dans une filière qui se recompose, elle commence clairement à se faire une place au soleil.
POUR ÊTRE précis-
Face aux évolutions de marché, la filière melon travaille à mieux se structurer. Elle vient d'ailleurs de créer une commission dédiée à la pastèque, modifiant dans le même temps son nom : oubliez AIM, vive l'AIMP ! En parallèle, l'interprofession a lancé de nombreux chantiers : création d'une charte écoresponsable, réalisation d'études, renforcement du suivi technique, travail sur la qualité et la communication... Les axes sont multiples, mais l'objectif, lui, est clair : sécuriser la production tout en valorisant le produit.
Afin de maintenir le lien avec le consommateur, la communication évolue particulièrement, avec un effort renforcé sur les réseaux sociaux, les relations presse, les contenus pédagogiques et les partenariats avec des influenceurs.
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