FREDON OCCITANie
À la suite de l'assemblée générale de la Fredon Occitanie, le 27 juin dernier, son président, Gérard Majoral, pousse un coup de gueule sur les enveloppes revues à la baisse par le gouvernement pour la surveillance sanitaire du territoire.
L'équipe de la Fredon Occitanie est au service de la santé des végétaux et la protection de l'environnement. Elle regroupe des experts en botanique, agronomie et environnement.
© Crédit photo : Fredon Occitanie
Sharka sur pêcher, Xylella fastidiosa, flavescence dorée, enroulement chlorotique de l'abricotier... Les risques sanitaires auxquels sont exposés les végétaux ne manquent pas sur le territoire national. "Que ce soit Xylella fastidiosa, que l'on a trouvée dans l'Aude, un peu dans le Gard, et récemment dans l'Hérault à Nissan-lez-Ensérune sur amandiers sauvages, la sharka sur les pêchers et l'enroulement chlorotique de l'abricotier dans les Pyrénées-Orientales et le Gard, la flavescence dorée dans l'Hérault, le Gard, l'Aude, et dans une moindre mesure dans les Pyrénées-Orientales, pour ne citer que quelques exemples dans l'ex-région Languedoc-Roussillon, les risques sont partout", alerte Gérard Majoral, président de la Fredon Occitanie depuis avril dernier (vice-président durant 20 ans). Ce sont sur tous ces risques, et d'autres d'ailleurs (ambroisie, campagnol, feu bactérien qui attaque les pommiers...), que l'organisme à vocation sanitaire (OVS) doit œuvrer pour qu'ils ne se propagent pas sur le territoire et mettent en péril les cultures agricoles et les autres activités liées au végétal.
Mandatée notamment par l'Agence régionale de santé, depuis 2017, pour appuyer la mise en œuvre d'une stratégie régionale de lutte contre l'ambroisie, la Fredon Occitanie intervient aussi dans le cadre d'une délégation de mission de surveillance confiée par la Draaf-Sral pour le contrôle officiel de la santé des végétaux. Elle en fait de même pour FranceAgriMer pour le contrôle des bois et des plants de vigne, et vient de se voir confier une nouvelle mission par le CTIFL, celle du contrôle officiel des plants fruitiers. "Force est de constater que les actions que l'on nous demande augmentent, avec notamment le gros dossier sur Xylella fastidiosa, suite à la réforme sanitaire de 2019. Par ailleurs, les missions de captages d'alimentation en eau potable continuent à se renforcer, ainsi que la surveillance biologique du territoire en vigne", déroule le président. Aussi le désengagement de l'État, notamment sur la lutte contre la Sharka, a-t-il du mal à passer.
Suivant les décisions prises à l'échelle européenne sur cette problématique, l'État a décidé de réduire l'enveloppe attribuée pour la lutte contre la Sharka, initialement d'un montant de 8 millions d'euros (M€) à 5 M€. "Retrancher 3 M€ sur cette enveloppe pour faire des économies, c'est une erreur fondamentale, car nous avons des contaminations de pépinières de plus en plus nombreuses. Du coup, la surveillance sur les pépinières ne pourra plus être assurée. Et laisser à la filière le soin d'assumer le coût de la surveillance, ce n'est pas acceptable, car on dé- construit ce que l'on a mis en place pour la sécurité des plants, notamment en arboriculture et en viticulture", détaille-t-il. Avant d'ajouter : "À vouloir économiser 3 M€, on va en perdre 3 fois plus." Une économie qui, selon lui, devrait engendrer une crise dans toute la filière.
Dans le cadre de la mission de surveillance de la bactérie Xylella fastidiosa, confiée par la Draaf, les 4 000 inspections effectuées en 2022, avec près de 7 400 prélèvements réalisés, surtout pour la recherche de Xylella, ont révélé de nouveaux foyers dans l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn et l'Hérault, après une présence antérieurement détectée de la bactérie dans le Gard et l'Aude. Pour l'heure, pas de trace de la souche Multiplex, plutôt présente dans le nord de la France, car elle n'aime ni la chaleur ni la sécheresse. Toutefois, "il nous faut rester sur le qui-vive sur ce sujet, et continuer à faire des prélèvements en vigne, olivier et amande, même si aucune production n'est touchée, pour l'heure, par la souche Multiplex", met en garde Gérard Majoral. Quant à Xylella fastidiosa, découverte en Occitanie en 2020, mais sans doute présente depuis 20 ans, "nous n'avons pas encore de disparition de végétaux après la contamination de cette bactérie, même si, ça et là, quelques individus meurent", commente-t-il.
