CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
La viande AOP Taureau de Camargue participe pour la première fois au prestigieux Concours général agricole à Paris, au sein des catégories viandes sous signe officiels de qualité. La remise des médailles aura lieu mardi 25 février dans la capitale.
Jean-Bernard Lagarde, Claire Mailhan, Delphine Bec et Jean-Elie Agnel sont quatre des neuf éleveurs qui participeront cette année au premier Concours général agricole avec leur viande AOP Taureau de Camargue.
© Crédit photo : ED
Chaque année, le Concours général agricole (CGA) récompense l'excellence française. Les produits et les vins se partagent en 35 catégories et se divisent en plus de 450 sous-catégories. De nouvelles sous-catégories sont aussi régulièrement créées. Ce sera le cas cette année au sein des viandes sous signes officiels de qualité : la viande AOC Taureau de Camargue y fait son apparition. Une première pour l'emblématique race de Camargue.
"Participer au Concours général agricole est d'abord une initiative à mettre au crédit du Conseil départemental de l'Hérault, qui nous a proposé son soutien pour concourir. L'idée nous a séduits. Nous avons ensuite travaillé avec les responsables de l'institution du CGA pour définir un cahier des charges spécifique", explique Claire Mailhan, la présidente de l'AOP Taureau de Camargue. La filière s'est alors fortement mobilisée, et neuf éleveurs des trois départements ont présenté leurs produits au concours, dont la dégustation a eu lieu mi-janvier à Paris. Les jurés, composés de professionnels et d'amateurs, ont pu apprécier les qualités gustatives et les caractéristiques uniques de la viande AOP Taureau de Camargue, reconnue pour sa tendreté et sa richesse de saveurs.
Cette première participation marque un tournant dans la reconnaissance de son excellence. Présidente de l'AOP depuis deux ans, Claire Mailhan a inscrit dans ses priorités la promotion et la valorisation de l'AOP. Entourée d'une nouvelle équipe d'élus, elle s'efforce de lui donner une nouvelle dynamique, en mettant en lumière un produit qui mérite une reconnaissance à la hauteur de sa qualité. "L'AOP Taureau de Camargue est l'aboutissement d'un travail de longue haleine. Il est essentiel de promouvoir cette viande d'exception comme une référence gastronomique à l'échelle nationale et internationale. Le Concours de Paris s'inscrit dans notre volonté de donner une nouvelle visibilité et de mettre en avant le travail des éleveurs, bouchers, metteurs en marché qui, depuis des générations, font rayonner cette viande de qualité", indique l'éleveuse d'Arles.
Parmi les plus prestigieux concours agricoles, le Concours de Paris est une référence pour la mise en valeur des produits agricoles et alimentaires d'exception. "Il fait la promotion des savoir-faire et de la qualité des productions françaises. C'est donc un cadre parfait et une vitrine idéale pour parler de l'AOP Taureau de Camargue à Paris", estime Claire Mailhan. Participer au célèbre concours est une source de motivation pour les éleveurs camarguais. "C'est avoir la possibilité d'être reconnu pour la sélection de nos bêtes. C'est la promotion d'un métier, de pratiques d'élevage uniques et respectueuses de l'environnement. C'est la recherche de l'excellence d'un produit", confie Delphine Bec, éleveuse aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
C'est aussi une façon de travailler sur la valorisation économique de la filière. "C'est avant tout une fierté, mais cela peut aussi contribuer à améliorer nos débouchés, du moins les diversifier et donner davantage de valeur ajoutée à ce produit d'excellence", note l'éleveur gardois, Jean-Elie Agnel. Si les neuf élevages qui ont concouru cette année ne reviendront pas tous avec des médailles cette année, ils espèrent observer à terme sur leurs élevages les retombées de l'effet du concours auprès de nouveaux consommateurs.
Avant la constitution de l'AOP, la viande de Taureau de Camargue n'était pas valorisée. Cette petite filière de qualité et d'excellence a, depuis bientôt 30 ans, permis d'organiser un marché pour défendre des prix. Le volume commercialisé est stable (environ 280 tonnes de viande) et le niveau d'abattage est le même depuis une dizaine d'années. Environ 3 000 taureaux sont abattus par an, dont 2 000 en AOP. "Le maintien de l'abattoir par la Sica Abattoir de Tarascon était essentiel pour continuer de promouvoir le label, puisque l'abattoir de Tarascon est le seul outil d'abattage agréé pour l'AOP", souligne aussi Claire Mailhan.
Sur le marché de la viande en général, la demande qualitative se porte bien, sous l'effet de la consommation de viande bovine soutenue par le steak haché. Les débouchés de cette filière de niche se concentrent essentiellement au sein du bassin de consommation régional. Avec la vente directe (20 %), trois à quatre opérateurs organisent le marché. Les consommateurs peuvent retrouver la viande AOC Taureau de Camargue dans les boucheries de détail et dans quelques enseignes de la distribution en région. "La demande des collectivités territoriales contraintes d'introduire de plus en plus de produits carnés sous signes officiels de qualité dans leurs appels d'offres par la Loi Egalim progresse aussi", confie Claire Mailhan.
Quant aux prix, la viande AOP Taureau de Camargue est aujourd'hui payée entre 4,5 € et 5,5 €/kg à l'éleveur. Il faut savoir qu'en Espagne, où la filière n'est pas organisée, le même produit (taureaux braves espagnols) reste une sous viande non valorisée, payée moins de 1 €/kg à l'éleveur. En Camargue, il en est donc tout autrement avec l'AOP. Et le travail entrepris pour valoriser cette viande - "pourquoi pas sur les tables de grands chefs parisiens avec cette fabuleuse publicité", comme le souhaite Claire Mailhan- pourra accroître un peu plus sa notoriété.
LE SAVIEZ-VOUS ?-
Première viande bovine française à bénéficier d'une AOC en 1996, le Taureau de Camargue devient une AOP en 2001. L'appellation préserve deux races de bovins sauvages emblématiques du territoire. Ils pâturent sur de grands espaces avec au minimum six mois dans la zone humide. Les troupeaux de bovins sont élevés, selon les traditions camarguaises, en semi-liberté pour conserver le caractère sauvage des animaux. Avant tout des sportifs, ils n'ont donc pas de phase d'engraissement. Avec ce modèle d'élevage, on obtient ainsi une viande avec un rouge soutenu, maigre, avec peu de matière grasse et riche en oméga 3.
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