Var
À l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs du Var, les agriculteurs du département se sont massivement mobilisés le 25 janvier à Toulon, témoignant des multiples difficultés qui les accablent. Dans l'attente de réponses concrètes, les actions se poursuivent.
À Toulon le 25 janvier, agriculteurs de la FDSEA 83 et Jeunes agriculteurs du Var ont fait entendre leur colère.
© Crédit photo : GL
Plus de 140 tracteurs et 400 ma- nifestants ont convergé sur Toulon le jeudi 25 janvier, jusqu'aux portes de la préfecture du Var où ont été déversés ceps de vigne, souches, pneus, ballots de laine et autres effluents odorants. La mobilisation est à la hauteur de la colère des agriculteurs du département : ils en ont plein les bottes des charges administratives, des contraintes réglementaires diverses et variées, de la concurrence déloyale qui fait baisser les prix, alors que l'inflation fait flamber les coûts de production et se ressent sur les ventes.
"Le monde paysan va mal ! Chaque branche a ses difficultés, mais on a tous une énorme charge de travail et on devrait pouvoir vivre décemment de notre métier", déplore la jeune agricultrice, Camille Michel. Avec son compagnon, elle élève des chèvres et transforme leur lait en fromages, yaourts ou glaces, à Saint-Martin-de-Pallières.
"C'est notre sixième année et on a commencé à se payer l'an dernier, 400 euros chacun par mois. En six ans, on a pris quatre semaines de vacances seulement. Et avec la conjoncture, c'est de plus en plus compliqué", témoigne l'éleveuse. "On sait que les consommateurs subissent comme nous l'inflation, et on se bat pour eux aussi. Mais il faut qu'ils sachent que ce ne sont pas les agriculteurs qui s'en mettent plein les poches", ajoute-t-elle.
"Manger, c'est voter !", tranche Jean-Luc Trouillot, installé en polyculture-élevage à La Verdière. À l'échelle de son exploitation, il enregistre une baisse de 30 % en vente directe sur 2023, et estime d'autant l'augmentation des charges. "Les gens étaient contents de nous trouver pendant le Covid, mais ils sont retournés dans les supermarchés où tout vient de l'étranger à des prix défiant toute concurrence", regrette-t-il.
L'agriculteur aimerait plus de reconnaissance de la part de la population et des pouvoirs publics. "On est considéré une semaine par an, pendant le Salon de l'agriculture. Le reste du temps, on nous méprise. Les gens ne supportent ni les tracteurs, ni les mouches, ni les bruits de la campagne. On nous critique, on nous insulte et en plus on veut nous dire comment faire notre travail. On m'a traité de tueur alors que je passais des huiles essentielles", tonne l'agriculteur.
"L'agriculture est un métier passion et on aime notre métier. On est prêts à faire beaucoup d'efforts, encore faut-il que ce soit viable", appuie Antony Dho, président de la cave coopérative de La Roquebrussanne. 100 % bio, 100 % Haute valeur environnementale, la coopérative viticole travaille sur la vie des sols et réfléchit désormais à proposer un vin au bilan carbone positif. "On a des vignerons très dynamiques, et on essaie de s'adapter à la société et aux consommateurs", souligne Antony Dho. Malgré tout, la production de la cave se vend moins bien cette année. "Les négociations avec la grande distribution ont été très tendues sur les prix. On a dû vendre moins cher. On verra si ça se répercute dans les rayons. Ça impacte en tout cas les producteurs, même si la plus-value du bio permet d'amortir la baisse des prix", explique le viticulteur, en réclamant l'application de la loi Egalim. La charge de travail, elle, ne diminue pas. "Je fais en moyenne 70 heures par semaine dans les vignes, et il y a encore tout ce qui est administratif à faire qui prend au moins un jour par semaine", indique Antony Dho.
"En France, on diabolise aussi de plus en plus le vin, et ça nous fait beaucoup de mal. C'est pareil pour l'élevage et l'agriculture en général. Les agriculteurs sont des gens responsables, les Français sont responsables, il faut arrêter de tout diaboliser", plaide-t-il encore.
Les contraintes environnementales, sanitaires et administratives sont aussi décriées. "On nous interdit d'utiliser sur fleurs des produits autorisés sur salade ou tomate, c'est complètement incohérent ", illustre Sylvie Bouisson, horticultrice à La Londe. "Il y a des déclarations Pac que même les ingénieurs de la DDTM ne savent pas remplir", tempête par ailleurs André Lanza, président de la FDSEA 83.
"Pour mobiliser les agriculteurs, il faut vraiment qu'ils soient acculés, parce qu'on a tous beaucoup de travail sur nos exploitations. Et là, c'est le ras-le-bol pour toutes les filières. Avec l'accumulation des problèmes, on ne sait plus comment faire", lance le syndicaliste. "Il y a aussi toutes les spécificités de notre territoire à prendre en compte, que ce soit sur le loup, le besoin d'un abattoir, l'eau, l'emploi, l'absence de barème assurantiel pour l'horticulture et le maraîchage..."
"On a beaucoup d'hommes et de femmes, de jeunes, motivés et prêts à s'engager pour l'agriculture. Il faut qu'ils puissent travailler dans un cadre plus souple. Il faut prendre en compte les réalités du terrain", défend Rémi Gautier, président des Jeunes agriculteurs du Var.
Si la rencontre avec le préfet du département le jour de la manifestation et la réunion de concertation qui a suivi quelques jours plus tard (lire ci-contre) ont permis de mettre sur la table de multiples sujets nationaux et départementaux, JA et FDSEA restent dans l'attente de mesures concrètes et entendent maintenir la pression. Lundi, une trentaine d'agriculteurs s'est retrouvée aux portes d'un supermarché de La Garde, pour protester contre l'importation de produits à bas prix. Rendez-vous était par ailleurs pris mercredi, pour la tenue d'une opération escargot et la mise en place d'un barrage sur l'autoroute entre Puget-sur-Argens et Fréjus. Avec un mot d'ordre : ne rien lâcher.
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