Pour ce qui concerne la flavescence dorée, 62 rapports d'inspection ont été réalisés, avec 94 prélèvements sur 98 ha de vignes-mères contrôlés, dans le cadre de la mission confiée par FranceAgriMer. Sur les 62 inspections, 36 d'entre elles ont porté sur la flavescence dorée, détectée dans 8 parcelles. Au niveau du 3e contrôle effectué (le 2e étant réalisé par les organisations professionnelles agricoles), suite aux signalements des organisations professionnelles, sur les 59 prélèvements réalisés, la flavescence dorée a été détectée dans 12 parcelles clonales. Mais pas d'augmentation constatée.
"Ce travail-là se fait en parallèle de la mission de FranceAgriMer avec celui délégué par la Draaf sur l'environnement des vignes-mères. Ce sont 900 ha de vignes-mères qui ont été prospectés en environnement de vignes-mères, et l'on a trouvé 43 ceps en flavescence dorée dans toute l'Occitanie", indique Emeric Lecœur, inspecteur et coordinateur phytosanitaire à la Fredon. Conséquence : même si les vignes-mères sont saines, un protocole de traitement à l'eau chaude sera enclenché. Seule crainte aujourd'hui : même si l'État et l'Union européenne continuent à soutenir la lutte contre cette jaunisse de la vigne, "plane le spectre d'une déclassification. Il faut donc que nous anticipions cette éventualité et que nous travaillions dans cette direction", précise Gérard Majoral.
Une restructuration du réseau national épidémiologique de surveillance pour l'ensemble des risques, connu aujourd'hui sous l'acronyme PSIC (Programme sanitaire d'intérêt collectif), est d'ailleurs dans les tuyaux. Mais, "comme 90 % des végétaux viennent de l'étranger, la profession ne sera pas en capacité de surveiller tous les végétaux qui circulent sur le territoire français. La filière ne peut pas le faire seule. Aussi propose-t-on une refonte du réseau par l'État. Tout reste à construire", explique le président. Pour ce faire, la FNSEA a créé un CAF végétal (Conseil de l'agriculture française) pour mettre en commun toutes les idées et propositions des Fredon de France.
Le premier obstacle à dépasser sera toutefois celui des intérêts divergents des filières, car certaines maladies sont déclassifiées par l'Europe, mais pas d'autres. Autre écueil : le coût de la surveillance d'une culture à l'autre, voire au sein d'une même culture, n'est pas le même. De plus, "bien que les structures sont déjà organisées en réseau, chacune fonctionne à sa façon, car le PSIC est une surveillance portée par la filière. Aussi pour que l'on soit efficace sur la surveillance, il faudra travailler sur la mise en place d'une méthodologie commune sur le terrain, être le plus précis techniquement et être force de proposition avec nos centres de recherche", déroule le président.
Et, comme toujours, avec un soutien financier à la hauteur des missions à accomplir. Pour l'heure, toutes les filières devant se concerter en leur sein pour établir leurs besoins, les moyens financiers n'ont pas été budgétés. Une proposition devra être faite à l'État d'ici la fin de l'année. L'enjeu est de taille, puisqu'il s'agit de préserver les productions agricoles et la souveraineté alimentaire du territoire. À ce sujet, le président a déjà son idée : pourquoi ne pas s'inspirer de la multirisque climatique pour mettre en place un outil assurantiel sanitaire afin de protéger toutes les cultures existantes et émergentes ? L'idée est, en tout cas, lancée...
IL a dit-
"La Fredon Occitanie est une structure jeune. On est en train de retrouver un équilibre financier et politique, mais on doit travailler sur la structuration de notre réseau. À noter que la Fredon Occitanie est la seule à fonctionner en département. Notre rôle est de faire au mieux les missions qui nous sont confiées par l'État. Je souhaite rappeler que la Fredon est un acteur de la profession au même titre que les autres structures au service de l'agriculture. Nous sommes à côté de la profession et pas contre. Il faut garder en mémoire qu'une bonne surveillance économise des produits phytosanitaires et assure la pérennité des cultures. Autrement dit, nous sommes une solution plus qu'un problème pour les professionnels."
Le passeport phytosanitaire atteste que les végétaux sont conformes aux règles européennes relatives à la santé des végétaux. Il s'agit d'une étiquette officielle permettant la circulation des végétaux, produits végétaux et autres objets sur le territoire de l'Union européenne, ainsi que leur introduction et leur circulation dans les zones protégées telles que la Corse et la Bretagne. L'apposition du passeport phytosanitaire est exigée pour tous les opérateurs professionnels exerçant des activités liées au domaine du végétal. En revanche, elle n'est pas exigée dans le cadre de la vente de végétaux aux particuliers, sauf dans trois cas : vente à distance avec expédition postale ; fourniture de végétaux pour les zones protégées ; et quelques cas particuliers.
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