Dans la boutique du Moulin Mas de Daudet à Fontvieille, Guillaume Bezet, un ami de la famille Thieuloy, Julien Cartier, salarié sur l’exploitation, Tanneguy thieuloy, sa soeur Fanny et sa mère, Mireille.
À tout juste 20 ans, Tanneguy Thieuloy a encore beaucoup à apprendre. Se retrouver à la tête d’une centaine d’hectares de cultures céréalières, ce n’est pas rien. Il y a aussi toute l’activité de transformation des productions de l’exploitation. Maïs, tournesol, blé, orge, avoine, lentille, pois chiches… Mais le garçon a du tempérament et de la volonté. Son apprentissage accéléré, il ne le doit, pour ainsi dire, qu’à lui-même et à tous ces moments où il suivait Rémy, son père, écoutait ses paroles et observait ses gestes. À la disparition de celui-ci, il y a tout juste six mois, Tanneguy Thieuloy n’a pas hésité. Le jeune homme ne s’orientait pourtant pas vers une vie d’agriculteur, mais poursuivre le projet dans lequel s’étaient investis ses parents est devenu comme une évidence. Avec Mireille, son épouse, Rémy Thieuloy, céréalier depuis toujours sur Fontvieille, s’était lancé dans la confection de farines et de pâtes, à partir de leur production de céréales. En 2014, le couple crée un atelier de transformation pour valoriser leurs productions, puis une marque, ‘Moulin du Mas de Daudet’, et, deux ans plus tard, ils ouvrent une boutique sur l’exploitation. Quelle fierté pour Mireille de voir aujourd’hui son fils reprendre le flambeau ! Elle reste à ses côtés et gère l’activité du magasin, quand lui s’occupe de la production et de la transformation, épaulé par Julien, salarié sur l’exploitation. “Pour l’instant c’est un peu mon prof, mais l’année prochaine je vais suivre les études nécessaires pour obtenir mon statut de jeune agriculteur”, assure le jeune homme.
Transformer 100 % du blé au moulin
Il est déterminé, et son objectif est de “valoriser à 100 % la production de blé au moulin. Cette année, nous avons gardé 70 tonnes de blé dur pour la fabrication de pâtes. L’an dernier c’était un peu moins”, explique-t-il. Tanneguy thieuloy n’a d’ailleurs conservé que les cultures valorisables par son atelier de transformation, sous forme de farine, de semoule ou de pâte. L’activité maraîchère a été arrêtée, mais il reste, pour le jeune agriculteur, de quoi s’occuper. “Nous produisons aussi des bières artisanales au maïs, des pâtes à tartiner à partir de pois chiches, de lentilles et nous avons un projet autour des graines de tournesol décortiquées”, ajoute-t-il.
La conversion de cultures en bio est aussi au programme. “Nous devrions commencer cette année avec 10 hectares en blé, tournesol et lentille”, Tanneguy thieuloy précise : “L’exploitation est en agriculture raisonnée depuis une dizaine d’années”.
Rémy Thieuloy pratiquait le semis direct, faisait ses propres composts, ne labourait plus les terres, et produisait ses propres semences de ferme. “Il était très concerné par le développement durable dans ses méthodes de travail, et s’était engagé dans la réduction de ses intrants, consommations énergétiques et gaz à effet de serre”, explique Mireille. D’ailleurs, l’exploitation avait répondu à l’appel à projets ‘100 exploitations exemplaires’, lancé par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2010, dans le cadre du programme Agir. Soutenu dans ce projet par la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône pour la réalisation d’un audit énergétique, mais aussi accompagné par le Parc Naturel des Alpilles, l’exploitant était “très pointilleux sur ces questions”, et sa remise en question était permanente. “Construction d’un hangar écologique, panneaux photovoltaïques, etc., plus de 500 000 euros ont été investis dans différentes démarches environnementales”, rapporte son épouse.
Une notoriété grandissante
Aujourd’hui, terminer les travaux de construction du hangar et du magasin est une priorité pour Tanneguy thieuloy et sa mère, mais “une fois que les semis d’hiver seront assurés”, ajoute le jeune agriculteur.
Pour le Moulin Mas de Daudet, les débouchés ne manquent pas. “Nous récoltons aujourd’hui le fruit de nos années d’efforts”, analyse Mireille Thieu- loy. Avec la vente en direct sur le magasin, une cinquantaine d’épiceries fines écoulent la gamme de leur production, estampillée Moulin Mas de Daudet dans toute la France.
Mais depuis bientôt un an, les produits confectionnés sur l’exploitation alimentent aussi la restauration scolaire du réseau ‘Goûtez au 13’. Le dispositif de la Chambre d’agriculture permet chaque semaine, de distribuer pâtes, pois chiche, lentilles ou polenta, aux cantines de collèges.
“Un lieu à vivre”
Le Moulin Mas de Daudet est présent ou participe aussi à d’autres opérations qui ont déjà fait la promotion de ses produits auprès d’une large clientèle : Drive fermier d’Aix-en-Provence, ‘Rendez-vous paysan’ d’Arles, ‘Savoir-faire des Alpille’s de Saint-Rémy ou encore Salon international de l’alimentation à Paris, cette année ; Une première expérience qui a donné des envies d’export à Tanneguy thieuloy . “Mais ce n’est pas pour tout de suite” assure Mireille. Pour l’heure, la famille veut se donner du temps pour faire du Moulin Mas de Daudet, “un lieu accueillant, un lieu à vivre”, confie-t-elle. C’est déjà le cas puisque l’exploitation, son atelier et le magasin reçoivent différents groupes de visiteurs, en général au printemps. “Pourquoi ne pas ouvrir un salon de thé, voire un petit restaurant pour permettre aux gens de déguster nos produits sur place ?”, lance Tanneguy thieuloy. L’idée va surement faire son chemin.
Emmanuel Delarue
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