Confédération paysanne
Mercredi 20 novembre, le syndicat de la Confédération paysanne de l'Aude a souhaité partager sa vision sur l'état actuel du monde viticole, tout en proposant des pistes de réflexions, notamment sur le plan d'arrachage qui laisse songeur.
À l'échelle d'une génération, le nombre de structures agricoles est divisé par cinq. "Voilà la réalité de notre territoire", alerte Nicolas Mirouze, vigneron.
© Crédit photo : AL
Face aux chiffres du plan d'arrachage, tout le monde est d'accord pour reconnaître que c'est peu, trop peu, et que ce dernier s'apparente plus à un plan social qu'à un départ digne, pour les vignerons comme pour les adhé- rents d'une coopérative. "Pour ceux qui arrachent partiellement, aucun moyen n'est mis en place pour diversifier leurs activités et pour ceux qui arrachent totalement, certaines coopératives réclament 10 % de la prime d'arrachage pour non-respect de leur engagement d'apport", souligne Olivier Lozat, animateur de la Confédération paysanne de l'Aude.
Autour de la table, des souvenirs d'un temps où l'outil coopératif était performant, laissé aujourd'hui dans les mains de "holdings qui maîtrisent tout et dépossèdent les viticulteurs, laissant la porte grande ouverte aux entreprises du photovoltaïque", lance Sandrine Puech, vigneronne près de Lagrasse.
Malgré tout, certaines caves fonctionnent mieux que d'autres. Pourquoi ? "Celles qui ont innové sur les enjeux de la valorisation de la production ont pu garder leur indépendance et sortent un peu du lot, même si tout ne roule pas bien pour la viticulture actuelle", reprend Nicolas Mirouze, vigneron et sociétaire de l'Atelier Paysan, association audoise d'autoconstruction.
Pour retrouver un peu d'équilibre, la maîtrise des volumes est une piste. Certes, mais comme le souligne ce dernier, "ce n'est pas parce qu'on a un plan d'arrachage qu'on a une maîtrise des volumes, car les vignes qui vont être arrachées produisent très peu et qu'en parallèle les nouvelles plantations vont immanquablement augmenter la production. C'est une restructuration sans aucune remise en considération du modèle de production".
Pour cela, ce dernier propose de "conditionner les arrachages sur le volume produit et que, dans l'intérêt collectif, il serait mieux d'arracher les vignes qui produisent le plus, car ce sont des sols avec une bonne aptitude agronomique, souvent avec un accès à l'eau, où il serait plus intéressant d'y implanter des cultures vivrières".
Reste qu'après l'arrachage, que faire ? Avec des contraintes hydriques, des sols en manque de matières organiques et une trésorerie en berne, pas facile de se projeter, d'investir et de pouvoir se former dans le cadre d'un projet de diversification.
Pour Johan Lecocq, maraîcher et oléiculteur dans le Minervois, "en zone non irrigable, on est parfaitement capable de mieux adapter les cultures au travers de la densité de plantation, du type de plants et des techniques d'agriculture régénérative, notamment sur la question de l'eau, avec certaines cultures comme l'olive".
Engagé sur des mouvements altermondialistes depuis les années 1990, le syndicat considère qu'il n'attend pas l'actualité pour s'opposer aux accords de libre-échange internationaux, comme le Mercosur.
À l'échelle européenne, Nicolas Mirouze propose un prix minimum d'entrée qui imposerait, au prix des produits importés, d'être fixé sur la base du prix de revient et du revenu du paysan. À ne pas confondre avec un droit de douane, qui taxe à l'entrée et que l'État va percevoir. La différence ne va pas être captée par le pays qui importe, mais par la filière qui exporte.
"L'objectif, c'est d'arriver à dégager des moyens qui puissent harmoniser les conditions de production de chaque partie, tant au niveau social qu'environnemental." La Confédération paysanne de l'Aude ayant obtenu 25 % des voix aux dernières élections, le comité sortant propose de viser une nouvelle progression de 5 % et se fixe comme objectif de gagner la Chambre d'agriculture à moyen terme.
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