ARTERRIS
Plus économe et plus écologique que les camions, le fret ferroviaire est remis au goût du jour par Arterris qui vient de relancer la voie ferrée de son site de Beaucaire, pour assurer le transport de céréales, notamment le blé dur destiné à Panzani.
La voie ferrée desservant le site industriel d'Arterris (Beaucaire) vient d'être remise en service, après deux ans de travaux. Panzani y charge près de 25 000 tonnes par an.
© Crédit photo : PhD
Beaucaire, Marseille, deux minutes d'arrêt. S'il faudra certainement un peu plus de temps pour charger les tonnes de céréales entre le site gardois d'Arterris à bon port, l'usine Panzani de Marseille, le train redevient le nouveau mode de transport privilégié par le groupe coopératif pour acheminer les cargaisons du plus grand point de collecte de la coopérative dans le Sud-Est. Relancé après huit ans d'inactivité, le service va notamment profiter à Panzani, premier client d'Arterris du site de Beaucaire. Il aura fallu deux ans de travaux pour reconnecter les silos du groupe au fret ferroviaire et réduire ainsi l'impact écologique du transport, après plus de dix ans durant lesquels les camions ont été privilégiés.
À l'occasion de l'inauguration de la nouvelle voie ferrée, le 28 mars, le directeur général d'Arterris, Christian Reclus, a officialisé la réactivation du "transport de nos céréales en train abandonné au profit du camion", jugé à l'époque "plus compétitif". Exit les poids lourds encombrant les routes et alourdissant l'ardoise carbone, les blés dur, tendre, le colza en été, et les sorgho, maïs, tournesol et soja d'hiver, en provenance des silos agricoles beaucairois, transiteront désormais par wagons, au rythme d'une vingtaine de trains par an.
"Premier fournisseur officiel" de blé dur pour Panzani depuis des années, comme l'a rappelé Christian Reclus, le groupe coopératif basé à Castelnaudary (Aude) dispose d'une capacité de stockage de 75 000 tonnes de céréales dans les trois silos du site industriel de Beaucaire, collectées auprès d'exploitations et de silos à une centaine de kilomètres alentours. La remise en service de la voie ferrée "est une excellente nouvelle pour notre filière d'approvisionnement en blé dur", se réjouit le pastier, qui charge 25 000 t de grains par an sur le site de Beaucaire. À l'initiative de la démarche 'Blé responsable français', le premier transformateur de blé dur français, se félicite de "travailler sur une production durable de bout en bout", a déclaré Charles Néron-Bancel, directeur adjoint achat blé dur chez Panzani.
Après deux ans de travaux de réhabilitation qui ont mobilisé un investissement de 360 000 €, la remise en service de la voie ferrée permettra de "parler de notre territoire et du dynamisme de ce site industriel", espère le député Yoann Gillet (RN). "Ces voies existaient. C'était dommage qu'elles ne servent plus", a ajouté le maire de Beaucaire, Julien Sanchez, saluant l'implication de la Communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA) qui "a fait avancer le dossier", en finançant le projet à hauteur de 54 000 €.
Sur un territoire offrant un potentiel de 12 500 ha de production céréalière, la Compagnie nationale du Rhône (CNR), associée à la Communauté de communes dans le cadre de l'ASEF (Association des embranchés ferroviaires), a participé aux travaux (près de 125 000 €), ainsi que l'État, via le plan France Relance, et la Région Occitanie, pour un investissement respectif de 90 000 €. L'élan collectif est "symbolique et important, car il s'agit d'agriculteurs et de coopérateurs qui cultivent en circuit court", estime le président de la CCBTA, Juan Martinez, "déterminé à ce que l'économie soit forte sur le territoire". Hormis ces aménagements de remise sur les rails des trains, dont la locomotive à nouveau opérationnelle est la propriété d'Arterris, le groupe coopératif a amélioré ses pratiques de conservation des céréales pour éliminer les insecticides de stockage sur son site, et a misé sur un tri plus pointu pour "assembler les lots en fonction de leur qualité, afin de livrer des blés durs qui répondent au mieux aux besoins de Panzani".
Et pour assurer une livraison moins lourde en empreinte carbone, le choix du ferroviaire réduira les va-et-vient, à raison de "50 camions en moins par jour", comme l'a indiqué la conseillère régionale Monique Novaretti. Le retour de ces "trains du quotidien" pouvant transporter jusqu'à 1 500 t de blé dur se veut une alternative tournée vers le local et le durable, deux enjeux de "l'agroalimentaire de demain".
ICI
Votre encart
publicitaire !
Prévention

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner