GRAPPES D'OR 2026
À Marseille, la 4e édition des Grappes d'or a mis à l'honneur celles et ceux qui, du cep à la table, façonnent l'identité viticole des Bouches-du-Rhône. Une filière soudée, inventive et déterminée à relever les défis contemporains.
Lundi soir, les ambassadeurs de la viticulture ont célébré une filière en constante adaptation avec la remise des trophées 2026 de la 4e édition des Grappes d'or.
© Crédit photo : ED
Le décor n'a rien d'anodin. En investissant cette année l'hippodrome de Pont-de-Vivaux, la cérémonie des Grappes d'or poursuit son itinérance symbolique à travers les lieux emblématiques de Marseille. Après La Buzine, le Vélodrome ou encore le Fort Ganteaume, ce nouveau rendez-vous offre une vue panoramique sur un territoire où la vigne façonne autant les paysages que les identités.
Organisée par la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône avec le soutien du Département, la manifestation s'inscrit dans la volonté de sortir le vin de ses seuls espaces de production, pour le reconnecter au grand public. "Pour ceux qui font les vins et ceux qui les font connaître, il est essentiel de créer des moments de partage", rappelle Laurent Israelian. Le président de la Chambre d'agriculture insiste sur cette nécessité d'ouverture, à l'heure où la filière doit redoubler d'efforts pour séduire de nouveaux consommateurs.
Car derrière l'élégance de la soirée affleurent des réalités plus complexes. Baisse structurelle de la consommation, dérèglement climatique, tensions économiques internationales : la viticulture provençale avance sur une ligne de crête. "Les vignerons sont confrontés à des défis majeurs", reconnaît Hervé Granier, conseiller départemental délégué à la viticulture. "Mais la collectivité est pleinement mobilisée pour accompagner les professionnels." Une mobilisation qui se traduit notamment par des investissements conséquents, dont une part importante dédiée à la lutte contre la flavescence dorée, fléau silencieux du vignoble.
Au fil des distinctions, la soirée a dessiné un récit collectif, incarné par des parcours individuels. Celui de Sylvia Gonnin, tout d'abord, dont la cave à Châteaurenard s'impose comme un véritable carrefour de découverte. Chez elle, le vin local n'est pas un produit parmi d'autres : il devient une expérience. À travers dégustations, ateliers et rencontres, elle crée un dialogue constant entre producteurs et consommateurs. Une approche qui dépasse la simple vente pour toucher à la transmission culturelle.
Cette notion de transmission se retrouve également chez Adrien Long. À Roquevaire, le jeune viticulteur a repris le flambeau familial avec une ambition affirmée. À peine installé, il multiplie les initiatives, s'ouvre aux réseaux professionnels, expérimente. Ses premières cuvées, déjà distinguées, traduisent une volonté de conjuguer exigence qualitative et ancrage territorial. Derrière son parcours, c'est toute une génération qui s'affirme, consciente des enjeux mais résolument tournée vers l'avenir. Dans un autre registre, la Maison Sainte-Victoire incarne le rôle clé des restaurateurs dans la valorisation des vins locaux.
Au pied de la montagne éponyme, l'établissement a fait le choix audacieux d'une carte exclusivement dédiée à son terroir. Ici, chaque bouteille raconte une histoire, chaque plat prolonge le lien avec le territoire. En associant gastronomie, circuits courts et pédagogie, le restaurant participe activement à la diffusion d'une culture du vin accessible et vivante.
Si la tradition reste un socle, l'innovation apparaît comme un moteur indispensable. À Lançon-de-Provence, le Château Calissanne en offre une illustration emblématique avec sa cuvée 'Bonne mère'. En associant la commercialisation d'un vin à la restauration d'un monument marseillais, le domaine dépasse le cadre strictement œnologique, pour inscrire son action dans une dimension patrimoniale. Le geste d'achat devient alors un acte engagé, renforçant le lien entre produit, territoire et histoire.
Cette capacité à fédérer autour d'un projet commun se retrouve dans le travail de longue haleine mené par les Vignerons de la Sainte-Victoire. L'association a patiemment construit une reconnaissance collective, jusqu'à l'obtention du statut de cru. Mais l'ambition ne s'arrête pas là : aujourd'hui, les initiatives se multiplient, qu'il s'agisse de transition environnementale ou d'optimisation des ressources. Une dynamique qui illustre la force du collectif dans un secteur en mutation.
À Lambesc, la Cave du Roy René explore, elle, le champ du numérique. Avec son étiquette connectée, elle propose une expérience inédite, où le consommateur accède instantanément à une multitude d'informations. Vidéos, conseils, histoire du domaine : le vin devient interactif. Une manière de répondre aux attentes d'un public plus jeune, habitué aux codes digitaux, tout en renforçant le lien direct avec les producteurs.
Au-delà des récompenses, les Grappes d'or traduisent une réalité : celle d'une filière en constante adaptation. "Nous devons sans cesse nous réinventer", souligne Fabien Doudon, président de la commission viticole de la Chambre d'agriculture, en évoquant la nécessité de prospecter de nouveaux marchés. Dans ce contexte, la promotion des vins provençaux devient un enjeu stratégique majeur.
Pour autant, l'attrait pour le vin ne faiblit pas. "Il continue de passionner", assure Yvon Gary. Formateur et sommelier, il observe un intérêt renouvelé, tant chez les jeunes que chez les personnes en reconversion. Une dynamique encourageante qui témoigne de la vitalité d'un secteur souvent perçu comme traditionnel, mais profondément ancré dans son époque.
À travers cette 4e édition, la viticulture des Bouches-du-Rhône a ainsi rappelé qu'elle ne se résume pas à une production : elle est un écosystème, un patrimoine vivant, porté par des femmes et des hommes qui, chacun à leur manière, contribuent à écrire son avenir. Entre enracinement et innovation, les Grappes d'or dessinent les contours d'une filière résolument tournée vers demain.
POUR ÊTRE précis-
Avec près de 13 000 hectares de vignes, 17 caves coopératives et environ 150 vignerons indépendants, les Bouches-du-Rhône s'imposent comme une terre viticole majeure. Chaque année, quelque 600 000 hectolitres de vin y sont produits. Le département compte six AOP et trois IGP, illustrant la diversité et la richesse des terroirs provençaux. Pour Martine Vassal, présidente du Département des Bouches-du-Rhône, "le concours des Grappes d'or met en valeur nos viticulteurs, au cœur du patrimoine gastronomique et de l'identité Provençale. Quand une filière souffre, le Département est là pour apporter des réponses concrètes. Ce concours permet de promouvoir le talent, le travail et la passion de ceux qui préparent les AOC et les AOP que le monde entier nous envie. Ils méritent d'être soutenus et défendus : nous sommes et nous resterons à leurs côtés !"
ICI
Votre encart
publicitaire !
FDSEA DE L'HÉRAULT
GROUPE ICV

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner