JA de l'Hérault
Rémi Dumas, nouveau président des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, et Annabelle Decoursière, secrétaire générale du syndicat, ont présenté les principales thématiques sur lesquelles ils souhaitent axer leurs deux années de mandature.
Rémi Dumas et Anabelle Decoursière, respectivement président et secrétaire générale des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, ont présenté leurs orientations pour leurs deux années de mandature.
© Crédit photo : LG
C'est en plein cœur de son exploitation à Saint-Geniès-des-Mourgues, au milieu des vignes, que Rémi Dumas, nouveau président des Jeunes agriculteurs de l'Hérault, a décidé de présenter les orientations qu'il souhaite suivre durant ses deux années de mandature. À ses côtés, Annabelle Decoursière, désormais secrétaire générale du syndicat.
"Le cœur des JA, c'est l'installation et la transmission", rappelle la maraîchère installée sur la commune d'Avène. Alors pour donner envie aux jeunes de se lancer, le duo souhaite accentuer la promotion des métiers de l'agriculture. "On parle évidemment du métier d'agriculteur, mais aussi de professions qui nous entourent, comme conseiller à la Chambre d'agriculture, à la MSA, ou bien mécanicien agricole", précise-t-elle. Cela passe par des interventions dans des écoles, des collèges et des lycées. "Nous avons déjà une animatrice qui ne s'occupe que de cela, et des partenariats avec des communes. Mais nous voulons développer cette promotion. Nous allons par exemple signer une convention avec le Département et l'association 'Demain je serai paysan', afin d'aller vers les collèges."
Rémi Dumas souligne qu'ils ont ciblé des thèmes sur lesquels il est vraiment possible d'agir au niveau départemental. "En l'occurrence, chaque adhérent peut aller dans les écoles parler de son métier."
À l'aune des difficultés rencontrées par la profession, le nouveau bureau des JA souhaite accompagner les agriculteurs désireux de se diversifier. "Il y a actuellement des jeunes viticulteurs qui développent par exemple de l'arboriculture en parallèle, une production peu présente dans le département", note Annabelle Decoursière. "D'autres se diversifient avec l'élevage, comme Rémi qui a des brebis." L'objectif est de se regrouper pour s'appuyer sur les connaissances de chacun. "Créer un collectif, réfléchir à comment structurer ces nouvelles filières, comment les mettre en avant dans le département. Pour celles qui existent déjà comme les brebis laitières, les JA proposent de l'entraide, des conseils. Nous voulons miser sur le partage d'expériences entre nos adhérents", résume Rémi Dumas, toutefois bien conscient que la diversification ne concerne pas tous les agriculteurs.
Culture principale dans l'Hérault, la viticulture fait également partie des points cruciaux sur lesquels le duo souhaite axer sa mandature. "Nous cherchons à aider la diversification, mais le but n'est pas d'éradiquer une filière, mais de la consolider", précise la secrétaire générale. "Nous continuons à nous battre pour trouver des solutions pour défendre la viticulture."
Et sur ce sujet, les deux nouveaux responsables tiennent à souligner le travail déjà effectué. "Nous sommes le département où la mise en place du fonds d'urgence viticole est la plus avancée. Il y a déjà eu des versements..."
Mais ils n'en oublient pas pour autant les autres filières. Rémi Dumas et Annabelle Decoursière s'engagent notamment à "donner leur place aux éleveurs." Moins visibles et moins nombreux que les viticulteurs, ils sont principalement présents autour de Montpellier et sur le plateau du Larzac, autour du Caylar. "C'est la filière que nous aimerions remettre en avant sur le département, car c'est quand même une pratique ancestrale", justifie la secrétaire générale, qui encourage les adhérents éleveurs à leur "transmettre les sujets de fond, à prendre l'initiative sur les dossiers".
