GARD
Le week-end des 14 et 15 juin, L'Espérou accueillera la 33e édition de la fête de la transhumance, un événement emblématique célébrant une tradition ancestrale et abordant des enjeux contemporains cruciaux pour le pastoralisme.
Élus et éleveurs ont présenté la 33e édition de fête de la transhumance de L'Espérou, qui se tiendra ce week-end, les 14 et 15 juin.
© Crédit photo : JB
L'Espérou accueillera les 14 et 15 juin la traditionnelle fête de la transhumance, événement culturel célébrant l'élevage, la culture pastorale et la tradition de la transhumance en Cévennes. Organisée par la Chambre d'agriculture du Gard, avec le soutien de la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes - Terres Solidaires et le syndicat des éleveurs ovins du Gard, cette manifestation mêle défense des traditions et débats sur l'avenir de l'élevage extensif cévenol.
Cette année, les animations autour de l'élevage seront accompagnées d'autres sur la thématique de l'astronomie. Les produits locaux seront mis à l'honneur avec des repas concoctés par Bienvenue à la Ferme et des grillades d'agneaux des Cévennes abattus au Vigan. Plus de 1 000 bêtes sont attendues pendant le week-end, issues des élevages de François Recolin, Daniel Fesquet en provenance de Val d'Aigoual, Adrien Lechalier depuis Notre-Dame-de-Londres (34) et Dimitri Servière qui arrivera de Nîmes.
La transhumance estivale, pratiquée sur les pentes du mont Aigoual, est l'une des dernières à utiliser les drailles, ces chemins ancestraux empruntés par les bergers et leurs troupeaux. Cette pratique, essentielle pour maintenir les milieux ouverts et lutter contre les incendies, est classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis décembre 2023. Des bénéfices revendiqués par les éleveurs, dont Daniel Fesquet, qui accueille la presse sur ses terres pour la présentation de l'événement. "Ce site n'est pas magnifique par hasard. Depuis toujours, un troupeau est passé et des champs sont fauchés", dit-il, déçu de s'être vu refuser en commission Safer, deux terrains de pâturage, en raison de son âge, proche de la retraite. "Les Canadair coûtent plus chers à maintenir que 200 brebis", souligne Philippe Boisson, élu à la Chambre d'agriculture.
Les élus de la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes - Terres Solidaires sont conscients depuis longtemps des apports bénéfiques de l'activité sur le territoire. Il y a dix ans, ils ont mis en place un Pacte pastoral intercommunal (PPI) pour maintenir et redéployer le pastoralisme. "L'origine du pacte part d'un constat", explique Irène Lebeau, maire de Dourbies et vice-présidente à l'environnement, et à la transition écologique, de la communauté. "Celui du nombre croissant de résidences secondaires avec des portails sur leur terrain. Les troupeaux ne pouvaient plus circuler. D'où la formalisation d'un droit de passage négocié pour préserver les parcours." Même si ce pacte a amélioré le travail des éleveurs, l'élue ajoute que la communication reste encore nécessaire auprès des résidents.
Au cœur de cette édition 2025, une table ronde sur les enjeux de la prédation du loup réunira éleveurs, responsables agricoles et élus locaux. Pour Pierrick Garmath, président du syndicat ovin du Gard, l'objectif est clair : "Faire passer des messages au grand public car le monde agricole ne communique pas assez. L'arrivée du grand prédateur, le loup, ici dans les Cévennes, va détruire l'élevage ovin extensif. Quand on s'en rendra compte dans 30 ans, on aura perdu le savoir-faire et on n'arrivera pas à le remettre en place. Des parcelles à rouvrir, c'est de la sueur."
Sans parler des chiens de protection, mesure imposée en cas de dommages, mais qui ne satisfait pas les éleveurs."On nous demande de signer des conventions avec la comcom pour laisser passer les gens en randonnée", ajoute le président du syndicat. "Je suis totalement d'accord, mais on se demande si on va continuer, car ces chiens sont une pression permanente." Risques de morsure, randonneurs coursés ou apeurés, comportements imprévisibles - aussi bien des chiens que des promeneurs... Cette problématique est d'autant plus importante que la fréquentation des espaces naturels par les randonneurs ne cesse d'augmenter. D'après le rapport d'activité 2023 du Parc national des Cévennes, l'application Geotrek, qui propose des itinéraires de randonnée, a enregistré 92 000 visi- teurs, soit une hausse de 57 % par rapport à 2022.
Face à ces enjeux, la fête de la transhumance n'est pas qu'un rendez-vous festif : c'est un acte de transmission, un rappel que les Cévennes vivent parce que des femmes et des hommes y élèvent encore des bêtes.
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