2020 ne sera pas à l’évidence de même "tonneau" que 2019. Et pour cause. Sur le plan économique, le Covid-19 a bouleversé tous les équilibres et pèsera, sans doute, dans tous les échanges. Ce qui est, au demeurant, déjà le cas. "Les Safer remontent que les affaires en cours sont stoppées. Les gens voient l’avenir avec crainte", rappelait le président de la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer), Emmanuel Hyest, lors de la présentation des marchés fonciers ruraux en 2019, le 28 mai dernier. Tel n’était pas le cas en 2019, bien que le gel printanier, puis la canicule et la sécheresse estivale ont engendré une baisse des volumes produits, et que la taxe Trump, en vigueur depuis octobre, a pris de court la filière.
Après le repli enregistré en 2018, le marché viticole en 2019 s’est caractérisé par une hausse du nombre des transactions (9 200 opérations, soit + 5,1 %), ainsi qu’une hausse des surfaces échangées (18 300 ha, soit + 8,8 %) – à l’exception du bassin Bordeaux-Aquitaine et en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura – et des valeurs (987 M€, soit 17 %). "La surface échangée atteint un niveau record avec 18 300 ha. Les progressions sur le marché des biens loués du nombre de transactions et des surfaces alimentent en premier lieu cette hausse", précise Loïc Jégouzo, ingénieur d’études à la FNSafer. Quant au bond de la valeur des biens, même s’il se situe en dessous du niveau record de 2017 (19,3 %), il provient, pour les deux tiers du marché, des biens bâtis. Parmi les acquéreurs, il est à noter une envolée des achats par les sociétés d’exploitation. Ce type d’achat a été multiplié par deux en dix ans, et représente près d’une transaction sur six. L’envolée est un terme que l’on peut également employer pour le cours des vignes, sans prendre de risque.
Des prix toujours plus hauts
En fait, dans chaque bassin viticole, "ce sont les AOP les plus prestigieuses qui tirent les prix vers le haut, mais des baisses sont à noter en Champagne et en Bordeaux rouge, en raison notamment de l’évolution des modes de consommation. La désaffection des consommateurs en France et à l’export ont, de fait, un impact sur le prix du foncier", commente Loïc Jégouzo. Le prix d’un hectare de vignes d’appellation s’est maintenu à 148 100 € (+ 0,5 % par rapport à 2018). En AOP hors Champagne, le prix d’un hectare de vignes est de 74 900 €, soit + 3,4 % d’augmentation par rapport à 2018.
Si la Champagne et le Sud-Ouest sont les deux bassins viticoles à afficher une baisse, – 1,9 % pour la première et – 2 % pour le second, tous les autres vignobles sont en hausse : + 4 % en Bourgogne-Beaujolais-Jura-Savoie ; + 3,2 % en Vallée du Rhône - Provence ; + 3,4 % en Bordeaux-Aquitaine ; + 2,1 % en Languedoc-Roussillon... Par ailleurs, le prix des vignes à eaux-de-vie AOP participe à cette tendance haussière des prix, avec une progression de 6,2 % du fait de la hausse du prix des vignes à Cognac (51 800 €/ha). Enfin, le troisième facteur à l’origine de ces prix toujours plus hauts est l’augmentation de 1,4 % (14 400 €/ha) du prix des vignes hors AOP. Cette tendance reflète en particulier le regain d’activité du Languedoc-Roussillon (70 % des surfaces hors AOP), tandis que le prix est stable dans les autres bassins. "Ce dynamisme résulte des bonnes performances des vignobles de rosé en Languedoc", précise Loïc Jégouzo. En neuf ans, le prix y a gagné 21 %. "Cette remontée peut être imputée partiellement à la dernière phase d’arrachage et à la replantation de cépages améliorateurs, favorisées par les procédures de reconversion qualitative", complète l’ingénieur d’études.
Si le Covid-19 rebattra incontestablement les cartes sur les marchés fonciers viticoles, la crise sanitaire a malheureusement surgi dans un contexte déjà "grippé" avec la taxe Trump, les incertitudes sur les négociations commerciales post-Brexit, des droits de douane plus favorables aux vins australiens, néo-zélandais et chiliens que français sur le marché chinois. Une fois cela dit, "il faudra attendre les vendanges pour savoir comment vont évoluer les prix. Il est trop tôt pour spéculer, même si l’on peut supposer qu’il y aura des faillites", conclut Loïc Jégouzo.
Florence Guilhem
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