FESTIVAL 'TRADITIONS ET AFICIÓN'
Jeudi 12 mars, Nîmes Métropole a présenté, lors d'une conférence de presse, la nouvelle édition du festival 'Traditions et Afición' qui débutera le 4 avril. Il réunira concours d'abrivado, tientas, courses camarguaises, roussataïo et un bolsin.
L'artiste Frédéric Román (au centre) a réalisé l'affiche de l'édition 2026 du festival évoquant "un tourbillon autour du taureau".
© Crédit photo : JB
C'est dans un contexte particulièrement complexe que s'ouvre cette 6e édition du festival 'Traditions et Afición', organisé chaque année par Nîmes Métropole. Le secteur des traditions taurines doit composer avec les séquelles de la crise de Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ainsi qu'avec la crise des assurances, qui menacent structurellement l'organisation des courses.
Pourtant, jeudi 12 mars, dans les locaux de Nîmes Métropole, l'agglomération a tenu à présenter le programme du festival, prévu d'avril à septembre. Gaël Dupret, élu de la métropole délégué aux traditions, n'a pas manqué de rappeler en introduction le soutien de la collectivité : "Ce contexte complexifie la vision de cette saison taurine et la perspective de réaliser des contrats, et donc d'assurer un équilibre économique pour l'ensemble des manadiers. On a surtout souhaité ne pas fragiliser ce secteur, mettre en avant ces traditions et plus que jamais les défendre en programmant une édition 2026."
Le choix artistique s'est porté sur une affiche signée Frédéric Roman, mettant en scène un taureau entouré de silhouettes et de chevaux camarguais. "J'ai voulu exprimer ce mouvement, cette liberté dans la culture de l'art de vivre. La cascade évoque un tourbillon autour du taureau qui est le moteur, le cœur de nos traditions", explique l'artiste.
Au-delà de la fête, le festival se veut un outil de transmission. Le sénateur Laurent Burgoa, ancien conseiller communautaire, a insisté sur cet aspect : "Il est important de transmettre nos traditions aux nouvelles générations comme aux nouveaux habitants qui n'y sont pas forcément habitués."
Cette volonté pédagogique se concrétise sur le terrain par des journées taurines scolaires, ayant déjà accueilli plus de 3 300 enfants, et la distribution de 14 000 exemplaires d'un petit guide taurin illustré. Une sensibilisation réalisée en partenariat avec la Fédération française de la course camarguaise (FFCC), dont le pôle transmission a été créé il y a cinq ans. "Nîmes Métropole nous a fait confiance d'entrée, et nous portons ensemble un discours cohérent : transmettre des clés de compréhension sans orienter", explique Geoffrey Sabatier, responsable du pôle. "Chacun peut ensuite retenir ce qu'il aime." Pour cela, des outils sont à disposition, comme des casques de réalité virtuelle, des escape games ou des arènes gonflables.
Il rappelle également la difficulté du milieu de la culture en période de contraintes budgétaires : "Je suis agréablement surpris qu'on ait réussi à garder une forme aussi forte pour le festival car cette année, beaucoup de municipalités et de communautés ont été frileuses sur les actions de transmission."
Vingt-quatre communes seront animées au rythme de l'art et des traditions. Le programme comprend le "fameux concours d'abrivades", des courses camarguaises en partenariat avec la FFCC, des tientas, des roussataïos et un bolsin recentré sur le professionnalisme, ouvert aux jeunes européens. En plus de la FFCC, Nîmes Métropole travaille en partenariat avec l'association des éleveurs de chevaux de race Camargue, les Areneros de Manduel et 'Angèle et José : les Héros de Camargue'. Le budget consacré aux traditions s'élève à 250 000 €, complété par un soutien aux filières de race Camargue, avec une exigence de chevaux "plein papier" et la mise en valeur d'artisans locaux. Si les dates des qualifications et de la finale à Nîmes restent à préciser, l'esprit du festival est déjà là. "Des peñas à chaque manifestation pour diffuser la joie de vivre", conclut l'équipe d'organisation, déterminée à faire de cette édition un véritable acte de résistance culturelle.
L'innovation majeure de cette édition réside dans la gestion pragmatique de la crise des assurances. Sur les 22 manades participantes au concours d'abrivades, certaines sont encore en cours de régularisation. "On a fait un tirage au sort en permettant à toutes les manades qui le souhaitent d'y participer. En ce mois de mars, nous avons voulu éviter d'exclure des manades qui pourraient être assurées avec quelques mois de retard. On verra au dernier moment", précise Gaël Dupret. Pour se prémunir de ce risque, cinq communes participeront aux qualifications, au lieu de sept comme précédemment, dont celle de Mauressargues qui marquera le lancement du concours, le 4 avril. Des contrôles vétérinaires stricts seront assurés à chaque étape pour garantir la sécurité sanitaire, un point crucial après l'épisode de la DNC.
Sur le plan politique, Laurent Burgoa se veut optimiste quant à une réforme législative : "Pour les assurances, on y travaille au Sénat. J'espère qu'on arrivera à faire passer cette réforme avant l'été. On enlèverait la responsabilité du manadier à partir du moment où le parcours est fermé." Une modification qui pourrait soulager les organisateurs et sécuriser l'avenir des manifestations. "Les traditions n'ont pas un long fleuve tranquille devant elles", a rappelé Gaël Dupret, évoquant les difficultés qui se succèdent, de la période Covid aux crises actuelles.
La Fédération des manadiers a obtenu, le 11 mars, une dérogation du ministère de l'Agriculture permettant aux manadiers des départements du Gard et des Bouches-du-Rhône de participer aux courses camarguaises organisées dans les arènes de l'Hérault. Une décision attendue, qui autorise la filière à reprendre son activité dans un cadre sanitaire strictement encadré. Pour en bénéficier, les manadiers devront appliquer un traitement répulsif sur leurs camions de transport, aussi bien à l'entrée en zone vaccinale de type 1 (Hérault) qu'au retour vers les zones indemnes du Gard et des Bouches-du-Rhône. Le président de la Fédération des manadiers, Emmanuel Lescot, a salué l'implication du ministère, de la DGAL, des DDPP, des GDS, des Chambres d'agriculture et de la Fédération française de la course camarguaise (FFCC) dans l'obtention de cette dérogation. Il entend poursuivre le dialogue avec les autorités pour garantir à la fois la sécurité sanitaire des élevages et la pérennité de la filière camarguaise.
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