Outre l'élevage, Rémi Dumas rappelle que le syndicat est là pour représenter toutes les filières. "Nous accentuons sur certaines comme la viticulture, mais aussi l'élevage et l'arboriculture, car nous avons des adhérents. Mais nous sommes ouverts à toutes propositions, s'il y a d'autres agriculteurs qui souhaitent s'investir et profiter de la force du syndicat pour apporter des solutions à leur filière."
Concrètement, pour défendre au mieux les jeunes agriculteurs héraultais, Rémi Dumas affirme sa volonté de continuer à "travailler avec l'ensemble des organisations professionnelles agricoles et le monde politique".
Celui qui reste vice-président des JA au niveau national jusqu'en juin rappelle que le syndicat est là pour être "force de propositions, et venir en appui au niveau national, quand il faut pousser des idées".
Conscient de l'envergure des dernières mobilisations et de la déception de certains agriculteurs suite aux annonces du gouvernement, Rémi Dumas tient à souligner l'engagement des JA. "Ce n'est pas parce qu'on ne ressort pas les tracteurs qu'on n'est pas au travail. Mais maintenant, nous sommes sur un travail de fond, on pousse nos amendements, nos propositions." Et la bataille n'est pas terminée. Comme une partie du monde agricole, les JA 34 estiment que le projet de loi d'orientation agricole ne répond pas suffisamment à leurs demandes. "Il ne faut pas oublier que la loi de départ portait sur l'installation, la transmission. Pour le moment le compte n'y est pas, notamment sur ces questions", regrette le viticulteur. "Il ne faudrait pas que cela devienne une loi fourre-tout... Il y a d'autres leviers législatifs, notamment la loi EGA qui peut être améliorée pour englober plus de filières."
Le nouveau président précise toutefois que l'idée d'une nouvelle manifestation n'est pas écartée... "mais au bon moment."
L'argent, le nerf de la guerre ? Sans hésitation pour Rémi Dumas. "Une bonne rémunération permet d'avoir les moyens de l'enjeu climatique, mais aussi d'attirer de nouvelles personnes, et donc de réussir ce renouvellement de générations", assure-t-il. "La clé de tout, c'est que nos produits soient payés le prix juste." Pour ce faire, le syndicat a proposé au niveau national un 'plan d'avenir agricole', afin que "l'État, les Régions, les Départements et les agriculteurs poussent dans le même sens, que cela soit pour consolider une filière ou en créer de nouvelles, lorsque nous sommes dans une impasse. Il faut que tout le monde joue le jeu", explique-t-il. "Aujourd'hui des politiques publiques poussant vers une filière dans une impasse cela ne sert à rien. On le voit pour le bio, aujourd'hui le marché est saturé, et certains agriculteurs sont en déconversion."
Face à la situation compliquée que traverse le monde agricole, pas question pour le nouveau président des JA de l'Hérault de déresponsabiliser les principaux concernés. "Le monde agricole doit savoir aller de l'avant, il faut savoir se remettre en question. Mais il faut aussi savoir dire aux politiques et à l'administration que cela prend du temps, qu'il y a des étapes, etc."
Ainsi, pour se faire entendre, le syndicat a besoin de s'appuyer sur une importante base d'adhérents. "Il faut que les jeunes, qui sont d'accord avec nos actions, adhèrent, c'est important", interpelle Rémi Dumas, qui souhaite également recréer de la cohésion dans le syndicat. "La force, c'est de regrouper les idées", assure-t-il.
Pour ce faire, plusieurs événements sont organisés par les Jeunes agriculteurs, afin de faciliter les rencontres et de créer du lien entre les adhérents.
"Nous devons également communiquer, dire ce qui est fait, mais aussi entendre ce qui ne l'est pas", estime Annabelle Decoursière. Loin d'être défaitiste face à la situation, elle considère qu'il faut "laisser du temps au temps. Ce n'est pas en claquant des doigts que nous allons changer des années de lois ou de restrictions. Mais il faut être conscients que, petit à petit, les choses avancent."
ZOOM sur...-
ICI
Votre encart
publicitaire !
Bilan moisson
échos de vendanges

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner